Les prix de l’essence varient d’une région à l’autre au Québec. Les automobilistes ont avantage à magasiner avant de faire le plein.

Essence: un « cadeau » pour les Fêtes?

Assisterons-nous à une hausse spectaculaire du prix de l’essence juste avant le temps des Fêtes, alors que des milliers de Québécois s’apprêtent à prendre la route pour se rendre chez la parenté?

Les indicateurs ne vont pas dans ce sens, mais on sait par expérience que les surprises dans cette industrie ne sont pas à exclure.

Dans la plupart des régions couvertes par le Groupe Capitales Médias (GCM), les prix affichés à la pompe se collent à ceux estimés par le CAA-Québec. Les écarts avec le « prix réaliste » n’indiquent pas qu’une hausse soudaine nous guette.

« Nous n’avons pas de boule de cristal, mais nous ne prévoyons pas de forte hausse au cours des prochains jours », mentionne Annie Gauthier porte-parole de l’organisme.

« Le marché du pétrole est en bourse et c’est une période habituellement tranquille pour les marchés boursiers. Ce n’est pas une coutume de voir les prix grimper juste avant ou pendant le temps des Fêtes. »

La croyance populaire voulant que les pétrolières profitent des grands congés pour hausser les prix du carburant relève plus de la légende urbaine. « C’est déjà arrivé, mais ça n’arrive pas tout le temps, dit Mme Gauthier. Il faut dire aussi que la demande est plus forte dans ce temps de l’année. »

« Il est certain que ça retient plus l’attention quand une augmentation importante survient juste avant que les gens partent en vacances ou pour un long congé. Les gens le retiennent plus. Ce sont les marges au détail qui permettent de faire grimper ou baisser les prix. »

Variations

Les automobilistes qui voyageront à travers le Québec auront avantage à magasiner leur essence, les prix variant d’une région à l’autre.

Lundi matin, les prix variaient entre 1,13 $ et 1,18 $ le litre dans les grands centres urbains couverts par GCM. C’est dans la région de Québec qu’on retrouvait le prix le plus bas. À l’autre bout de la 175, c’est là que l’essence se vend le plus près du 1,20 $.

Les secteurs où un Costco est établi jouissent souvent de prix plus fluctuant. Par exemple, les pompes du magasin grande surface de Québec et Lévis affichent 1,09 $.

De plus, les régions frontalières continuent d’offrir les meilleurs prix, jouissant d’exemption de certaines taxes pour permettre aux stations-service d’être compétitives avec celles de l’autre côté de la frontière.

L’écart est appréciable dans le secteur urbain de Gatineau, où le prix affiché est de 1,15 $, alors que celui chez la voisine ontarienne Ottawa est à 1,10 $ et 1,03 $. Mais une fois rendu à Cornwall, dans l’Est ontarien, on payera 1,02 $ le litre.

En Estrie, où on observe le même phénomène en raison de la proximité avec les lignes américaines, l’écart est aussi prononcé. À Stanstead, on vend le litre de carburant ordinaire à 1,05 $, soit 12 cents de moins qu’à Sherbrooke ou Magog.

Pas surprenant que bien des Estriens s’y rendent pour acheter leur essence.

Recommandations

Annie Gauthier du CAA y va de quelques recommandations afin de pouvoir déjouer les fluctuations des prix. « L’essence est un bien de consommation au même type que les autres. Par exemple, quand au supermarché le prix d’un légume devient plus cher, on n’en achète pas ou moins. C’est un peu comme ça qu’on doit faire à la pompe », explique-t-elle.

« On n’est pas obligé de faire le plein tout le temps. On peut en prendre seulement pour sa consommation des prochains jours et y retourner plus tard. Quand on voyage, on peut faire le plein dans les régions offrant les meilleurs prix. »
Le site « Info-essence » du CAA-Québec aide à identifier les meilleurs prix dans la province, mentionne-t-elle.

La porte-parole propose aussi aux automobilistes de conduire de façon à consommer moins d’essence. Par exemple, il ne sert à rien d’accélérer au feu vert quand, au prochain coin de rue, le feu de circulation est sur le point de virer au jaune, donc bientôt au rouge et qu’il faudra freiner.

« Il faut que les gens réapprennent à consommer. Les accélérations font consommer beaucoup d’essence. Les gens ont aussi avantage à optimiser leurs déplacements en regroupant leurs courses », souligne-t-elle.

Les États-Unis raflent des consommateurs de Stanstead

Les Stansteadois qui traversent la frontière américaine pour faire le plein ne sont pas rares. Située directement sur les lignes canado-américaines, Stanstead se fait voler beaucoup de clients par les États-Unis.

C’est le cas de Shawn Bronson, qui achète l’essence pour sa camionnette chez les voisins américains. « Même avec le taux de change, j’économise entre 20 et 25 $ par plein. Maintenant, on voit un taux de change qui avoisine les 30 %, donc j’y vais régulièrement », affirme-t-il.

Thérèse Gaulin, une citoyenne de Stanstead, fait toujours le plein dans sa ville. « Je ne vais jamais aux États-Unis. Je n’encourage pas les Américains », mentionne-t-elle.

Par contre, les touristes passent souvent mettre de l’essence dans la Ville de Stanstead. « J’ai beaucoup d’amis qui mettent leur essence ici lorsqu’ils viennent nous visiter, poursuit M. Bronson. C’est quand même 12 sous de moins ici qu’à Sherbrooke ou à Magog. Beaucoup de gars qui travaillent pour moi habitent dans le coin de Coaticook et viennent ici pour mettre de l’essence. »

À l’approche du temps des fêtes, les consommateurs ne se préoccupent pas trop d’une possible hausse du coût de l’essence. « Le prix baissait dans les dernières semaines, analyse M. Bronson. On a toujours le 12 sous de différence, donc c’est avantageux pour les gens de faire le plein ici. »

À Sherbrooke, les gens qui font un grand détour pour faire des réserves d’essence sont rares. Joseph Langlois n’est pas prêt à faire une quarantaine de minutes pour passer à la pompe.

« Si je vais à Montréal, je connais une place où l’essence est toujours un ou deux sous de moins le litre. Par contre, faire une heure et demie pour sauver quelques dollars, ça ne vaut pas la peine, sauf si tu as un gros camion », résume-t-il.  - Tommy Brochu

Le prix de l’essence était à 1,06 $ le litre à Stanstead, lundi après-midi. Pendant ce temps, à Sherbrooke, le prix à la pompe était de 1,17.