La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants Marguerite Blais

Forum Adultes et santé mentale: la ministre Marguerite Blais se confie sur son expérience personnelle

«Quand j’ai été proche aidante et que j’ai accompagné mon mari, ce n’est pas parce que j’avais à l’époque mis en place les services pour les proches aidants que je n’ai pas été affectée. J’étais en hypervigilance, j’ai fait de la détresse, et quand mon mari est décédé dans mes bras, je suis passée de l’autre côté du miroir. Je ne voulais plus revenir à la vie, ça ne m’intéressait plus. Ça a pris mes enfants pour me dire: "Maman, tu nous as adoptés, on vient de perdre notre père, pis toi, t’es pu là". Alors j’ai eu des médicaments pour m’aider. Et ce n’est pas parce que j’ai eu des médicaments pour m’aider qu’aujourd’hui, je ne suis pas capable de jouer mon rôle de ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.»

La ministre Marguerite Blais a livré un témoignage émouvant, mardi, à l’issue du Forum Adultes et santé mentale, où il a notamment été question de la stigmatisation des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. 

«J’ai tellement entendu de beaux témoignages pendant le forum. Les gens sont tellement marqués... [Quand on a un problème de santé mentale], c’est comme si on avait une étiquette, les gens sont gênés de parler de ça. […] Alors moi, aujourd’hui, j’ai voulu partager mon expérience», a expliqué la ministre au Soleil en marge de la rencontre.

Marguerite Blais a précisé avoir fait un burn-out à la mort de son mari, décédé en mars 2015 des suites d’un cancer. «J’ai pris des médicaments pour l’humeur, pour revenir un peu à la vie. Je pleurais tout le temps. Une vraie Madeleine...»

Mme Blais a aussi raconté comment, comme mère, elle avait vécu les problèmes de santé mentale d’un de ses enfants adoptifs. 

«Je suis allée à Sainte-Justine avec lui en psychiatrie. J’ai appris que quand un enfant était en psychiatrie, le parent était aussi en psychiatrie. J’ai donc fait deux ans en psychiatrie à Sainte-Justine […]. Je peux vous dire que je me sentais pas mal stigmatisée au début. J’étais pas très heureuse d’être à Sainte-Justine en psychiatrie. Mais je pense que c’est la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie, parce que j’ai appris à être une meilleure maman et à devenir, je pense, une meilleure personne», a témoigné la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.