Le président américain Donald Trump voyage toujours à bord d’Air Force One, un Boeing VC-25 hautement modifié afin que celui-ci puisse servir de siège du gouvernement si quelque chose arrivait à Washington.

G7: quand les chefs d’État voyagent

Coûteux, le sommet du G7? Pas seulement pour le pays organisateur, car les six autres qui envoient leurs chefs d’État à ces grands rassemblements déboursent des sommes importantes pour assurer leur sécurité.

Michel Juneau-Katsuya, ex-cadre du service canadien de renseignement de sécurité, a expliqué en entrevue avec Le Soleil que ces coûts élevés étaient l’une des raisons qui faisaient que les chefs d’État, comme le président américain Donald Trump, voyagent peu. 

«Oui, bien sûr, ces gens ont besoin d’être dans leur pays pour gérer les choses, mais la raison principale est que ça coûte cher. On parle de milliers de dollars de l’heure pour un voyage et de dizaines de milliers de dollars l’heure pour la sécurité. Il faut que ça en vaille la peine économiquement et politiquement», indique-t-il.

Par exemple, le président américain voyage toujours dans l’avion Air Force One, un Boeing VC-25 hautement modifié. «Si le président utilise Air Force One, c’est que cet avion est équipé au niveau technologique pour devenir le siège du gouvernement si jamais quelque chose arrivait à Washington. Également, le vice-président ne voyage jamais avec lui.»

Santé et sécurité

Chaque chef d’État arrivera aussi à La Malbaie avec sa délégation, qui inclut des membres de sa garde rapprochée responsables de sa sécurité. «Ces personnes servent aussi de liaison avec la Gendarmerie royale du Canada, qui assure la sécurité du site du G7», indique M. Juneau-Katsuya.

Les chefs d’État voyagent aussi avec des gens responsables de leur santé. «Ils transportent aussi lors de chaque voyage une ou deux chopines de leur propre sang au cas où quelque chose de grave arriverait et qu’ils auraient besoin d’une transfusion. Ils peuvent aussi identifier des membres de leurs délégations qui pourraient servir de donneurs de sang pour le chef d’État», poursuit-il, ajoutant qu’un bilan de santé de chaque chef d’État sera donné aux autorités locales.

Le personnel affecté à la sécurité des chefs d’État ne peut cependant pas être armé, indique Michel Juneau-Katsuya. «En théorie, les gens des services secrets américains ne sont pas accrédités pour être armés en territoire canadien. Je dis en théorie parce que je suspecte cependant qu’il puisse y avoir des dérogations offertes par courtoisie pour offrir une protection supplémentaire. Par exemple, des gens des services secrets américains pourraient se voir permettre d’être armés pour veiller dans l’antichambre de M. Trump. C’est possible, mais ce ne sera pas dit officiellement», explique l’ex-cadre des services secrets canadiens.

Et si jamais un incident survenait, ce sont les responsables de la sécurité rapprochée des chefs d’État qui prendraient les décisions. «C’est simple, le chef d’État n’a rien à dire! Par exemple, jamais vous n’auriez vu les services de sécurité américains laisser le président revenir en scène pour s’adresser au public après une tentative d’attentat comme celle du Métropolis contre l’ancienne première ministre Pauline Marois», illustre-t-il.

Rien n’est négligé

Car la dernière chose que le pays organisateur et les pays participants souhaitent, c’est de «perdre» un chef d’État durant le sommet. Ainsi, rien n’est négligé pour éviter une catastrophe. Les escouades tactiques seront présentes sur les lieux, des hélicoptères sont prêts à évacuer tout le monde en même temps, sans oublier la surveillance aérienne en haute altitude.

De plus, selon M. Juneau-Katsuya, le site de La Malbaie a été très bien choisi puisqu’il est assez isolé et qu’il possède une «défense géographique naturelle». «C’est très différent du sommet du G20 de 2010, que le premier ministre Stephen Harper avait décidé de tenir à Toronto contre l’avis de la GRC et du service de renseignement. On connaît la suite : ça a coûté un milliard $ et il y a eu 1200 arrestations», conclut-il.