Dans l'ordre, Philippe Morin, chef de la direction d’EXFO, Abby Benamar, chef de la direction d’Astellia et Germain Lamonde, fondateur et président exécutif d’EXFO.

EXFO complète l'acquisition d'Astellia: d'un seul employé à plus de 2000 aujourd'hui

Joint à Barcelone où il assiste au Mobile World Congress, le plus important rassemblement dans l’industrie du mobile sur la planète, Germain Lamonde n’a pu s’empêcher de rappeler, en cours d’entrevue avec Le Soleil, qu’il avait fondé EXFO, seul, dans son appartement il y aura bientôt 33 ans. Avec l’acquisition d’Astellia, son entreprise rassemble aujourd’hui un peu plus de 2000 employés.

L’ingénieur-entrepreneur n’est pas peu fier de sa dernière transaction, la quatrième réalisée au cours des 18 derniers mois.

Une affaire de près de 40 millions $. L’une des plus importantes de l’histoire d’EXFO.

Une première aussi puisque l’entreprise de Québec spécialisée dans les équipements de tests et de mesure pour la fibre optique met le grappin sur une société cotée en Bourse. En effet, les actions d’Astellia (EURONEXT: ALAST) sont transigées à la principale place boursière de la zone euro. En raison de la transaction, le titre d’Astellia a été gelé. La valeur de l’action affichait 15,48 $.

EXFO a annoncé, mercredi, qu’elle détenait maintenant 97,44 % du capital et au moins 95,07 % des droits de vote d’Astellia, une société publique française spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de matériels et de logiciels dédiés à la gestion de la qualité de service et de la performance des réseaux des opérateurs de téléphonie mobile.

En d’autres mots, l’entreprise de Québec sera bientôt l’unique actionnaire d’Astellia, une entreprise dont le chiffre d’affaires est d’environ 60 millions $US, soit le quart de celui d’EXFO (243,3 millions $US en 2017) et qui fait travailler plus de 1600 personnes dans 25 pays. Basée à Rennes et possédant des installations à Valence en Espagne, Astellia compte plus de 400 personnes et 120 clients, principalement en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

  «Étant donné que les actionnaires minoritaires ne détiennent pas plus de 5 % du capital ou des droits de vote d’Astellia, EXFO entend lancer un retrait obligatoire des derniers actionnaires afin de radier Astellia de la cote de la Bourse Euronext», a fait savoir la compagnie québécoise dans un communiqué de presse.

La pédale douce sur les acquisitions

Au Soleil, Germain Lamonde parle d’une «grande étape» pour EXFO. Une transaction qui permet à son entreprise d’entrer dans les «ligues majeures» comme fournisseur de systèmes de surveillance de réseaux mobiles.

«Déjà, nous sommes les premiers au monde pour les tests de fibre optique», insiste le fondateur et président exécutif du conseil d’administration d’EXFO.

Et les défis qui attendent l’industrie des télécommunications notamment avec le développement de l’Internet des objets et des communications sans fil, l’accélération des services mobiles et la demande croissante de bande passante apportent leur lot d’opportunités d’affaires. «En conjuguant notre envergure, nos parts du marché mondial, nos technologies, nos services professionnels et notre expertise de la technologie mobile, nous sommes très bien positionnés pour le prochain cycle d’investissement des opérateurs de réseaux mobiles», fait valoir Germain Lamonde.

Rappelons que dans le cadre d’un «rapprochement industriel amical», EXFO avait annoncé, à la fin du mois d’août dernier, l’acquisition de 33,1 % du capital d’Astellia et son intention de déposer une offre d’achat pour acquérir le solde du capital. Avant de déclencher l’offre publique d’achat auprès des actionnaires d’Astellia, EXFO devait cependant attendre d’obtenir le feu vert des autorités françaises en matière de contrôle des investissements étrangers en France et de l’Autorité des marchés financiers.

Au cours des 12 à 18 prochains mois, EXFO entend ralentir la cadence au chapitre des acquisitions. Le temps de digérer celles réalisées au cours des derniers mois et de profiter des synergies apportées par chacune d’entre elles.

«Notre appétit pour la croissance organique et non organique demeure très important. Par contre, nous allons prendre une pause en ce qui a trait aux acquisitions.»

À la Bourse de Toronto, l’action d’EXFO (TSX: EXF) valait, hier en fin de journée, 5,65 $ en baisse de 3 ¢.