La Ligue de hockey junior majeur du Québec, du président Gilles Courteau (au centre), a fait connaître son classement des 10 meilleurs joueurs de son histoire. Guy Lafleur a pris le premier rang devant Mario Lemieux.

Guy Lafleur, le plus grand de la LHJMQ [VIDÉO]

La question était sur toutes les lèvres : Guy Lafleur ou Mario Lemieux? Mario Lemieux ou Guy Lafleur? «Ah! C’est sûr que c’est Guy», suggérait même Lemieux avant la divulgation du classement final des 10 meilleurs joueurs de l’histoire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Et il avait raison. L’ancien capitaine des Remparts de Québec a effectivement pris le premier rang de ce top 10 honorifique tout juste avant le 66, mercredi, au Gala des Rondelles d’Or.

«Tous les joueurs qui ont évolué dans cette Ligue ont fait en sorte que la LHJMQ a connu du succès», disait Lafleur avant d’apprendre qu’il était le choix d’un panel de six experts ayant réalisé le top 50 pour souligner le 50e anniversaire de la Ligue.

Lafleur a joué deux ans dans la LHJMQ, y connaissant deux saisons de 103 et 130 buts. Il a bouclé son passage avec les Diables rouges avec 379 points en 233 matchs et remporté la Coupe Memorial en 1970-1971.

«À l’époque, on valorisait peut-être plus la Ligue de l’Ontario. Les gens disaient qu’elle était plus forte, qu’il y avait plus de joueurs repêchés par la LNH. On était un peu des moutons noirs, on avait quelque chose à prouver», constatait le Démon blond.

L’humilité a marqué la carrière de Lafleur. Encore, mercredi, il portait l’attention sur ses anciens coéquipiers au lieu de lui-même.

«J’ai joué avec des joueurs très talentueux, et ce sont eux qui m’ont permis d’exploiter mon talent au maximum. Ce qui fait le succès d’un joueur, peu importe l’époque, c’est l’esprit de famille que tu as l’intérieur de l’équipe et la camaraderie que tu développes.»

N’empêche, ça prend quelque chose de spécial pour marquer 130 buts...

«Les gardiens n’étaient pas bons, blaguait-il. Si tu ne lances pas, tu ne comptes pas. Moi, je lançais de tous les angles, et des fois, je restais surpris quand ça rentrait! L’équipement [des gardiens] était plus petit qu’aujourd’hui et il avait aussi énormément de bagarres générales, alors les 5 contre 3 et 4 contre 3 avantageaient les joueurs offensifs.»

Encore mieux

Quelqu’un a cependant fait mieux que ses 130 buts en une saison. En 1983-1984, Mario Lemieux en avait marqué 133, dont six lors du dernier match de la saison pour battre son record.

«Ç’a été un événement spécial dans ma carrière. Les temps sont différents, maintenant, je ne pense pas qu’on va revoir ça de sitôt», soulignait Lemieux.

Sa carrière junior fut impressionnante avec 562 points en 200 matchs, dont 247 buts. Personne n’était capable de l’arrêter.

«Ils ont essayé pas mal d’affaires, se souvenait-il en souriant. On avait une bonne équipe et des toughs avec moi, je pouvais me promener assez facilement et j’avais de bons ailiers avec moi.»

Comme tous les joueurs présents dans la capitale, Lemieux parlait de Lafleur d’un ton admiratif. Denis Savard (9e) le considérait comme son idole, Patrick Lefebvre (10e) estimait ne pas être à sa place parmi tous ces grands joueurs même s’il reste le meilleur pointeur de l’histoire avec 595 points. Seul le rendement dans la LHJMQ était considéré pour ce classement.

En plus de Lafleur et Lemieux, le top 10 était composé de Sidney Crosby (3e, Rimouski), Pat LaFontaine (4e, Verdun), Pierre Larouche (5e, Sorel), Mike Bossy (6e, Laval), Dale Hawerchuk (7e, Cornwall), Brad Richards (8e, Rimouski), Denis Savard (9e, Montréal) et Patrice Lefebvre (10e, Shawinigan).

Lemieux se réjouissait de voir Crosby au troisième rang. «Il était pas pire pantoute... Je savais qu’il était bon, mais pas autant qu’il l’a démontré. Il a tout gagné, c’est incroyable. Il a été un leader pour nous au cours des 12 dernières années, et il va être encore là pendant un bon bout de temps.»

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FISET PARMI LES INTRONISÉS

Cinq autres personnalités de la LHJMQ ont fait leur entrée au Temple de la renommée, mercredi, lors du Gala des Rondelles d’Or. On y retrouvait François Allaire, Bob Murray, Jean-Jacques Daigneault, Stéphane Fiset et Mario Tremblay. Ancien gardien des Tigres (et des Nordiques), Fiset parvenait difficilement à le réaliser. «Quand Gilles Courteau [le commissaire] m’a appelé pour me l’annoncer, j’ai dit “wow. Tu vois les Patrick Roy et Martin Brodeur, je n’ai pas eu la moitié de leur carrière et de me retrouver parmi ces grands noms, c’est incroyable», soulignait-il.

Fiset a joué pendant trois saisons à Victoriaville, ville où il réside, maintenant. Il n’a pas oublié son ancien entraîneur-chef, Gilbert Perreault. «Il m’a appris à devenir un bon joueur, un professionnel et une bonne personne. Encore aujourd’hui, je suis impressionné quand je le vois», ajoutait celui qui est maintenant agent de joueurs.