«Je crois que la preuve est quand même bien étoffée», a déclaré Me Claude Robitaille (à droite) concernant son opposition à la remise en liberté du père de la fillette. Il est accompagné sur la photo d’un enquêteur et de Me Laurence Bélanger, aussi affectée à ce dossier.

Fillette tuée à Granby: deux nouvelles accusations contre le père

Deux nouvelles accusations ont été déposées, jeudi, contre le père de la fillette de sept ans morte des suites d’une possible maltraitance à Granby, en avril.

L’homme de 30 ans fait maintenant face à des accusations supplémentaires d’avoir abandonné son enfant de façon à ce que sa vie soit mise en danger et d’avoir omis de lui fournir les choses nécessaires à son existence. 

Ces deux charges, chacune passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans de prison, s’ajoutent à l’accusation déjà existante de séquestration, qui elle est passible d’une peine maximale de dix ans de pénitencier.

Procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Claude Robitaille a fait l’annonce de ces nouvelles dénonciations alors que s’amorçait l’enquête sur remise en liberté du père au palais de justice de Granby.

Le belle-mère de la victime, âgée de 35 ans, était elle aussi présente dans le box des accusés. Séparé par un agent carcéral, le couple ne s’est pas adressé la parole comme l’exige la cour. Une cinquantaine de curieux et journalistes ont aussi rempli la salle dans une ambiance disciplinée.

Deux témoins ont été entendus à cette étape, soit un enquêteur de la Sûreté du Québec et l’accusé. Une ordonnance de non-publication demandée par les deux parties interdit toutefois de dévoiler le contenu de leurs déclarations. L’identité des accusées et de la victime est aussi frappée d’une ordonnance similaire.

Le policier a fait état de la preuve amassée jusqu’ici dans ce dossier, tandis que le père de la victime a livré, d’une voix douce, plusieurs arguments visant à convaincre le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, de le remettre en liberté en attendant la suite des procédures judiciaires.

Plusieurs documents, dont des photos et des vidéos, ont aussi été déposés.

Plaidoiries

En fin de journée, les avocats ont plaidé leurs causes. À la défense, Me Martin Latour a fait valoir que son client pouvait être remis en liberté sans que cela brime l’administration de la justice.

Me Robitaille n’est pas de cet avis. « Je crois que la preuve est quand même bien étoffée » en ce qui a trait à sa position, a-t-il indiqué à sa sortie de la salle d’audience. Il a basé son argumentaire sur trois critères principaux, soit la confiance du public envers la justice, l’administration de la justice et la gravité des infractions reprochées.

Il a aussi évoqué les antécédents judiciaires de l’accusé et le fait que d’autres accusations pourraient être éventuellement déposées.

La belle-mère de la victime, de son côté, fait face à des accusations de séquestration et de voies de fait graves. Son enquête sur remise en liberté pourrait se poursuivre à une autre date afin de lui permettre de réunir des garanties suffisantes. Elle ne s’est pas exprimée devant la cour, jeudi, et sa longue chevelure dissimulait son visage au public.

Pour l’accusé, le juge Champoux rendra sa décision lundi prochain, le 10 juin.

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À la défense, Me Martin Latour a fait valoir que son client pouvait être remis en liberté sans que cela brime l’administration de la justice.

« C’est dur »

À sa sortie du tribunal, la mère de la jeune victime a dit espérer que les deux accusés ne recouvrent pas leur liberté. 

« Je pense qu’ils devraient rester en-dedans, a-t-elle dit à La Voix de l’Est. C’est dur pour le cœur d’une mère. Tout ce qu’ils disent, ça confirme ce que j’ai vu à l’hôpital. »

« C’est mieux pour leur sécurité qu’ils restent entre quatre murs, a ajouté un ami de la famille. On a tous de la rage. Ça ne se fait pas, une affaire de même. »

La mort de la fillette de sept ans avait causé une onde de choc à travers le Québec et braqué les projecteurs sur la Direction de la protection de la jeunesse. Une Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a d’ailleurs récemment été ordonnée par le gouvernement du Québec.

Une cinquantaine de curieux et journalistes ont rempli la salle d’audience pour l’enquête sur remise en liberté du père qui s’amorçait jeudi au palais de justice de Granby.