En cas de méfait, les commerçants devront appeler rapidement la ligne Info-Commerces pour qu'un agent du ministère de la Sécurité publique vienne constater les dommages et rédiger un rapport.

G7: les commerçants et les résidents seront dédommagés, assurent Labeaume et Proulx

La Ville de Québec et le gouvernement du Québec s'associent pour offrir un dédommagement rapide aux commerçants qui pourraient être victimes d'actes de vandalisme en marge du Sommet du G7.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, ainsi que le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx, en ont fait l'annonce jeudi à l'hôtel de ville, au terme d’une rencontre avec des représentants des Sociétés de développement commercial (SDC) de la ville. 

En cas de méfait, les commerçants devront appeler rapidement la ligne Info-Commerces pour qu'un agent du ministère de la Sécurité publique vienne constater les dommages et rédiger un rapport, a expliqué le maire Labeaume. 

«Nous sommes conscients des inquiétudes des résidents», a d’abord souligné le maire de Québec. «Un des problèmes fondamentaux, c'est de faire les demandes de dédommagement en cas de méfait. C'est d'avoir la constatation des dommages pour pouvoir commencer le processus de dédommagement auprès du fédéral» le plus rapidement possible, a-t-il dit. 

Si des maisons sont la cible d'actes de méfait, les résidents peuvent contacter les autorités en composant le 3-1-1, a-t-il ajouté. 

Les commerçants seront aussi remboursés à hauteur de 75 % des frais encourus afin de sécuriser la vitrine et les portes de leur magasin, a précisé M. Labeaume. Les sommes seront envoyées directement aux commerçants dans un délai de dix jours. «L’important c’est que vous puissiez continuer d’être en affaires, ou de rester chez vous», a-t-il lancé aux propriétaires de commerces. 

Le maire de Québec a dit vouloir mettre le maximum de pression sur le fédéral, une fois le temps venu pour les commerçants dont les magasins auraient été la cible de vandalisme d’envoyer leurs demandes d’indemnisation à Ottawa. 

Celui-ci n’avait «aucune garantie» de la part du gouvernement fédéral en ce qui a trait à l’indemnisation rapide aux commerçants en cas de méfaits ainsi qu’à l’évaluation des dommages. «On aurait aimé ça qu’ils le fassent, mais ils ne l’ont pas fait», a simplement répondu M. Labeaume.

«On demandait un appui, peu importe le palier, et on est content d’avoir l’appui de la Ville et du provincial aujourd’hui», a commenté le président de la SDC St-Roch, Eric Courtemanche.

«Il y a des marchands pour lesquels s’ils ont une fenêtre à changer, ça coûte 2000 ou 3000 $, c’est peut-être la paye qu’ils donneraient à un employé. [Donc le dédommagement] aide pour le cashflow, il n’y a pas une compagnie d’assurance qui fait ça», a-t-il ajouté. 

Quoi qu’il en soit, les commerçants de la capitale doivent «subir» le G7 et les risques qui sont associés à sa tenue, juge le président de la SDC Montcalm, Jean-Pierre Bédard. 

«Oui, on le subit d’une certaine façon, ce n’est pas quelque chose qu’on a souhaité avoir. Ça occasionne aussi la psychose qu’a causé la sécurité autour de cet événement-là, et ça a un impact financier [pour les commerçants]. Ça, ce sont des dommages collatéraux sur lesquels ils n’ont aucun pouvoir», a dit M. Bédard. 

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LIGHTBOUND PROMET D'ÊTRE PRÉSENT POUR LES COMMERÇANTS

Le député fédéral Joël Lightbound promet d’être présent pour les commerçants de Québec qui subiront des pertes liées au G7. «S’il y a quoi que ce soit qui bloque dans le programme d’indemnisation, s’il y a des accrochages, je serai là.»

Le député libéral dans Louis-Hébert estime que le programme d’indemnisation du fédéral couvre bien les inconvénients qui viennent avec la tenue d’une grande rencontre internationale.

Dans les 72 heures qui suivent le sommet, le gouvernement va envoyer ses fonctionnaires sur le terrain et publier une zone d’indemnisation à Québec et à La Malbaie. «Un commerçant qui a une perte de revenus, une terrasse vide sur la Grande Allée, ça va être couvert. Si une croisière est annulée, ça va être couvert. Les frais de nettoyage à la suite de gaz lacrymogène aussi», explique M. Lightbound. 

Ces derniers jours, des députés de l’Assemblée nationale ont réclamé à plusieurs reprises que les commerçants de Québec et de Charlevoix soient indemnisés par le fédéral pour les actes de vandalisme.

«S’il y a des demandes spécifiques de Québec, on verra. Pour l’instant, on va continuer d’avoir des discussions avec la ville [de Québec] et avec la province», indique M. Lightbound. Ce dernier n’a pas voulu réagir à l’annonce faite par le maire de Québec Régis Labeaume et le ministre Sébastien Proulx jeudi, souhaitant l’analyser avant de commenter. 

Rappelons que les dommages liés à une blessure ou à des troubles émotifs ne sont pas couverts non plus par le programme fédéral, qui a été créé après le Sommet du G20 à Toronto, en 2010.

Au final, M. Lightbound est convaincu que la tenue du G7 à Québec aura davantage d’impacts positifs sur la région. «J’ai l’impression que ça sera un des G7 les plus suivis de l’histoire récente», lance-t-il, enthousiaste. Parce qu’il y a des enjeux d’actualité «très, très chauds», comme les relations tendues entre le président américain Donald Trump et les autres dirigeants membres du G7 sur la question du libre-échange. 

Toute cette attention médiatique devrait être bonne pour la région à long terme, évalue-t-il. «Québec est une ville d’envergure qui montre qu’elle est en mesure d’accueillir des événements d’envergure.»  Patricia Cloutier