Il y a deux ans, le parc aquatique Calypso avait interdit aux femmes d’exhiber leur poitrine sur ses terrains.

Groupe Calypso-Valcartier modifie sa politique sur les seins nus

Les femmes peuvent-elles circuler torse nu en public ? Confrontée à cette question en 2017, la direction du parc aquatique Calypso de Limoges dans l’Est ontarien avait décidé de l’interdire sur son terrain. L’entreprise confirme toutefois avoir changé son fusil d’épaule.

Inclus dans une dizaine d’entreprises et d’organismes publics ciblés par une plainte au Tribunal des droits de la personne de l’Ontario, il y a deux ans, le Groupe Calypso-Valcartier avait été forcé de clarifier son code vestimentaire.

Une femme avait contacté le parc aquatique, des hôtels et la Ville de Cornwall pour leur demander s’ils permettaient aux femmes d’avoir les seins nus autour de leurs piscines. Elle a porté plainte en s’appuyant sur la décision de la Cour d’appel de l’Ontario en 1996 dans l’affaire Regina c. Jacob qui avait déclaré que cette pratique doit être tolérée dans un lieu public si « le standard de tolérance de la communauté » considère que le geste n’est pas « indûment sexuel ».

Après quelques jours de réflexion, le Groupe Calypso-Valcartier a décidé le 19 juillet 2017 qu’il interdirait aux femmes d’exhiber leur poitrine dans tous ses parcs aquatiques.

« Les commentaires étaient unanimes chez nos clients et on a choisi de ne pas modifier l’expérience qu’ils vivent depuis des années », avait alors déclaré le président et chef de la direction de l’entreprise à l’époque, Louis Massicotte.

Le Droit a cependant constaté au cours des derniers jours que le code vestimentaire du parc aquatique Calypso ne fait plus mention de cette prohibition.

La politique du parc aquatique de l’Est ontarien et du Village Vacances Valcartier (VVV) indique seulement que « les baigneurs de tous les sexes sont tenus de porter un bas de maillot de bain approprié ». L’entreprise précise toutefois qu’elle « se réserve le droit de déterminer si un maillot de bain est approprié ».

Entente à l’amiable

Une porte-parole du Groupe Calypso-Valcartier a confirmé mercredi que l’entreprise a revu ses politiques en raison du conflit légal initié en 2017. « On a revu ce code vestimentaire pour nous assurer qu’il respecte en tous points la réglementation et les lois. C’est le bas de maillot de bain pour tous, pas de distinction entre les hommes et les femmes, que ce soit à Valcartier ou à Calypso », explique la porte-parole du VVV, Marie-Ève Doyon.

Cette dernière ajoute que les procédures devant le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario se sont conclues par une entente à l’amiable, dans le cas du Groupe Calypso-Valcartier.

« Notre priorité, c’était vraiment d’avoir un environnement le plus accueillant possible, soutient Mme Doyon. Il n’y a pas de distinction entre les hommes et les femmes, tout le monde est bienvenu à Calypso, tout comme à Valcartier. »