Le président Donald Trump à La Malbaie, tout juste avant le traditionnel portrait de famille des dirigeants membres du G7.

G7: en retard, Trump omet de saluer le maire de La Malbaie

LA MALBAIE — En arrivant une heure en retard au Manoir Richelieu, le président Donald Trump n’a pas seulement chamboulé l’horaire officiel. Il a aussi perturbé le protocole, qui prévoyait une poignée de mains avec les représentants locaux, dont le maire de La Malbaie.

Tous les dirigeants du G7 ont pris le temps — ou ont eu le temps — de saluer le comité d’accueil local à leur arrivée au Manoir Richelieu, jeudi soir et vendredi matin. Tous sauf un: Donald Trump. 

Ce dernier est atterri avec une heure de retard à la base aérienne de Bagotville, vendredi, si bien que l’organisation du Sommet a dû faire des choix.

Une fois M. Trump débarqué à La Malbaie par hélicoptère, peu avant midi, il était déjà trop tard pour les politesses. Le numéro un de la Maison-Blanche devait arriver autour de 10h50.  

Le maire de La Malbaie, Michel Couturier, ainsi que des représentants des communautés autochtones prêts à accueillir le président ont finalement été laissés en plan.

«On n’a pas rencontré M. Trump, qui est arrivé un peu plus tard», a confirmé M. Couturier lors d’un point de presse tenu une heure après l’arrivée du président. «Il n’a pas pris le soin de rentrer. […] Je pense qu’il avait un dîner à l’extérieur du Manoir Richelieu», «qu’il était attendu ailleurs».

M. Couturier, impressionné par le cortège sécuritaire autour de M. Trump, n’était pas décontenancé par cet impair. Il retient plutôt avoir vécu une «expérience incroyable» en prenant contact avec les autres leaders du G7.

Macron fait mouche

Le président français, Emmanuel Macron, et sa femme, Brigitte Macron, ont été «extraordinaires», aux dires du maire de La Malbaie, Michel Couturier.

Le maire de La Malbaie a notamment vanté le président français Emmanuel Macron, accompagné de sa conjointe Brigitte Macron. Ils ont été «extraordinaires», aux dires de M. Couturier. «Ils ne sont pas obligés [de faire ça]. Ils ont été vraiment gentils avec nous.»

Le fait que M. Macron prenne le soin de remercier la population de La Malbaie l’a particulièrement charmé. «[Le président français] a été d’une diplomatie vraiment intéressante. Ça mérite d’être souligné», a exprimé le maire.

M. Couturier a aussi parlé d’une «très cordiale» chancelière allemande Angela Merkel, qui est arrivée dans la matinée de vendredi. «Tous ont été très courtois», a-t-il résumé.

Un message

L’arrivée tardive de Donald Trump a aussi eu des impacts sur les rencontres officielles. Un tête-à-tête avec Emmanuel Macron a notamment été reporté.

Pour Jonathan Paquin, professeur au Département de science politique à l’Université Laval, ce retard envoie un message très fort aux autres membres du G7, avec qui le président Trump entretient des différends. «C’est un signal important qu’il arrive une heure en retard. Il envoie un signal, ça donne le ton.» 

Un ton acrimonieux et bagarreur déjà bien senti dans les récentes publications du président sur les réseaux sociaux, y compris dans les heures précédents le Sommet. 

Le fait que M. Trump quittera plus tôt samedi, soit vers 10h30, renvoie au même message, a souligné M. Paquin. M. Trump ne participera pas aux discussions portant sur les thèmes de l’environnement, des changements climatiques et de la pollution par le plastique.

Quant au protocole d’accueil, M. Paquin est demeuré prudent, puisqu’il est difficile de présumer si Donald Trump aurait pris soin de serrer la main des élus locaux et de la direction du Manoir Richelieu si le temps l’avait permis.

Reste qu’il s’agit selon M. Paquin d’un leader «qui ne respecte pas le protocole» et qui ne «cherche pas à apprendre» le langage de la diplomatie.

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LES HURONS-WENDATS PIQUENT LA CURIOSITÉ DE TRUMP

Le cadeau remis par la nation huronne-wendat aux dirigeants du G7 a particulièrement intrigué le président des États-Unis.

«Comme nation, on a des coutumes. Et une de nos coutumes est d’accueillir nos hôtes avec une tresse de foin», a expliqué Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat. 

Une représentante de la nation huronne-wendat a remis une tresse de foin au président Donald Trump sur le tarmac de la base de Bagotville.

Les Hurons-Wendats l’appellent le «foin d’odeur». «C’est un grand foin qu’on ramasse sur le long du fleuve Saint-Laurent, sur les deux rives.» Tressé, il est remis «à chaque chef d’État» en guise de bienvenue sur les terres ancestrales de la nation, a-t-il poursuivi. «Ça sent bon, c’est incroyable. Ça sert [aussi] lors des cérémonies de purification [ou comme élément décoratif].»

L’offrande a été remise à M. Trump sur le tarmac de la base de Bagotville par une représentante de la nation huronne-wendat. «Il était bien content de la recevoir», a rapporté M. Sioui. 

Quelques instants plus tard, le téléphone sonnait. «On a reçu un appel de sa délégation, qui a voulu savoir quelle était la signification. On a expliqué ça comme ça, pour qu’ils [la délégation] puissent le rapporter à M. Trump», a dit M. Sioui.

Ce dernier était pour sa part au Manoir Richelieu afin d’accueillir les dirigeants du G7. M. Sioui n’a pu donner de plus amples explications en personne, puisque M. Trump est le seul dirigeant à ne pas avoir rencontré les représentants locaux.