Le compositeur François Dompierre illustrera certains événements de sa vie à l’aide de musiques, mais aussi d’anecdotes évoquant des artistes célèbres qu’il a côtoyés.

François Dompierre : l’homme derrière la musique

Le compositeur prolifique François Dompierre fera résonner l’église anglicane St. Paul’s à Saint-Paul-d’Abbotsford avec sa musique, le dimanche 22 septembre à 15 h. Il convie la population à un récit-récital où « l’on peut s’attendre à tout », annonce en s’esclaffant le principal intéressé.

Ce concert unique qui n’est produit que « deux ou trois fois par année » se veut convivial, sympathique… et humoristique. « On va savoir que je suis quelqu’un de pas très sérieux. »

L’artiste de 76 ans racontera certains événements de sa vie à l’aide de musiques, mais aussi d’anecdotes évoquant des artistes célèbres qu’il a côtoyés. « Des personnes plus connues que moi, donc plus importantes que moi. Je pense à Félix Leclerc et Jacques Brel avec qui j’ai déjà travaillé. Je parle des réalisateurs de films comme Claude Fournier, Denys Arcand, Denise Filiatrault, Jean Beaudin », énumère-t-il.

Au piano, on pourra entendre quelques-unes de ses compositions, mais aussi du Bach, sans contredit sa plus grande influence musicale.

Avec près de 60 ans de carrière dans le domaine artistique — ses tout débuts remontent à 1963 avec YUL 871 de Jacques Godbout —, François Dompierre en a long à partager. L’entrevue a d’ailleurs été parsemée de quelques histoires qu’il ne pouvait s’empêcher de raconter, notamment la fois où un rappeur de New York a voulu lui acheter une séquence musicale à un prix de fou.

« J’ai toujours aimé raconter des histoires, que ce soit par écrit ou directement aux gens et j’assaisonne ça avec de la musique. »

Avec sa longue feuille de route en chanson — il en a écrit 200 —, celui à qui l’on doit L’âme à la tendresse et Demain matin, Montréal m’attend avoue avoir ralenti la cadence.

Parce qu’après avoir arrêté de composer de la musique de film au Québec en 2001 — on pense notamment à Le déclin de l’empire américain, L’homme idéal, Bonneur d’occasion, Le Matou —, il a concentré son travail sur l’écriture, mais aussi la musique d’orchestre.

« J’ai pris ma retraite parce que j’avais fait au-delà de 60 films, c’était assez », confie-t-il.

Toutefois, il avoue avoir fait une exception pour Léa Pool, avec La passion d’Augustine. « C’était un sujet qui me convenait tellement. »

Selon lui, le métier de compositeur de musique de film a bien changé au Québec à travers les années.

« Ça s’est gâté pour nous. On est devenus des tâcherons. Les réalisateurs et les producteurs ont les moyens de changer tout ce qu’on leur donne et les mixeurs dénaturent ce qu’on fait », remarque l’homme, déplorant cette façon de faire.

Pour le patrimoine

Outre les « quelques bonnes idées et les beaux films », François Dompierre retient de sa carrière les humains qu’il a rencontrés.

S’il avoue lui-même être « moins proactif » qu’avant, il a accepté d’offrir une prestation à l’église St. Paul’s pour une bonne cause, soit celle de l’OBNL Héritage Abbotsford qui travaille d’arrache-pied depuis 2005 pour la conservation du patrimoine religieux.

Dompierre a accepté l’invitation de sa bonne amie Marie-Josée Raymond qui est au cœur de l’organisme. L’argent amassé lors de ce concert servira à restaurer l’église St.Paul’s Anglican et le Hall Fisk. Vitraux, peintures, services sanitaires : plusieurs choses sont à réparer ou à faire.

Mme Raymond est consciente que les réparations des bâtiments patrimoniaux sont très onéreuses, d’autant plus que l’organisme doit débourser le tiers du montant pour chaque restauration.

Son ami aura l’occasion de poser ses doigts sur l’orgue-harmonium Warren, classé instrument de patrimoine depuis 2004.

Lors de son passage à l’église St. Paul’s, mercredi, pour se familiariser avec l’instrument, François Dompierre a pianoté quelques airs et a tout de suite remarqué que l’orgue-harmonium avait besoin d’être accordé, même si la tâche avait déjà été réalisée il y a quelques jours.

L’orgue en question contient quelque 80 tubes dont les sons qui en sortent varient selon la température.

« Ça dépend du temps parce que ça change l’air dans les tuyaux. L’humidité y joue pour beaucoup. La dernière fois, on l’a accordé durant deux heures », explique Mme Raymond.

En avant la musique

Le récit-récital de François Dompierre est en quelque sorte né de façon improvisée. Et selon lui, l’improvisation est ce qui rend un compositeur de musique de film efficace.

« L’origine de la musique de film c’est de l’improvisation. Avant, c’était souvent des gens qui se rendaient au cinéma muet qui improvisaient sur l’image », se remémore-t-il.

Pour créer, il dit se laisser guider par ce qu’il ressent plutôt que par ce qu’il voit.

« J’ai des beaux souvenirs de [cette période], car tu as une gratification directe à faire de la musique de film, ce qui n’est pas le cas avec la musique de concert, poursuit-il. Tu écris et c’est joué deux ans plus tard, puis c’est rarement rejoué. La musique pour le cinéma est étroitement associée à quelque chose de plus actuel. »

Mais avant la reconnaissance vient le travail, car « faire n’importe quoi, ce n’est jamais facile » glisse-t-il en se rappelant le long travail derrière Bonheur d’occasion.

Quoi qu’il en soit, il affirme que la musique la plus difficile à composer est celle des films de comédie.

« J’ai travaillé sur quatre films avec Denis Filiatrault, je le sais ! »

Peu importe le film, la musique transporte le sentiment, prévient ou suit l’action. Il y a toujours un lien direct, analyse-t-il.

« Mais trouver ce qui va faire rire, c’est difficile. »

Parler de soi 

Après avoir dédié un livre biographique à la chanteuse et comédienne Monique Leyrac en 2019 (Le roman d’une vie), le mélomane se concentre maintenant sur son propre chemin parcouru alors qu’il planche sur l’écriture de sa biographie.

« J’ai 60 pages de fait et je trouve ça profondément ennuyeux. Ce qui est ardu c’est de rendre sa propre vie intéressante. »

On a de la difficulté à le croire...