Une vue aérienne de la mine de minerai de lithium Whabouchi de Nemaska Lithium sur le territoire Eeyou-Istchee Baie-James.

Financement de 1,1 G$ pour Nemaska Lithium

L’entreprise de produits chimiques Nemaska Lithium, basée à Québec, annonce qu’elle a complété un financement costaud de 1,1 milliard $ qui lui permettra de terminer la construction et la mise en service de la mine de minerai de lithium Whabouchi située à 300 kilomètres au nord de Chibougamau sur le territoire Eeyou-Istchee Baie-James.

Nemaska Lithium complétera également la construction d’une usine de production commerciale d’hydroxyde et de carbonate de lithium à Shawinigan, un composé qui sert notamment à la fabrication de batteries au lithium destinées aux véhicules électriques.

Les travaux se mettront en branle dans les prochaines semaines et devraient être achevés d’ici 15 mois du côté de la mine Whabouchi — l’un des plus importants gisements de spodumène au monde — et une dizaine de mois plus tard à Shawinigan où Nemaska Lithium a déjà établi ses pénates dans les anciennes installations de Produits Papiers Résolu. La compagnie, fondée en 2007, transforme actuellement 150 tonnes de lithium par année grâce à un procédé unique d’électrolyse membranaire.

Durant les travaux, près d’un millier de travailleurs seront embauchés. Une fois que la mine et l’usine électrochimique seront pleinement en opération, Nemaska Lithium fera appel à 300 employés pour l’exploitation de ses deux sites. D’ici 2021, sa production devrait atteindre 33 000 tonnes par année.

En plus d’être utilisé principalement dans les batteries, le lithium trouve preneur également dans les domaines de la céramique, du verre et des lubrifiants.

Dans le cadre de ce financement de 1,1 milliard $, le gouvernement du Québec injecte 130 millions $, notamment par une souscription de 80 millions d’actions ordinaires de Nemaska Lithium (80 millions $), par l’entremise du fonds Capital Mines Hydrocarbures. S’ajoute à cette participation l’achat d’obligations garanties et remboursables par anticipation (50 millions $) provenant des fonds propres de Ressources Québec, une filiale d’Investissement Québec.

De l'argent de partout sur la planète

Joint par Le Soleil, le président et chef de la direction de Nemaska Lithium, Guy Bourassa parle d’un «accomplissement heureux au terme d’une longue longue route.»

En effet, Nemaska Lithium a été l’une rares sociétés juniors d’exploration minière à survivre à la chute du prix des matières premières. «Alors que 95 % de nos concurrents à travers le monde ont mis leur projet sur la touche, nous avons persévéré et poursuivi les études de faisabilité et les démarches pour l’obtention des permis.»

Ses billets verts, Nemaska Lithium est allé les chercher partout dans le monde, principalement en Asie et en Europe. La part du gouvernement du Québec dans le montage financier de 1,1 milliard $ est de 13 %.

«Il y beaucoup d’argent disponible sur le marché pour les projets avancés comme le nôtre. Les énergies vertes intéressent de plus en plus les fonds d’investissement. Et pas seulement pour l’éolien ou pour les panneaux solaires, mais aussi pour la matière première, pour la batterie qui fait fonctionner le panneau solaire», explique M. Bourassa.

Selon ce dernier, la demande pour l’hydroxyde et le carbonate de lithium est très forte. Elle est propulsée par les besoins grandissants en matière d’électrification des transports et de stockage d’énergie. 

«Nous ne volons pas des parts de marché à personne. Nous comblons tout simplement un vide», fait-il remarquer. «Avec une production annuelle de 33 000 tonnes, nous répondons à peine à la demande de Tesla pour la fabrication de 500 000 véhicules électriques. Le marché total du sel de lithium est actuellement de 200 000 tonnes. Il sera cinq fois plus élève en 2026.»

Mercredi, à la Bourse de Toronto, le titre de Nemaska Lithium (TSX: NMX) a clôturé à 98 ¢, en hausse de 2 ¢.  

L'usine pilote de Shawinigan