Le palais de justice de Gatineau

Faillite et entourloupe sino-canadienne à Gatineau

C’est l’histoire d’une Chinoise qui reçoit par erreur 130 000 $, et qui dépense tout, avant de demander une libération complète de sa faillite au Canada.

Une Chinoise résidant au Canada a tenté, en vain, d’avoir l’aval de la Cour supérieure dans cette affaire, au palais de justice de Gatineau.

La femme s’est adressée au juge Pierre Dallaire, dans l’espoir d’être libérée d’une faillite découlant d’un comportement financier pour le moins douteux.

Avant de déclarer faillite, Feng Qiong Zhou, étudiante en gestion des soins de santé, s’était déjà endettée de 28 000 $ avec des prêts étudiants.

Elle a ensuite emprunté 100 000 $ supplémentaires à la Banque Nationale, pour faire différents placements financiers, via la société London Life.

Insatisfaite des frais de gestion de la société de placements, madame a demandé à la London Life de récupérer sa mise.

La société de placements lui a envoyé — par erreur — un chèque de 130 731,20 $.

Dans la décision de la Cour supérieure, on lit que la London Life aurait d’abord dû rembourser à la Banque Nationale le montant emprunté, et envoyer ensuite le montant résiduel de l’investissement à Mme Zhou.

La banque a entrepris des démarches légales pour récupérer le prêt de 100 000 $, « mais il était déjà trop tard ».

Dépenses

Mme Zhou a dépensé les 130 000 $ en moins d’un mois.

« Madame témoigne qu’elle croyait qu’il s’agissait d’un montant compensatoire pour les mauvais services fournis par la London Life, et que l’ensemble du montant était le sien », écrit le juge Dallaire.

« Cela frappe l’imagination, écrit le juge Dallaire, qu’elle puisse croire sérieusement que la London Life lui verse un montant de 100 000 $ en dommages pour son ‘mauvais travail’, directement dans son compte. »

Mme Zhou a d’abord remboursé son prêt étudiant de 28 000 $, et envoyé environ 45 000 $ en Chine, afin de rembourser les frais médicaux de son père et de sa mère, ainsi qu’un prêt de son frère.

Mme Zhou a de plus investi 35 000 $ auprès d’un brumeux individu nommé Jean Pelletier, un individu qu’elle a qualifié de « conjoint » devant le registraire des faillites, mais qu’elle a décrit comme étant un « escroc » devant la Cour supérieure.

Faillite

Le registraire des faillites lui a finalement ordonné de payer 40 000 $ aux créanciers.

La femme s’est ensuite adressée à la Cour supérieure, dans l’espoir d’être complètement absoute de sa faillite, sans verser les 40 000 $.

Son seul argument était que les 130 000 $ lui étaient dus.

Le juge Dallaire a rejeté la demande de Mme Zhou, ajoutant que cette dilapidation effrénée relevait de « l’aveuglement volontaire ».

« Il est évident que (Mme Zhou) ne semble pas intéressée à se trouver un emploi pour payer ses dettes (...). Il faut dire qu’il s’agit d’une femme très brillante, bien éduquée, très articulée et charmante, qui n’aurait aucune difficulté à se trouver un travail si elle décidait d’en faire une priorité, d’autant plus qu’elle a des diplômes en gestion de la santé en Chine et au Canada. »

Le juge a réitéré la décision du registraire des faillites.

Dans une note de bas de page, le tribunal indique qu’elle considère plus important de lutter pour la démocratie en Chine que de se trouver un emploi et de gagner un salaire au Canada.