Harvey Weinstein, au début du mois de janvier 2017.

Harcèlement: une productrice réclame 10 M$ à Weinstein

La productrice Alexandra Canosa a assigné en justice pour harcèlement sexuel et agression physique l’ancien magnat hollywoodien Harvey Weinstein, ainsi que la Weinstein Company et ses administrateurs accusés de complicité ou de négligence, réclamant dix millions de dollars de dommages et intérêts.

Alexandra Canosa est surtout connue pour avoir travaillé sur la série de la plateforme Netflix Marco Polo (2014-2016).

Selon le document de l’assignation déposée mercredi à la Cour suprême de l’État de New York, la victime présumée accuse Harvey Weinstein de harcèlement sexuel, d’»intimidation sexuelle», de «pression émotionnelle» et d’agression physique.

La notion d’atteinte physique en droit américain est très large et concerne notamment les agressions sexuelles, même si la nature exacte des faits allégués n’est pas précisée dans le document.

Selon Alexandra Canosa, la période couvrant les faits considérés courrait jusqu’en septembre dernier.

«Harvey Weinstein a menacé [la victime présumée] et lui a clairement signifié que si elle ne cédait pas à ses avances ou si elle révélait sa conduite», explique le document, «il y aurait des représailles, notamment l’humiliation, la perte de son emploi et l’impossibilité de travailler de nouveau dans le milieu du divertissement.»

Quant à la maison de production du magnat, The Weinstein Company, et ses administrateurs, ils «savaient ou auraient dû avoir connaissance des agissements d’Harvey Weinstein et n’ont rien fait pour les modifier ou les circonscrire», poursuit le document.

«Au lieu de cela, la Weinstein Company a facilité, caché et soutenu ce comportement délictueux», affirme Alexandra Canosa dans son assignation.

Plusieurs des administrateurs visés par l’assignation ont démissionné après l’éclatement du scandale Weinstein.

Sollicitée par l’AFP, une porte-parole d’Harvey Weinstein s’est refusée à tout commentaire, renvoyant à une déclaration antérieure sur les accusations visant le producteur.

«Toutes les accusations de relation sexuelle non consentie sont réfutées par M. Weinstein», disait cette déclaration. «M. Weinstein a confirmé qu’il n’y avait jamais eu de représailles contre une femme pour avoir refusé ses avances.»

Depuis la publication des premières révélations visant Harvey Weinstein, le 5 octobre, plus d’une centaine de femmes ont accusé le producteur de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle et de viol.

Plusieurs victimes présumées ont déjà saisi la justice civile pour demander réparation.

Trois enquêtes pénales sont en cours à New York, Los Angeles et Londres, mais aucune n’a encore débouché, à ce jour, sur une inculpation.