Jonathan Bisson, Nancy Houle et leurs enfants Jacob et Loan aimeraient bien pouvoir effectuer les travaux de stabilisation du terrain afin de retourner dans leur maison, mais les soumissions ne cessent de gonfler depuis un an, si bien que l’aide gouvernementale ne suffit plus.

Évacués depuis un an, ils sont de retour à la case départ

Sainte-Geneviève-de-Batiscan — Pratiquement un an jour pour jour après avoir été évacués en urgence de leur maison de Sainte-Geneviève-de-Batiscan en raison d’un glissement de terrain, Nancy Houle et Jonathan Bisson se retrouvent malheureusement au point de départ.
La résidence de la famille (encerclée sur la photo) est la seule du rang des Lahaie qui se retrouve en zone critique de ce glissement de terrain.

Le couple et ses deux enfants qui multiplient les démarches depuis le printemps pour pouvoir faire stabiliser le terrain ont récemment reçu une nouvelle tuile sur la tête, avec des soumissions qui ne cessent de gonfler et qui dépassent largement l’aide financière gouvernementale fournie.

Désormais confronté au choix déchirant de faire démolir cette maison retapée de leurs mains, le couple espère être entendu pour voir l’aide gouvernementale être bonifiée et leur permettre de demeurer dans leur résidence, au même titre que ce qui a été consenti aux victimes des inondations du printemps dernier.

C’est que lorsqu’ils ont acheté la maison, il y a douze ans, le certificat de localisation mentionnait bien que la maison ne se trouvait pas dans une zone à risque. Rien ne pouvait donc laisser croire à la famille qu’une telle situation pouvait se produire. 

«Ce qui semble un peu injuste, c’est de voir que l’aide financière pour les sinistrés des inondations a pu être bonifiée, alors que la plupart habitaient en zone inondable et qu’ils vont continuer de vivre en zone inondable par la suite. Si nous avions acheté en connaissance de cause, je ne dirais pas, mais ce n’est pas le cas», constate Jonathan Bisson.

Le 25 novembre 2016, la famille a été évacuée, car la maison était à risque. Trois options leur ont alors été proposées, soit la stabilisation du terrain, le déplacement de la maison ou la démolition et le déménagement. Pour toutes ces options, une aide financière de 158 000 $ était disponible.

Au printemps, les premières soumissions pour la stabilisation du terrain ont été réalisées, et se chiffraient à 108 000 $, ce qui a entraîné un immense soupir de soulagement pour la famille. Or, alors que les travaux devaient se dérouler à l’été, le couple n’a eu aucun signe de vie de la part des ingénieurs, très occupés par les inondations du printemps. Ils ont alors relancé tant les ingénieurs que les entrepreneurs. De nouvelles estimations ont par la suite été fournies avec des données manquantes, si bien que les travaux sont passés à 186 000 $, puis à 207 000 $ la semaine dernière. 

«Il faudrait qu’on ajoute 50 000 $ de notre poche pour faire stabiliser le terrain, ce qui ne donnera aucune valeur à la maison. C’est énorme. Nous sommes vraiment déchirés entre le cœur et la logique», constate Jonathan Bisson, qui espère maintenant un miracle pour lui permettre de rester dans cette maison, qu’il considère comme étant bien plus que du matériel. 

«On a choisi un milieu de vie en venant ici. Un grand terrain, de la place, des voisins en or, la proximité de mon travail. Et on a mis tellement de temps pour la mettre à notre goût. C’est un projet de vie», confie-t-il.

Du même coup, si l’aide gouvernementale n’est pas bonifiée et que le couple doit se résoudre à démolir la maison, il aimerait pouvoir continuer de demeurer à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. 

«On espère pouvoir trouver un terrain où se rebâtir, mais il n’y a pas grand-chose de disponible. Si quelqu’un avait une solution pour nous, une perle rare cachée quelque part, nous serions acheteurs», mentionne Jonathan.

Député

Appelé à réagir à cette histoire, le député de Champlain Pierre-Michel Auger a indiqué avoir suivi le dossier de près et se dit sensible à la réalité de cette famille. «Je comprends très bien leur réaction et j’aurais probablement la même si j’étais à leur place. Ce n’est vraiment pas évident», mentionne-t-il.

Toutefois, il semble difficile pour le gouvernement de bonifier l’aide financière prévue dans de pareilles circonstances. 

«Les glissements de terrain et les inondations, ce n’est pas la même chose. Ce sont deux décrets complètement différents, et le processus pour faire changer un décret n’est pas simple», avance M. Auger, qui a tout de même tenu à téléphoner à la famille mercredi après-midi, après leur sortie dans les médias, afin de repasser en revue les éléments du dossier avec eux.