Ancien haut gradé de la Sûreté du Québec, où il a agi notamment à titre de chef du service des enquêtes sur la criminalité contre l’État, Frédérick Gaudreau est policier depuis 1997.

Frédérick Gaudreau confirmé à la tête de l’UPAC

Frédérick Gaudreau est devenu mardi le premier commissaire de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) choisi par l’Assemblée nationale, en vertu du nouveau mode de sélection prescrit par la loi un.

Contrairement à ce qui se faisait auparavant, sa nomination devait être entérinée par au moins les deux tiers des membres de l’Assemblée nationale, selon la loi 1 adoptée par le gouvernement caquiste.

On cherchait ainsi à assurer l’indépendance du corps policier chargé de mener des enquêtes et de lutter contre toute forme de corruption. Auparavant, ce type de nominations relevait de l’exécutif, donc du gouvernement.

La nomination officielle de Frédérick Gaudreau met fin à une longue période d’incertitude et d’instabilité à la direction d’un des principaux corps policiers du Québec.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a salué le début d’une «nouvelle ère» pour l’UPAC.

Selon, elle, étant déjà en fonction, M. Gaudreau est bien «conscient» du travail qui l’attend «et des défis qu’il doit relever à la tête de cette organisation».

M. Gaudreau occupait la fonction depuis un an sur une base intérimaire.

Le gouvernement avait besoin d’au moins 83 votes favorables pour confirmer la nomination de M. Gaudreau, mardi, à la suite d’une motion déposée en Chambre par le premier ministre François Legault.

Tous les partis d’opposition ayant voté en faveur, la motion a été entérinée à la quasi-unanimité de l’Assemblée nationale, avec 110 votes pour, aucun contre et une seule abstention, celle de la députée indépendante de Marie-Victorin, Catherine Fournier.

L’autre député indépendant de Chomedey, Guy Ouellette, était absent au moment du vote. M. Ouellette avait été arrêté par l’UPAC en 2017. Aucune accusation n’a suivi.

La ministre Guilbault s’était engagée à ce que le nouveau commissaire en titre soit nommé en octobre.

M. Gaudreau succède donc officiellement à Robert Lafrenière, qui avait quitté la direction de l’UPAC sans explication, le 1er octobre 2018, jour de l’élection générale. On n’a jamais su les raisons de son départ précipité, trois ans avant la fin de son mandat. Il occupait ce poste depuis 2011.

Le nouveau commissaire de l’UPAC, qui pourra réclamer un salaire annuel pouvant atteindre 223 118 $, a un mandat de sept ans.

Réputation ternie

Le suspense planait sur l’approbation par l’Assemblée nationale de M. Gaudreau, car deux partis d’opposition, le Parti québécois et Québec solidaire, voulaient qu’un civil prenne les commandes de l’UPAC, un corps policier dont la réputation a été minée ces dernières années par des enquêtes jamais abouties et des querelles internes entre clans adverses.

Ils réclamaient un civil pour faire le ménage qui s’imposait dans l’organisation et rétablir le lien de confiance avec la population. Mais ils ont donc tous deux fini par se ranger à la proposition gouvernementale.

En point de presse, le député solidaire Alexandre Leduc a déploré le fait que sa formation avait dû «faire pression en coulisses» auprès de la ministre Guilbault pour obtenir des informations afin d’évaluer la candidature de M. Gaudreau.

Ce dernier est «très lucide», a commenté Mme Guilbault, en mêlée de presse, souhaitant qu’il saura rétablir la confiance du public envers l’escouade anticorruption.

Idéalement, le gouvernement souhaitait lui aussi un civil à la tête de l’UPAC, mais aucun ne s’est démarqué parmi les candidatures reçues. Un comité indépendant était chargé d’analyser les candidatures et de proposer au moins deux noms au gouvernement.

M. Gaudreau est un policier de carrière. Ancien haut gradé de la Sûreté du Québec, où il a agi notamment à titre de chef du service des enquêtes sur la criminalité contre l’État, il est policier depuis 1997. Il a œuvré dans la lutte contre la cybercriminalité et mené des enquêtes sur les délits informatiques.

La procédure de sélection sera la même quand viendra le temps de nommer les dirigeants de la Sûreté du Québec (SQ) et du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), en vertu de la loi 1.