Yannick St-Jacques Lauriaul, libéré lundi matin

G7: 8 des 13 manifestants arrêtés remis en liberté

Des 13 personnes arrêtées en marge du Sommet du G7, il n’en reste que 2 en prison. Huit prévenus ont été remis en liberté lundi à la Cour municipale de Québec, certains profitant de l’occasion pour critiquer la répression policière et la durée de leur incarcération.

La journée a été pour le moins longue pour les huit accusés. En matinée, ils ont comparu par visioconférence avec un retard certain, les avocats ayant débattu de leur cause en privé avant de se présenter devant la juge Joanne Tourville. Puis, en après-midi, ils ont été relâchés au compte-goutte jusqu’à la soirée; des «lenteurs» administratives seraient en cause, au dire de leurs avocates.

«Ça a été trois jours difficiles», a déploré Lynda Forgues, la soixantaine, à sa sortie. «Je dénonce la répression policière. C’était orgiaque, c’était exagéré.»

«Je ne trouve pas que c’est un exemple d’un pays démocratique de brimer la liberté des gens comme ça», acquiesce Yannick St-Jacques Lauriault, qui a été relâché plusieurs heures après Mme Forgues. «On est de plus en plus brimé dans nos droits.»

M. St-Jacques Lauriault affirme avoir été ciblé par les policiers parce qu’il avait pris la parole dans les médias durant une protestation. Il souligne à ce propos qu’il a été arrêté près de son domicile plusieurs heures après les faits qui lui sont reprochés. «Je pense que c’est un procès politique, qu’on a voulu faire des exemples.» L’homme de 34 ans ajoute que le budget de 605 millions $ pour la présidence canadienne du G7 n’aurait pas été justifiable sans quelques emprisonnements: «S’il y avait eu zéro arrestation, ils auraient eu l’air encore plus fous.»

«Après 105 heures d’enfermement, j’ai envie d’aller relaxer et de prendre une bonne douche», a pour sa part commenté Marc-André Chapados, seul du groupe à faire face à une accusation d’avoir proféré des menaces sur le Web. Un gazouillis jugé menaçant publié sur Twitter serait en cause selon TVA.

Les autres manifestants ayant été remis en liberté lundi sont Gael Chiarello, Deliane Laflamme, Maxime Laliberté, Benjamin Thériault et Benoit Valiquette. Plusieurs habitent Montréal et Québec, un est de Trois-Rivières.

Afin de quitter le poste de police du parc Victoria, où siège la Cour municipale, les huit ont dû accepter de se soumettre à une série de conditions, notamment de déposer chacun 500 $ et de ne pas communiquer entre eux. Ils ne peuvent pas plus entrer en contact avec des membres du Réseau de résistance anti-G7, sauf le comité légal de l’organisation.

Attroupement illégal

La plupart sont accusés d’attroupement illégal après avoir, selon l’accusation, participé à une manifestation au cours de laquelle des divans avaient été brûlés, vendredi.

Pour arriver au compte de 13 personnes arrêtées, il faut ajouter un individu qui n’a finalement écopé que d’une amende; deux autres qui ont précédemment été remis en liberté sous promesse de comparaître; deux de plus qui resteront encore en prison.

Ces deux individus toujours incarcérés ont comparu au Palais de justice de Québec lundi, mais leur enquête sur cautionnement a été reportée à mercredi. Ils font face à des accusations plus graves que les autres. Yann Arsac, 24 ans, de Québec, a été accusé de possession de matières incendiaires dans le but de commettre un acte criminel, d’avoir eu en sa possession des matières explosives et de possession d’arme dans un dessein dangereux.

Cydrick Dion-Tardif, 32 ans de Québec, a été accusé de possession d’arme dans un dessein dangereux, possession de drogue et deux bris de promesse.

Les huit prévenus ayant comparu lundi seront de retour au tribunal le 19 juillet, 9h.

Lynda Forgues a dénoncé lundi l'intense répression policière dans les derniers jours, lors des manifestations anti-G7 à Québec.