Hormis l’emballage, le cannabis de la SQDC et le pot en vente sur le marché noir ont une apparence très similaire.

Gardez votre facture de cannabis, dit la police

La police de Québec incite les gens qui achètent de la marijuana à la Société québécoise du cannabis (SQDC) à garder l’emballage original ou la facture pour éviter des soupçons de possession de cannabis illégal.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des patrouilleurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ont arrêté un homme de 40 ans, de Lévis, pour avoir conduit sous l’effet de la drogue. Mais les policiers l’ont aussi arrêté pour possession de cannabis illégal.

Cinq jours après la légalisation de la marijuana, le SPVQ n’a pas tardé à appliquer un article de la loi fédérale sur le cannabis qui interdit de posséder du cannabis illicite.

Étienne Doyon, porte-parole de la police de Québec, rappelle que seul le cannabis acheté à la Société québécoise du cannabis est légal au Québec.

«Pour que les gens n’aient pas à avoir de soucis», le SPVQ les encourage à «conserver soit une preuve d’achat ou leur emballage d’origine» de la SQDC, explique M. Doyon. 

Ceux qui songeaient à réunir leur pot acheté à la SQDC dans un sac Ziploc devront peut-être se raviser. Quant à ceux qui possèdent toujours du cannabis acheté sur le marché noir, ils s’exposent à une arrestation et à une accusation de possession de cannabis illicite s’ils se font épingler. 

Les contrevenants adultes reconnus coupables à la suite d’une accusation s’exposent à un maximum de cinq ans de prison moins un jour. Pour une possession moins grave, une amende maximale de 5000 $ et un emprisonnement maximal de six mois — ou l’une de ces peines — sont prévus dans la loi. 

«Une cocotte, c’est une cocotte»

Reste à savoir comment les policiers seront en mesure de prouver qu’il s’agit bien de cannabis illicite. Car cette preuve «relève de l’enquête policière», précise Jean-Pascal Boucher, porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Lundi, le SPVQ ne pouvait pas révéler comment les policiers ont pu déterminer que le suspect aurait possédé du cannabis illicite. 

Chose certaine, toutefois, la preuve est plus dure à faire lorsqu’un suspect nie qu’il s’agit de marijuana illégale.

Hormis l’emballage, le cannabis de la SQDC et le pot en vente sur le marché noir ont une apparence très similaire. «À l’œil, on ne peut pas distinguer», dit Claude Rouillard, expert en neuropharmacologie et professeur au département de psychiatrie de l’Université Laval. «Une cocotte, c’est une cocotte.»

Le cannabis de la SQDC présente toutefois des paramètres connus, note M. Rouillard. Ce n’est pas le cas de la marijuana illégale, dont les niveaux de THC et de CBD — des ingrédients psychoactifs du cannabis — peuvent varier beaucoup plus. 

Pour déterminer qu’il s’agit bien de pot illicite, il faudrait être en mesure de comparer sa composition avec les Blue Dream, Pink Kush, Great White Shark et les dizaines d’autres sortes de cannabis légal à la SQDC. Ce qui exigerait des analyses en laboratoire. 

Le SPVQ demande fréquemment ce genre d’analyses pour d’autres types de drogues au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, à Montréal. Mais celles-ci ne présentent pas de contreparties légales.

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CE QUE DIT LA LOI FÉDÉRALE

Article 8 (1) b) › Il est interdit à tout individu âgé de dix-huit ans ou plus d’avoir du cannabis en sa possession lorsqu’il sait qu’il s’agit de cannabis illicite.

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TROP DE DÉCHETS, SELON LES CONSOMMATEURS

HALIFAX — Certains acheteurs de cannabis se plaignent du fait que les emballages volumineux nuisent à l’environnement.

Conformément aux directives de Santé Canada, l’emballage doit prévenir la contamination du cannabis, être inviolable et à l’épreuve des enfants — une avancée par rapport aux sacs en plastique dans lesquels le produit était souvent vendu avant sa légalisation.

Allan Rewak, directeur général du Conseil canadien du cannabis, a affirmé que l’industrie s’inquiétait des problèmes potentiels de traitement et de valorisation des déchets «depuis un moment», mais comprenait également la prudence de Santé Canada. Il a souligné que tous les emballages et les mises en garde doivent être de certaines dimensions et également contribuer à mettre le produit hors de la portée des enfants, ce qui augmente la quantité de matériaux utilisés. Selon lui, «la bonne nouvelle est que la majorité des produits d’emballage sont recyclables».

M. Rewak, dont l’organisation représente des producteurs autorisés de cannabis médicinal, affirme que l’industrie aimerait travailler avec le gouvernement pour réduire les emballages. Il explique que les avertissements pourraient figurer sur un encart dans un emballage déjà scellé avec un timbre d’accise.

Appelée à commenter cet enjeu, une porte-parole de Santé Canada, Maryse Durette, a fourni un lien vers la réglementation sur le cannabis et a suggéré de soumettre toute autre question aux gouvernements provinciaux sur la manière de se conformer à ces règles.  La Presse canadienne

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BAISSE DES VENTES SUR LE WEB ET EN SUCCURSALE

Au terme de son cinquième jour de vente, dimanche, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a fait état d’une baisse de ses ventes sur le Web et dans les succursales. La SQDC a dévoilé lundi ses chiffres sur les ventes effectuées entre mercredi dernier, le jour même de la légalisation du cannabis à des fins récréatives, à dimanche. Alors que les transactions sur le Web se chiffraient à 30 000 le premier jour, elles ont chuté à 2910 le cinquième jour. En fait, elles n’ont cessé de diminuer de jour en jour, selon les données de la SQDC. Les achats en succursale ont quant à eux beaucoup varié, mais on note également une légère baisse.  La Presse canadienne