Il y a quelques semaines, on apprenait qu'Éric Caire et son ex-conjointe avaient reçu en 2017 un prêt de 55 000$ du maire de L’Ancienne Lorette, une municipalité située dans sa circonscription.

Éric Caire dit faire «totalement confiance» à la Commissaire à l’éthique

Éric Caire a dit jeudi faire «totalement confiance» au travail de la Commissaire à l’éthique, à qui il offre son «entière collaboration» à la suite de la plainte déposée mardi par le ministre de l’Emploi et député de Charlesbourg, François Blais, selon qui le député de La Peltrie s’est placé en situation de conflit d’intérêts lors de l’étude de crédits de son ministère, en mai 2017.

«Je fais totalement confiance à  la commissaire à l’éthique. Je n’ai jamais, moi, remis en doute son jugement, et je n’ai pas l’intention de commencer aujourd’hui, donc je m’en remets à elle», a déclaré Éric Caire en marge d’un point de presse au cours duquel il a annoncé qu’un gouvernement de la CAQ offrira aux vétérans une plaque d’immatriculation portant la mention «vétéran», comme il y en a partout au Canada.

Dans sa plainte à la Commissaire à l’éthique, dont La Presse canadienne a obtenu copie, le ministre Blais allègue que le député caquiste s’est placé en situation de conflit d’intérêts lors de l’étude des crédits de son ministère pour le volet Capitale-Nationale, en mai 2017, alors qu’était abordée la question des projets routiers pour la région. 

Il y a quelques semaines, on apprenait que M. Caire et son ex-conjointe avaient reçu en 2017 un prêt de 55 000$ du maire de L’Ancienne Lorette, une municipalité située dans sa circonscription.

François Blais rappelle dans sa plainte que lors de l’étude des crédits en question, M. Caire, qui est reconnu «pour être en faveur des élargissements et prolongements d’autoroutes dans la région de Québec», s’est pourtant opposé farouchement au projet sur la table de prolonger l’autoroute 40 vers l’ouest. Or on sait que le maire Émile Loranger s’oppose lui aussi à ce projet, qui touche sa municipalité.

M. Blais se demande dans quelle mesure M. Caire a agi en toute transparence et en toute indépendance durant l’étude des crédits, étant redevable financièrement au maire Loranger.

«J’ai des motifs raisonnables de croire qu’au cours de la période couvrant la durée de ce prêt, le député de la Peltrie pourrait avoir enfreint certaines dispositions du Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale en négligeant de déclarer son conflit d’intérêts lors des débats en commission parlementaire», écrit M. Blais dans sa lettre à la Commissaire à l’éthique.

Coup de fil à Loranger?

Le ministre de l’Emploi et député de Charlesbourg dit aussi avoir eu «la forte impression» que lorsque M. Caire s’absentait des travaux pour faire des appels téléphoniques, il communiquait avec le maire Loranger pour ajuster ses prises de position sur le réseau routier régional aux siennes. 

Le député caquiste a assuré jeudi que non, il n’allait pas téléphoner à Émile Loranger lorsqu’il sortait de l’étude des crédits. Aussi s’est-il dit prêt à fournir ses registres d’appel à la Commissaire à l’éthique et «tout ce qu’elle jugera bon de me demander».

Éric Caire a justifié son opposition au projet de prolongement de l’autoroute 40 vers l’ouest par le fait qu’«il y a deux études consécutives qui ont conclu que ce n’était pas un bon projet, qu’il ne fallait pas aller de l’avant». «Tout le monde sait que ce projet-là n’est pas viable», a-t-il dit.

Quant au fameux prêt de 55 000$, le député de La Peltrie estime qu’en ce qui le concerne, «la lumière a été faite». «J’ai été transparent, j’ai tout mis sur la table. On est entré dans ma vie, et c’était correct, ça faisait partie de l’exercice de transparence», a-t-il dit.

M. Caire a souligné au passage que «depuis le début, on m’accuse, et c’est à moi de faire la démonstration que les accusations sont non fondées, alors que dans notre système de justice, c’est plutôt à celui qui accuse de faire la démonstration que ces accusations sont fondées». «Là, on inverse le fardeau de la preuve», a-t-il déploré, tout en réitérant sa confiance au professionnalisme et à l’impartialité de la Commissaire à l’éthique.