Yves Lévesque confirme qu’il se lance en politique fédérale.

Élections fédérales: «Je me lance», affirme Yves Lévesque

Trois-Rivières — À moins d’un important revirement de situation, Yves Lévesque sera candidat pour le Parti conservateur du Canada lors des prochaines élections. L’ancien maire de Trois-Rivières confirme que sa santé lui permet de retourner en politique et qu’il a le goût de servir la population de la circonscription de Trois-Rivières «dans un gouvernement conservateur».

«Je me lance», affirme Yves Lévesque en entrevue. «Je veux avoir ma voix dans un gouvernement conservateur dirigé par Andrew Scheer si je suis élu.»

L’ancien maire qui a officiellement quitté ses fonctions en décembre dernier estime que ses 25 années passées en politique municipale, dont 17 à la tête de la Ville de Trois-Rivières, lui ont permis de connaître les rouages des autres paliers de gouvernement. «Le municipal est la meilleure école pour aller au fédéral ou au provincial», mentionne Yves Lévesque.

L’intention d’Yves Lévesque de faire le saut en politique fédéral est connue depuis longtemps. Il soutient toutefois que son état de santé des derniers mois ne lui permettait pas de prendre une décision. «Je me suis rendu compte que je ne suis pas invincible. Je n’avais jamais pris de vacances et j’étais tout le temps sur le terrain comme maire», explique-t-il. «Ma santé ne me permettait plus de faire mon travail.»

Depuis des mois, les conservateurs ne cachent pas leur intérêt envers une candidature d’Yves Lévesque. Le lieutenant politique du chef conservateur pour le Québec, Alain Rayes, estime même que l’ancien maire de Trois-Rivières est une «candidature de prestige». Le député de Richmond-Arthabaska ne confirmait toutefois pas mercredi qu’Yves Lévesque allait se retrouver sur les bulletins de vote lors des prochaines élections fédérales.

«On n’a jamais caché l’intérêt qu’on avait à l’avoir comme candidat», précise Alain Rayes. «Ça fait plus d’un an que je parle avec lui, mais suite à l’annonce de son retrait pour la maladie, on a décidé de prendre une pause. Si la santé et le goût sont là, c’est clair qu’on serait extrêmement heureux d’avoir une candidature de la trempe d’Yves Lévesque avec nous.»

L’annonce officielle de la candidature d’Yves Lévesque doit se faire avant la fin du mois de mai et possiblement en présence du chef conservateur, Andrew Scheer. Mais déjà, son équipe d’organisation est en train de se constituer. La date du 30 mai a été évoquée, Alain Rayes précise que l’agenda du chef n’a pas encore été établi.

«Chaque fois qu’on a des candidatures de prestige, on tente d’avoir notre chef avec nous», soutient Alain Rayes.

Yves Lévesque entend remettre une partie de son allocation de départ de près de 250 000 $, car il dit ne pas souhaiter avoir de double rémunération. «Je vais garder la partie qui couvrait mes mois d’absence. Je vais remettre le reste à la Ville ou si je ne peux pas à des organismes de charité pour les enfants», soutient M. Lévesque.

Le député néo-démocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, se dit sceptique quant à la candidature d’Yves Lévesque. Il rappelle les très nombreuses fois qu’Yves Lévesque laissait planer le doute sur un possible saut en politique fédéral.

«Si un journaliste devait écrire un article avec toutes mes réponses sur une éventuelle candidature de M. Lévesque dans les huit dernières années, il y aurait plus de lignes que d’espaces de disponibles. On est en pleine politique-fiction. Et en politique, les revirements sont nombreux. J’ai toujours dit: je ne choisis pas mes adversaires. Je ferai avec les candidats ou candidates que les autres partis choisiront dans Trois-Rivières», affirme le député de Trois-Rivières.

Du côté du Bloc québécois, le candidat dans Trois-Rivières n’a pas été identifié, bien que le nom de Louise Charbonneau, la présidente de l’association locale du parti, circule actuellement. Les processus de sélection des candidats qui se veulent démocratiques peuvent prendre plus de temps dans ce parti souverainiste. «C’est tout un processus au Bloc, alors que chez les conservateurs, c’est le doigt divin du chef qui désigne les candidats», mentionne le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Ce dernier estime toutefois que la candidature d’Yves Lévesque va assurément teinter la campagne électorale dans Trois-Rivières. «Le personnage Yves Lévesque commande un certain ton dans la campagne. Il ne fait pas dans la dentelle», estime le chef du Bloc québécois.

«On sait qu’on va vouloir avoir quelqu’un qui va avoir une répartie adéquate. Quelqu’un qui ne sera pas gêné de poser les vraies questions, parce que c’est ça le véritable enjeu. Est-ce que les électeurs le 21 octobre vont vraiment connaître les enjeux et ce qu’il retourne de la candidature d’Yves Lévesque?», ajoute Yves-François Blanchet.

Le Parti libéral du Canada n’a pas encore de candidat dans Trois-Rivières. L’ancienne attachée politique de l’ex-ministre Julie Boulet, Amina Chaffai, a déjà confirmé son intention de briguer l’investiture, alors que la conseillère municipale du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin a confié être toujours en réflexion.