Pierre-Philippe et Émilie Lessard participeront aux Mondiaux de BMX en Belgique, du 23 au 28 juillet, tandis qu’Antoine et Anick Vézina suivront la compétition de la maison.

En Belgique grâce au BMX: la passion de la famille Vézina-Lessard [VIDÉO]

À la maison, le BMX est une véritable affaire de famille. Quelques heures après l’entrevue au club QSA du campus Notre-Dame-de-Foy, jeudi, le père et sa fille s’envolaient pour Zolder, en Belgique, afin de participer aux Championnats mondiaux de la discipline.

Lorsqu’ils ont commencé à pratiquer le BMX, Pierre-Philippe Lessard et Anick Vézina, de Lévis, ne pensaient vraiment pas que cette discipline allait devenir un tel coup de cœur familial. Aujourd’hui, ça occupe tout leur temps libre. «Nos vacances y passent», dit Pierre-Philippe Lessard, qui est aussi l’entraîneur de sa conjointe et de sa fillette de 10 ans, championne canadienne en 2018.

«Je suis aussi championne québécoise», rappelle-t-elle en souriant à son père, qui faisait état des résultats d’Émilie, qui l’accompagne dans ce voyage.

Et tout le clan est excité, y compris la maman, qui suivra la compétition à distance, le cœur battant au même rythme que les deux autres. À 4 ans, fiston Antoine roule sur son vélo trotteur sans trop s’en faire.

«De voir partir sa fille pour les Mondiaux, c’est un élément de fierté, mais aussi un peu de stress. Je sais qu’elle va pousser la machine un petit peu plus qu’à l’habitude, et quand on pousse plus fort, il peut y avoir de petits accidents. La maman sera stressée, mais aussi extrêmement fière de sa grande», confie Anick, qui n’avait pas pu se qualifier pour les Mondiaux en raison d’une fracture à la cheville, l’an passé.

Au cours des dernières semaines, Anick et Émilie ont couru l’une contre l’autre dans une épreuve de la Coupe du Québec. Surclassée chez les 17 ans et plus, la jeune fille a battu sa mère, qui ne lui a pourtant pas fait de cadeau.

«J’avais dit à Anick, méfie-toi de ta fille, je pense qu’elle peut passer devant. Elle m’avait dit : un jour oui, mais pas tout de suite. J’ai dit à Émilie que la prochaine étape était de battre son père», raconte celui-ci avec le sourire.

«La maman n’a pas donné de chance à sa fille, j’ai même dépassé mes limites au point de perdre pied et passer proche de tomber. C’est avec tout honneur qu’elle a battu sa mère. Je trouve ça impressionnant de la voir aller, surtout lorsqu’on sait comment tout a commencé. À 5 ans, on voulait la faire bouger, ce n’était pas obligatoire qu’elle soit une athlète dans la vie. Elle nous surprend de vouloir se dépasser comme ça, et maintenant, c’est elle qui nous entraîne dans les coupes du Québec, car on en ferait sûrement moins, sinon.»

Coup de foudre

À l’époque où Pierre-Philippe et Anick construisaient des petits sauts, ils ont entendu parler du club de BMX. Ils s’y sont inscrits, et dès leur première course, ce fut le coup de foudre.

«On s’est fait prendre au jeu. On a commencé avant même qu’Émilie en fasse. On venait se pratiquer ici, le soir, Émilie était encore bébé. On alternait en piste, on s’échangeait le vélo et la poussette, les enfants sont un peu nés là-dedans. Aujourd’hui, ça complique un peu moins les choses que toute la famille pratique le BMX», ajoute l’enseignante qui était aussi coach des plus petits, l’an passé.

Entraîneur du groupe d’adultes au club QSA (Québec–Saint-Augustin), Pierre-Philippe est un homme et père comblé puisqu’il entraîne aussi sa femme et sa fille.

«Ça fait mon bonheur qu’Émilie ait suffisamment d’intérêt pour essayer de se développer, on passe beaucoup d’heures en piste ensemble. Au début, je l’amenais au BMX, et à un moment donné, elle m’avait fait savoir qu’elle n’aimait pas ça. J’ai arrêté de l’amener et elle s’est rendu compte que ça lui manquait. Depuis, elle ne veut plus rater une course…»

À 10 ans, Émilie prend le BMX au sérieux. En sachant qu’elle s’en allait en Belgique, elle a développé son propre petit programme d’entraînement.

Sept jours sur sept sur son vélo

«J’aime vraiment le BMX, je veux en faire jusqu’à ce que je ne puisse plus en faire. J’aimerais devenir comme mon idole, Mariana Pajon [Colmbienne], qui a gagné deux fois aux Jeux olympiques. Je regarde des BMX inspirations, je passe sept jours sur sept sur mon vélo», a ajouté la demoiselle qui voudrait courir contre les garçons.

«Je ne suis pas si pressé que ça qu’elle le fasse», intervient le paternel.

Au club, il invite les autres parents à grimper sur les vélos pendant que leurs enfants pédalent et sautent sur la piste. «Je leur dis souvent : venez donc bouger avec moi tant qu’à être ici. On peut le faire pour le plaisir, pas besoin de faire de la compétition, sauf pour les plus crinqués. Le BMX demande de la puissance et de l’agilité. Je me plais à dire que le BMX est au cyclisme ce que le karting est à la course automobile. Quiconque le maîtrise peut faire l’autre.»

Cela leur permet donc de se retrouver en Belgique, pour y vivre une première expérience internationale.

«Il s’agit de mon premier voyage en Europe», dit le père. «Moi, c’est ma première fois en avion… et je vais en Europe avant ma mère», enchaîne la petite, moqueuse.