Émilie Lefol, étudiante au doctorat de l’Université de Sherbrooke, est la seule Québécoise sélectionnée dans le cadre du programme Homeward Bound 2018.

Formation en leadership: une Sherbrookoise en Antarctique

Dans moins de 80 jours, Émilie Lefol, étudiante au doctorat de l’Université de Sherbrooke, embarquera sur un brise-glace... direction Antarctique. L’étudiante de 34 ans a été sélectionnée avec 69 autres chercheuses du monde entier afin de participer au projet Homeward Bound 2018, qui vise à valoriser la présence des femmes au sein de postes décisionnels, dans les sphères scientifiques et politiques.

La jeune scientifique est la seule à représenter la Belle Province au sein de cette cohorte.

Émilie Lefol a été sélectionnée en février dernier par Homeward Bound, un programme de formation en leadership de 12 mois. Celui-ci se terminera en février avec une expédition de trois semaines en Antarctique, au départ d’Ushuaïa, en Argentine.

Le projet vise à mettre en place au cours des 10 prochaines années une collaboration mondiale de 1000 femmes, avec un parcours scientifique pour mener, influencer et inspirer les futures générations. L’étudiante au doctorat de l’UdeS se retrouve donc au sein de la deuxième cohorte, qui regroupe des participantes de 11 pays.

C’est en voyant son amie Deborah Pardo vivre cette expérience au sein de la toute première cohorte qu’Émilie a eu envie de postuler : elle a vu son amie étudiante au postdoctorat en Angleterre conjuguer carrière, étude et maternité. « Elle se posait beaucoup la question et elle en parlait souvent à ses amies qui étaient en sciences et en recherche : comment arriver à être maman, femme, une bonne amie et une bonne chercheuse, surtout dans le contexte de la recherche, où il faut produire des articles... et en congé de maternité, souvent on culpabilise avec le fait de ne pas faire d’articles. Elle se posait beaucoup de questions sur la place des femmes en sciences, comment associer vie privée et vie professionnelle », souligne-t-elle.

« J’ai suivi son développement personnel dans toute cette année... Je me suis dit que je voulais faire ça, c’est absolument génial comme projet. »

Émilie Lefol veut être un agent de changement. En présentant des conférences dans les écoles, elle veut montrer aux élèves qu’il n’y a pas de limite à ce qu’ils peuvent accomplir s’ils travaillent fort.



« L’Antarctique, c’est une image puissante pour le réchauffement climatique. »
Émilie Lefol

Au sein du programme, elle travaille sur la problématique de la pollution. Dans cette sphère aussi, elle veut faire bouger les choses, à commencer par son milieu de vie.

Le programme Homeward Bound paie environ 60 % des coûts, tandis que l’étudiante devait trouver la somme restante, soit environ 24 000 $. Environ la moitié de cette somme provient d’un coup de pouce financier de l’Université de Sherbrooke. La jeune femme a lancé une campagne de sociofinancement afin d’amasser les fonds restants en collaboration avec la Fondation de l’Université de Sherbrooke.

Adopter un manchot

Émilie Lefol invite les gens à adopter un manchot. En échange d’un don, les donateurs recevront une photo d’un manchot aperçu en Antarctique et un certificat d’adoption.

Émilie Lefol en sera à son deuxième passage en Antarctique, où elle a étudié les manchots. « Dans ma mission, on était que trois femmes sur une vingtaine de personnes. L’Antarctique, c’est une image puissante pour le réchauffement climatique. C’est l’endroit où c’est le plus notable, c’est très parlant », commente Émilie. Cette fois, l’équipage y fera des escales et rencontrera notamment des chercheurs.

La jeune femme a voyagé un peu partout dans le monde. « Pendant ces voyages-là, on prend en pleine face nos activités et nos conséquences. Quand les gens n’ont pas les changements devant eux, ils ne réalisent pas vraiment... »
Dans le cadre de sa thèse à l’UdeS, Émilie Lefol s’intéresse à l’hirondelle bicolore.

Pour plus d’informations ou pour un don, on peut consulter le site internethttp://emilielefol.com/