Le président Pierre Karl Péladeau demande aux gouvernement de laisser Desjardins tranquille par rapport à GCM.

GCM: Pierre Karl Péladeau attaque le gouvernement Legault

Dans une longue publication Facebook publiée dimanche matin, Pierre Karl Péladeau somme le gouvernement Legault de revoir la proposition de Québécor pour la relance de Groupes Capitales Médias (GCM) et l’accuse d’intimidation envers Desjardins.

L’homme d’affaires aux commandes de Québécor a d’abord dénoncé une «opération de tordage de bras et d’intimidation envers Desjardins». Le premier ministre François Legault et le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon auraient menacé «de revoir les crédits d’impôt auxquels Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) a droit en vertu de sa mission d’investissement et de développement économique».

Après avoir écarté la possibilité de participer à la restructuration de GCM, Mouvement Desjardins est revenu sur sa décision mercredi dernier, il analysera finalement le plan d’affaires pour offrir une possible contribution. Ce revirement de situation est survenu après une intervention de M. Legault et M. Fitzgibbon à l’Assemblée nationale, qui se disaient notamment «surpris» de la décision de Desjardins. 

Des suspicions de conflits d’intérêts entre Desjardins et Québécor avaient aussi envahi les médias au même moment, le fait que deux femmes siègent sur le conseil d’administration des deux entreprises avait soulevé des questions.

Rappelons que le 19 novembre, Québec avait officiellement choisi le modèle des coopératives de travailleurs pour relancer les six quotidiens du groupe (Le Soleil, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien, La Voix de l’Est, Le Droit).

Québécor serait la réponse, selon Péladeau

M. Péladeau a ensuite interpellé les deux hommes politiques afin qu’ils refassent un travail d’analyse, en affirmant que la solution de Québécor pour la survie des journaux de GCM serait la plus sensée. Il avait présenté ladite solution plus tôt cet automne, au début du processus de sauvetage. La solution avait été refusée par le gouvernement. 

«Elle serait également la mieux placée pour affronter les géants étrangers du Web — phénomène ravageur — en valorisant toutes les plateformes de diffusion, et engendrer les revenus requis à la pérennité de toute entreprise. Ainsi, Québecor ferait de cette activité un projet rentable plutôt qu’un canard boiteux nécessitant l’argent des contribuables que François Legault aura décidé de faire financer par l’ensemble des contribuables», a écrit M. Péladeau, en rappelant que Québécor a choisi de développer et de miser sur son modèle d’affaires axé sur les synergies.

L’homme d’affaires a aussi fait savoir qu’il n’avait «aucune opposition au mouvement coopératif», en rappelant qu’il avait notamment défendu le mouvement coopératif de Desjardins, dont il est membre. 

«Le premier ministre et le ministre de l’Économie et de l’Innovation devraient savoir que la presse écrite, partout en Occident, fait face à des défis industriels qui dépassent la nature des entreprises qui les exploitent. Que ce soit un OBNL, une coopérative, une entreprise publique ou privée, la presse écrite fait face aux mêmes enjeux», peut-on lire sur sa page Facebook. 

En présentant un tas de statistiques alarmantes quant à la survie de la presse écrite au Québec, au Canada et en Europe, M. Péladeau a aussi indiqué que MM. Legault et Fitzgibbon «veulent ignorer volontairement» les évidences. 

«Laissez de côté votre orgueil et vos parties de bras de fer, monsieur le premier ministre, et prenez plutôt les justes mesures pour protéger l’information régionale comme nationale», a terminé M. Péladeau.