« On a la conviction que la mort de la victime a été causée par l’homme et la femme », a dit Me Laurence Bélanger, procureure à la Couronne.

Fillette trouvée morte à Granby: la belle-mère accusée de meurtre

La belle-mère de la fillette trouvée morte à Granby, le 29 avril, fait maintenant face à une accusation de meurtre non prémédité.

La Couronne en a fait l’annonce alors que le dossier de la femme, qui a eu 36 ans vendredi, revenait devant la cour afin de déterminer si elle souhaite toujours être remise en liberté en attendant son procès. Cette étape a été reportée en août.

Une nouvelle accusation, cette fois-ci de négligence criminelle, a également été déposée contre le coaccusé dans cette affaire, le père de la victime. 

Le couple n’a pas affiché de réaction durant sa brève comparution devant le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec. Comme à son habitude, la femme a dissimulé son visage derrière ses longs cheveux noirs.

Le juge Champoux a rappelé aux accusés qu’il leur est interdit de communiquer ensemble ou avec leurs enfants. Autant les médias que le public sont aussi tenus de respecter l’ordonnance de non-publication rendue par le tribunal, a répété le magistrat. Elle concerne l’identité de la victime, des accusés et d’éventuels témoins.

« Ça comprend internet et tous les médias de communication, a averti le juge Champoux. Les gens qui contreviennent à cette ordonnance s’exposent à des poursuites criminelles. »

Il avait refusé, la semaine dernière, que le père soit remis en liberté, évoquant entre autres l’impact qu’une telle décision aurait pu avoir sur le public.

La preuve déposée à ce stade-ci est « accablante », a-t-il dit, et l’accusé, représenté par Me Martin Latour, encoure une longue peine de prison.

Conviction

Les accusations déposées vendredi s’ajoutent à celles, déjà existantes, de séquestration pour les deux accusés, de voies de fait graves pour la belle-mère ainsi que d’abandon d’enfant et d’omission de fournir les choses nécessaires à la vie pour le père.

« On a la conviction que la mort de la victime a été causée par l’homme et la femme », a dit Me Laurence Bélanger, procureure à la Couronne, à sa sortie de la salle d’audience du palais de justice de Granby, achalandé comme à chaque étape judiciaire dans ce dossier.

La poursuite attendait le rapport d’autopsie avant de déposer de nouvelles accusations ; le document lui est parvenu « récemment ».

« On a reçu beaucoup de preuves et on n’aurait pas porté d’accusations si on ne considérait pas avoir un bon dossier », a dit Me Bélanger.

Le dépôt d’autres accusations n’est pas exclu « mais nous considérons que nous avons un dossier complet », a dit la procureure lors d’une entrevue en anglais. Me Bélanger n’a pas donné d’autres précisions concernant le rapport d’autopsie, soulignant qu’il s’agit d’un « élément de preuve extrêmement important » qui sera utilisé lors du procès.

Réflexion

Elle a ajouté que puisque les deux accusés s’exposent désormais à des peines de prison à vie, la Couronne est « en réflexion » quant à savoir si elle conserve l’accusation de séquestration contre la belle-mère.

Le fardeau est aussi inversé si l’accusée, représentée par Me Rachel Bernatchez, souhaite toujours demander d’être remise en liberté, compte tenu de l’accusation de meurtre au 2e degré. 

« Elle doit démontrer que ce n’est pas nécessaire qu’elle soit détenue », a dit Me Bélanger. Son dossier sera également transféré en Cour supérieure.

Ceux des deux accusés ont été reportés, pour la forme, au 27 août.

La mort de la fillette de sept ans avait causé une onde de choc à travers le Québec et braqué les projecteurs sur le fonctionnement de la Direction de la protection de la jeunesse.

Une Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a depuis été ordonnée par le gouvernement Legault, ainsi qu’une enquête publique du coroner.