Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin
Le maire de Québec, Régis Labeaume, et le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Entente fédérale-provinciale sur le logement: «On ne sait pas ce qui se passe»

Les maires des grandes villes du Québec sont sortis décontenancés de leur rencontre avec le premier ministre du Canada, jeudi, à Ottawa. Tapant du pied depuis plus d’un an pour qu’Ottawa et Québec signent l’entente sur le financement en logement, les maires ont affirmé au Droit n’avoir toujours aucune idée de ce qui empêche les deux ordres de gouvernement de passer à l’action.

« On ne sait pas ce qui se passe, a lancé le maire de Québec, Régis Labeaume, en marge du caucus des maires des grandes villes de la Fédération canadienne des municipalités (FCM). On sait exactement ce qu’on va faire quand l’argent arrivera, on fera plus de logements sociaux, mais actuellement, j’avoue que c’est un peu confus toute cette discussion entre les deux gouvernements. On ne peut même pas dire qui est le coupable, on ne sait pas ce qui se passe. »

Les maires de Gatineau et de Québec, Maxime Pedneaud-Jobin et Régis Labeaume, en compagnie de la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, et du maire de Laval, Marc Demers.

Alors que les grandes villes de la province affichent les taux d’inoccupation les plus bas depuis de nombreuses années et que les besoins ne cessent de croître sur le terrain, une somme de 1,5 milliard $ continue de dormir dans les coffres à Ottawa. Québec qui tient à ce que ses compétences exclusives en la matière soient respectées est à ce jour la seule province à ne pas encore s’être entendue avec le fédéral.

« On attend depuis deux ans que ça se règle, rappelle la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent. On ne veut pas s’immiscer dans un problème administratif, mais il faut que ça se règle. On parle de citoyens qui ont besoin de logements et qui sont présentement pris en otage par cette situation-là. »


« Québec nous dit de parler à Ottawa et Ottawa nous dit de parler à Québec. Je ne sais pas lequel des deux gouvernements veut changer quoi, mais ce que ça prend c’est juste de l’argent, et l’argent est là. C’est plus que de l’impatience. »
Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a multiplié les approches tant au fédéral qu’au provincial pour que l’argent puisse finalement descendre dans les villes ne cache plus son impatience. 

Il rappelle que le programme en place au Québec, Accès Logis, fonctionne bien. 

« Québec nous dit de parler à Ottawa et Ottawa nous dit de parler à Québec, a-t-il lancé. Je ne sais pas lequel des deux gouvernements veut changer quoi, mais ce que ça prend c’est juste de l’argent, et l’argent est là. C’est plus que de l’impatience. On parle de vrai monde qui a besoin d’aide. On vit une crise du logement extrêmement importante, en particulier pour les plus démunis. On revient à la charge pour dire aux gouvernements : entendez-vous. »

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le maire d'Ottawa, Jim Watson

La Ville de Montréal, dont la stratégie est de construire 12 000 logements sociaux, affirme aujourd’hui être à « court de ressources » pour réaliser l’entièreté du plan. « Tout le monde est prêt à avancer, mais les ressources financières manquent, a insisté la mairesse Valérie Plante. Les gouvernements doivent s’asseoir et trouver une issue, c’est absolument nécessaire, c’est vital pour Montréal, mais aussi pour d’autres villes comme Gatineau qui affichent des taux d’inoccupation très bas. Les besoins au Québec sont tellement criants, je ne pense pas qu’on peut se permettre de se relancer la balle. Ce sont des vraies gens, des vraies personnes. On a 25 000 ménages sur une liste d’attente à Montréal. Ils s’en fichent pas mal de la chicane, ils veulent une solution. »

Tous voient poindre à l’horizon juillet 2020 avec une réelle appréhension. 

Le maire de Laval, Marc Demers, affirme qu’il ne sert à rien de trouver un coupable dans cette affaire. « Mais on ne peut pas juste constater les dommages de l’inertie sans se prononcer et sans agir, a-t-il dit. On ne sait pas ce qui se passe, mais on constate les effets sur le terrain. On voit les gens qui sont mal pris. On ne demande pas d’argent supplémentaire, l’argent est là. Il faut que ça se règle. »