Adrienne McColl

Gatinois inculpé de meurtre en Alberta, 16 ans après

Le Gatinois Stéphane Parent fera face à la justice en Alberta sous une accusation de meurtre au deuxième degré en lien avec l’assassinat d’une jeune femme de Calgary en 2002.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) en Alberta a confirmé lundi l’arrestation de Parent, 49 ans, qu’elle considère comme le suspect principal dans ce meurtre.

Parent a été interpellé samedi à Gatineau, soit 16 ans jour pour jour après la découverte du corps d’Adrienne McColl dans un ranch près de Nanton, à environ 85 km au sud de Calgary.

Il a été inculpé de meurtre au deuxième degré.

Stéphane Parent

En conférence de presse lundi, la GRC a indiqué que le suspect était en route vers Calgary pour la suite des procédures judiciaires.

Ce sont de nouvelles technologies d’enquêtes qui n’existaient pas au moment du décès de la femme de 21 ans qui ont permis aux enquêteurs de cibler à nouveau Stéphane Parent. La GRC en Alberta avait d’ailleurs publié un communiqué de presse la semaine dernière précisant que les nouvelles technologies lui avaient permis de faire progresser l’enquête, et qu’un suspect pourrait prochainement être appréhendé.

Le surintendant Garrett Woolsey de la GRC a indiqué lundi que les enquêteurs ont maintenant des preuves d’ADN, ce qui leur ont permis d’accélérer l’enquête, mais il ne s’est pas aventuré plus loin dans les détails.

Le cadavre de la jeune femme avait été découvert trois jours après sa disparition. La GRC n’a pas précisé lundi l’endroit exact où Mme McColl a été tuée.

À l’époque, la police avait interrogé Parent, qui était l’ami de coeur d’Adrienne McColl. Les deux travaillaient dans le même bar à Calgary. Parent avait quitté Calgary après la mort de la jeune femme.

« Initialement, Stéphane Parent était une personne d’intérêt dans ce dossier. Il avait d’ailleurs disparu pour une période de temps. Plusieurs jours plus tard, il a refait surface dans l’est du pays », a indiqué le surintendant Woolsey, précisant que celui qui est maintenant accusé dans cette affaire avait acheté un billet aller simple vers Ottawa.

« Je ne l’ai pas tuée et si la police croit réellement que je l’ai fait, dites-leur de déposer des accusations, avait dit Parent au quotidien Calgary Sun en mai 2002. Si je l’avais fait, la police aurait des empreintes ou quelque chose. »

April Hall, une amie proche d’Adrienne McColl, a indiqué qu’elles travaillaient avec M. Parent au défunt bar Studio 82 de Calgary, au moment où la victime a disparu. Selon ses dires, Mme McColl et M. Parent entretenaient une relation amoureuse instable.

Les proches de la jeune femme ont vécu des années difficiles en attendant l’arrestation d’un suspect, et ils ressentent aujourd’hui de la joie, de la colère et de la peine en même temps, a ajouté Mme Hall.

« Je ne croyais jamais que ce jour arriverait. C’est incroyable, a-t-elle témoigné. Ça a tellement été long. Nous avons tellement attendu pour ça. »

Me Jean-Pierre Rancourt, l’avocat de M. Parent, a indiqué que son client avait déjà été arrêté dans ce dossier. Il lui a parlé samedi au téléphone après cette nouvelle arrestation.

« Il est resté surpris parce que, comme il me l’a dit, il avait déjà été arrêté sur un mandat semblable il y a huit ans. On ne l’avait pas amené à Calgary, on l’avait libéré », a expliqué Me Rancourt.

Avec La Presse canadienne