Des deux gardiens des Remparts, Dereck Baribeau représente la valeur la plus élevée sur le marché. Il pourrait intéresser le Drakkar de Baie-Comeau, dont l’un des gardiens a justement demandé à être échangé.

Gardien à échanger chez les Remparts

La période des échanges s’amorce dimanche dans le hockey junior. «Il va falloir préparer l’avenir des Remparts à la position de gardien de but», révèle Patrick Roy.

Rejetant du revers de la main le principe même de «reconstruction» au sein du club de Québec, celui qui occupe à la fois les chaises du directeur général et de l’entraîneur-chef ne cache pas que la situation devant le filet a toutes les chances de ne plus être la même en janvier.

Dereck Baribeau (8-7, moy. 2,49, taux d’efficacité de ,906) détient le poste de portier numéro un à Québec pour une deuxième saison complète, mais une fracture à une main l’a limité à 15 matchs jusqu’ici cet automne.

Son adjoint, Anthony Morrone (6-10, 3,42 et ,880), a participé à 19 rencontres. Les deux ont 19 ans dans une ligue où chaque équipe n’a droit qu’à trois joueurs âgés de 20 ans.

«C’est sûr que durant cette période des transactions, on devra regarder la situation des gardiens de but. Nos deux gardiens ont 19 ans et les deux ne seront probablement pas de retour avec l’équipe la saison prochaine, à moins qu’on prenne la décision d’y aller avec un 20 ans devant le filet.

«On regarde dans notre organisation pour voir quelles sont les possibilités, mais il est évident qu’on doit avoir une réflexion là-dessus», a admis Roy, mercredi matin, pendant que ses joueurs s’amusaient sur la glace du Pavillon de la jeunesse d’ExpoCité à prendre photos et vidéos de Noël. Le tout suivait une courte, mais intense séance d’entraînement.

L’avenir s’appelle Kevyn Brassard, premier choix des Remparts et sélection de troisième ronde au dernier repêchage. Mais Brassard n’a que 16 ans, il s’aligne cette saison dans le midget AAA avec le Collège Charles-Lemoyne. Les Remparts ont donc besoin d’un homme masqué âgé de 18 ans qui fera le pont l’an prochain.

De l’intérêt pour Baribeau?

Aucun doute, la valeur de Baribeau sur le marché s’avère la plus élevée des deux. Il pourrait intéresser une équipe comme le Drakkar de Baie-Comeau, dont l’un des gardiens a justement demandé à déménager.

«Me semble que ça fait quatre ans que j’entends ça!» s’exclame le grand numéro 30 des Remparts, lorsque questionné sur la possibilité d’être échangé.

Repêché par Val-d’Or en 2015, le natif de L’Ancienne-Lorette a ensuite été transigé des Foreurs aux Remparts il y a presque deux ans, à la date limite de la période des échanges de 2016-2017.

«On n’a pas de contrôle là-­dessus. Pat va faire son travail et on va faire le nôtre sur la glace. S’il y a lieu d’être échangé, ça fait partie du hockey junior et de la vie du hockey en général. Faut faire avec», constate l’espoir de l’organisation du Wild du Minnesota.

«Tous les gars dans le vestiaire ici te diraient la même affaire. On aimerait tous rester à Québec, c’est une méchante belle organisation, mais ce n’est pas nous qui décidons. Et les gars veulent savoir où ils s’en vont. On a aussi des chums dans la chambre qu’on ne veut pas perdre. Mais on n’en parle pas, c’est pas mal ça, le mot d’ordre. Je ne veux même pas en entendre parler. Si ça arrive, ça arrive», résume Baribeau.

À la recherche d’un wow!

Roy dit par ailleurs ne pas s’attendre à beaucoup de mouvements chez les Remparts. «Un : je n’ai pas eu tant d’appels que ça. Et deux : j’aime l’équipe qu’on a en ce moment. OK, on n’a peut-être pas la meilleure équipe de la Ligue. Mais on a beaucoup de jeunes joueurs, on travaille fort et le noyau fait du bon boulot. Alors moi, je ne suis pas pressé!» assure le Diable rouge en chef.

Celui qui a lui-même été impliqué dans l’une des transactions les plus célèbres de l’histoire du hockey rappelle néanmoins que son téléphone reste toujours ouvert. «Gretzky a été échangé, Roy a été échangé. C’est sûr que si je reçois une offre incroyable, je vais écouter. Mais il va falloir que ça fasse wow!»

La période des transactions dans la LHJMQ s’étend du 16 décembre au 6 janvier, à midi.

Les Remparts accueillent vendredi les Cataractes de Shawinigan et, samedi, les Saguenéens de Chicoutimi, avant de profiter de deux semaines de congé pendant les Fêtes.

+

LE CAPITAINE GAGNÉ DEVIENT ATTAQUANT

À l’aube de la période des transactions dans la LHJMQ, les joueurs de 20 ans se savent susceptibles de changer d’adresse. Chez les Remparts, le capitaine Benjamin Gagné doit en plus composer avec le fait de passer de défenseur à attaquant!

Estimant l’expérience de samedi dernier concluante, Patrick Roy garde son numéro 9 à l’avant pour les deux rencontres de la fin de semaine, au Centre Vidéotron. «On va essayer plein de petites choses avant la date limite des échanges», affirme le dg et entraîneur-chef, qui veut «plus de mains» et «plus de mordant autour du but adverse».

La solution pourrait déjà se trouver dans sa cour. «À regarder Gagné jouer [à l’attaque] et le prix que ça va me coûter [pour obtenir un attaquant], je pense que je vais vivre avec ça. C’est un luxe d’avoir un gars qui peut jouer les deux rôles», dit Roy, avouant avoir simplement cherché un vétéran pour compléter le trio d’Andrew Coxhead et Matthew Grouchy. «Et cette journée-là, on n’en avait pas d’autres que lui!»

Le principal intéressé a été surpris par cette mutation. «On avait un point sur quatre jusque-là dans le voyage [en Atlantique] et je me suis dit que si ça pouvait aider l’équipe à gagner, aussi bien de le faire. Ç’a bien été. Je comprends maintenant pourquoi les attaquants ne jouent pas 25 ou 30 minutes par partie!» rigole-t-il. Côté cardio, c’est vraiment pas pareil. Et tu as moins de temps, tu te retrouves plus souvent dans une zone restreinte et tu dois agir plus vite.»

Le natif de Saint-Augustin «espère rester à Québec, chez nous. J’espère que Pat prendra la bonne décision», résume celui qui a amorcé son junior avec Drummondville. Il avait aussi joué une période en attaque, en novembre, à Val-d’Or. L’idée de placer Gagné à l’attaque permet de fournir de l’expérience à de jeunes arrières comme Braeden Virtue, qui revient au jeu vendredi, Félix-Olivier Chouinard et Dylan Schives.