Voici cinq des sept étudiantes sages-femmes lors de la journée La planète s’invite à l’université. De gauche à droite, Léa Rancourt, Anabel Gravel Chabot, Marylène Dussaut, Margaux Cassivi et Alice Berthe.

Examen manqué pour manifester: des étudiantes sages-femmes mettent en demeure l’UQTR

Trois-Rivières — Sept étudiantes sages-femmes ont fait parvenir une mise en demeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières afin d’obtenir le droit de reprendre un examen qui se tenait le 15 mars, lors de la marche pour le climat. Les jeunes femmes ont choisi de prendre part à la grève étudiante qui avait été votée pour joindre le mouvement La planète s’invite à l’université bien que l’UQTR ait refusé de lever les cours. Résultat: elles ont maintenant un échec qui les empêche d’accéder à leur dernière année d’étude.

Les étudiantes de troisième année comprennent mal l’intransigeance de l’université. «Le jour de la grève, on a demandé à l’UQTR une reprise d’examen parce qu’on avait fait le choix d’exercer notre droit de grève à la suite de la décision qui avait été votée démocratiquement par l’Association générale des étudiants de l’UQTR, ce à quoi, on nous a répondu qu’on avait un échec. Ce jour-là, l’examen comptait pour 70% de la note, et un échec, dans notre programme, ça équivaut à retarder notre graduation d’un an», déplore Alice Berthe, une des sept étudiantes.

Les répercussions sont démesurées sur le plan financier pour les étudiantes ainsi que pour la population, selon la jeune femme. «C’est quand même une année de plus dans notre cursus et une année de salaire en moins en tant que sages-femmes, en plus des frais de scolarité à repayer. Mais il y a aussi des conséquences pour la population, parce que sept sages-femmes en moins c’est quand même 280 familles de moins qui vont avoir accès à ce service alors qu’on est en ce moment, dans un contexte de grave pénurie de sages-femmes.»

Selon cette dernière, toutes les graduées dans ce domaine obtiennent un poste. «On a besoin de sages-femmes en ce moment dans les Maisons de naissance. Donc, c’est tout le réseau qu’on fragilise en ne nous permettant pas de passer notre examen comme on le demande.»

Si huit étudiantes ont choisi de se présenter à l’examen, Mme Berthe et ses six autres consoeurs de classe ont plutôt décidé de respecter le mandat de grève «par souci démocratique». Un souci qui n’est vraisemblablement pas partagé par l’université, déplore-t-elle. «C’est assez surprenant de refuser à des étudiantes de faire une reprise d’examen et de ne pas respecter une décision qui a été prise en assemblée générale, c’est finalement ne pas reconnaître les pouvoirs d’une association étudiantes et ne pas reconnaître la démocratie.»

Les sept étudiantes ont manifesté pour le climat à l’UQTR le 15 mars parce que c’est une cause qui leur tient à coeur. «C’est très important, surtout qu’en tant que sages-femmes, on vient supporter la vie. Sans une planète en santé, on n’a pas de bébés en santé. On a l’impression qu’on est en première ligne de ses enjeux environnementaux en tant qu’étudiantes sages-femmes et futures sages-femmes.»

Après avoir appris qu’elles ne pouvaient pas reprendre leur examen, elles ont rencontré différentes instances de l’UQTR dont le doyen. Selon elles, il existe des circonstances qui permettent de reporter un examen, mais l’UQTR a refusé de collaborer. Devant son refus d’acquiescer à leur demande, elles ont donc choisi d’intenter des recours légaux. De plus, elles ont lancé un appel à la mobilisation. Elles suggèrent de télécharger et signer une lettre ainsi que de la faire parvenir par courriel aux trois personnes de l’UQTR concernées par leur demande.

La lettre est disponible sur la page Facebook de l’Association des étudiantes sages-femmes du Québec. «Cet échec entraînera le retard de leur graduation d’un an s’il n’est pas rétracté. Ceci est inacceptable vu la pénurie de main-d’oeuvre en pratique sage-femme!», déplore l’Association.

Une pétition est aussi disponible sur cette page. «Il y a une pétition qui circule en ce moment, et on a récolté en quelques heures des centaines de signatures. Donc, on a vraiment un très bel appui de la population, du regroupement sages-femmes et des associations étudiantes. On a vraiment un appui de toute la population», se réjouit Mme Berthe.

Le porte-parole de l’UQTR, Jean-François Hinse, a mentionné que la mise en demeure était en train d’être analysée, mais que l’université n’émettrait pas de commentaires sur le sujet.