C’est cet avion, un DHC-2 Beaver, qui s’est écrasé dans un lac du Labrador.

Écrasement d'un hydravion d’Air Saguenay : au moins trois morts

Un hydravion Beaver d’Air Saguenay s’est écrasé dans un lac du Labrador, faisant trois morts et quatre disparus.

Le vice-président et directeur général de la compagnie de brousse basée au lac Sébastien à Saint-David-de-Falardeau, Jean Tremblay, a confirmé la triste nouvelle au Quotidien.

L’avion a été retrouvé par les équipes de recherche et sauvetage de l’Aviation Royale Canadienne de Trenton au fond du lac où il était censé déposer ses passagers lundi matin. Trois corps étaient à bord et quatre autres personnes sont portées disparues. Jean Tremblay espère les retrouver vivantes.

«Notre avion (immatriculé C-FJKI) avait été nolisé par un pourvoyeur du lac Crossroads (Three Rivers Lodge au Labrador près du réservoir de Churchill Falls) qui emmenait ses clients pêcher l’arctic char (omble chevalier) tous les jours. À bord, il y avait notre pilote, deux guides et quatre pêcheurs. Ils devaient se rendre au lac Mistastin lundi matin et revenir lundi soir», raconte Jean Tremblay.

Le pilote, dont l’identité n’a pas encore été révélée, mais qui compte plusieurs milliers d’heures de vol, devait partir à 7h lundi matin et revenir à 19h. «Il a retardé son départ en raison des plafonds bas, mais lorsqu’il a pris son envol à 10h, le ciel était dégagé sur l’ensemble du territoire», continue M. Tremblay.

Retards

Lorsque l’avion ne s’est pas pointé au lac Crossroads à 19h comme prévu lundi soir, le transporteur a attendu les 30 minutes réglementaires pour essayer de rejoindre le pilote. Puis, après une autre période de 30 minutes sans succès, il a averti le centre de recherches et sauvetage de Trenton.

La base ontarienne a dépêché un avion Hercules qui a amorcé les recherches pendant la nuit pour finalement retrouver l’appareil lourdement endommagé, vers 4h du matin, au fond du lac Mistastin, à un mille de la rive.

«Nous ne savons pas encore ce qui s’est passé, mais d’après la description que les sauveteurs nous ont faite de l’avion, on pourrait croire qu’il s’est écrasé au moment d’atterrir, analyse Jean Tremblay. Parfois, il arrive qu’un avion renverse sur un lac aussi immense lorsqu’il y a de grands vents, mais ça ne cause pas de dommages importants.»

Selon Jean Tremblay, un accident survenu au moment de la course au décollage ou quelques secondes après l’envol pourrait également expliquer les dommages subis.

Les sauveteurs ont retrouvé trois corps dans l’appareil, mais quatre personnes, dont le pilote, sont manquantes. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a ouvert une enquête qui devrait permettre de connaître les causes de la tragédie.

L'avion est parti du Crossroads Lake et s'est rendu au lac Mistastin.

+

TROISIÈME ACCIDENT MORTEL EN NEUF ANS

(Normand Boivin) – Ironie du sort, mardi marquait le neuvième anniversaire de l’écrasement d’un autre DeHavilland DHC-2 Beaver, à une quarantaine de kilomètres de Chute-des-Passes. Il s’agissait du premier accident mortel impliquant Air Saguenay, avait commenté Jean Tremblay à l’époque.

La tragédie, qui avait fait quatre morts parmi les six passagers, dont le pilote, est survenue au moment où Gaby Boivin essayait de revenir à sa base du lac Margane. Surpris par une détérioration des conditions météorologiques, il tentait de se trouver un lac pour amerrir lorsque son appareil a heurté des arbres au sommet d’une montagne alors qu’il volait à une hauteur de 150 pieds.

Le 23 août 2015, un autre Beaver d’Air Saguenay s’était écrasé à Tadoussac pendant un vol d’observation touristique.

Selon l’enquête du BST, le pilote Romain Desrosiers avait provoqué le décrochage de son appareil au moment où il effectuait des virages serrés à basse altitude pour montrer la faune à ses cinq passagers. Au terme d’une longue enquête, le BST avait recommandé qu’on installe des systèmes avertisseurs de décrochage sur les DHC-2 Beaver, un équipement qui n’aurait sans doute rien changé à l’accident de lundi.