Économie: des transactions ont retenu l’attention au Québec en 2018

MONTRÉAL — Les fusions et acquisitions, surtout lorsqu’une entreprise québécoise passe entre les mains d’une société étrangère ou établie à l’extérieur de la province, retiennent toujours l’attention dans l’actualité économique et l’année 2018 n’a pas fait exception à la règle.

Si le nom des acteurs concernés change, les 12 derniers mois se sont inscrits dans le mouvement de continuité des dernières années, selon le professeur titulaire au département de management à HEC Montréal Louis Hebert, qui se spécialise dans les fusions et acquisitions.

«Il n’y a pas eu de rupture, a-t-il expliqué. Il y a encore eu du capital disponible à faible coût. Ce n’est donc pas ce que je veux acheter, mais ce que je peux acheter.»

Dans un contexte où le prix des transactions est constamment à la hausse, M. Hébert estime que la prochaine année pourrait marquer le début d’une transition advenant, notamment, un resserrement des conditions pour emprunter.

Actuellement, les vendeurs savent que les acheteurs ont les reins assez solides pour délier les cordons de la bourse, a-t-il observé.

«C’est une situation très riche en matière de transaction, a expliqué le professeur à HEC Montréal. Toutefois, est-ce que cela va continuer très longtemps s’il y a un resserrement du crédit ou des craintes quant à une récession?»

D’ici là, voici un retour sur quelques transactions d’envergure et sur quoi garder l’oeil au cours de la prochaine année.

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Avril:

Après avoir mis le pied dans le marché australien en 2014, Saputo étend sa présence dans ce pays d’Océanie en allongeant 1,3 milliard $ pour acheter Murray Goulburn. Cela permet à la multinationale québécoise de devenir le plus important producteur laitier de ce pays d’Océanie.

«C’est pour cette raison que j’ai parlé de continuité, a rappelé M. Hébert, en faisant référence à la stratégie de croissance de l’entreprise. Ce que l’on a vu, c’est que les stratégies des entreprises en termes d’expansion ont été stables.»

Toutefois, pour arriver à ses fins, Saputo a dû apaiser les craintes des autorités réglementaires australiennes en acceptant de se départir d’une importante usine qui était exploitée par Murray Goulburn.

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Mai:

Les acquisitions ont toujours été au coeur de la stratégie de Stingray afin d’assurer sa croissance.

Mais le fournisseur québécois de services musicaux frappe un grand coup le 2 mai en effectuant une intrusion dans le secteur de la radio traditionnelle en avalant Newfoundland Capital pour un demi-milliard de dollars.

Cette transaction, la plus importante de l’histoire de Stingray, lui permet de se hisser parmi les plus importants radiodiffuseurs canadiens grâce aux 101 licences - 82 sur la bande FM et 19 sur la bande AM - appartenant à l’entreprise établie en Nouvelle-Écosse.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes donne son feu vert à l’acquisition en octobre.

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Juin:

Après Pétrolia l’an dernier, c’est au tour de l’autre principale société pétrolière québécoise, Junex, de se regrouper avec une entreprise albertaine, cette fois-ci après l’offre déposée par Cuda Energy.

Cette entreprise de Calgary, qui effectue de l’exploration et de l’exploitation de pétrole et de gaz naturel, n’est pas étrangère au Québec puisqu’elle détient déjà des permis d’exploration dans la vallée du Saint-Laurent.

La transaction est confirmée en août, mais les semaines précédentes sont mouvementées puisqu’une autre compagnie, Utica Resources, dirigée par Mario Lévesque, présente deux offres non sollicitées pour tenter d’avaler Junex, dont le principal actionnaire est l’État québécois.

Néanmoins, c’est l’offre de Cuda qui est acceptée.

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Juillet:

Le nom de Camso était peu connu avant que Michelin achète le fabricant québécois de pneumatiques - spécialisé entre autres dans les chenilles pour motoneiges et engins agricoles - pour 1,7 milliard $ US.

Mais avoir après avoir multiplié les acquisitions afin d’asseoir sa croissance depuis sa fondation, en 1982, la société décide de passer dans le giron du géant français, qui mettra sur pied un nouveau groupe des produits hors route qui sera dirigé depuis le Québec.

Camso compte quelque 7500 employés dans 26 pays, exploite 22 usines et génère des ventes annuelles de 976 millions $ US ainsi que des profits de 68 millions $ US.

Comme c’est souvent le cas lors des prises de contrôle étrangères, Michelin prend une série d’engagements, dont le maintien du centre décisionnel de la nouvelle division à Magog, au siège social de Camso, en plus de maintenir les 300 emplois qui s’y trouvent.

Les activités de recherche et développement, qui fournissent du travail à environ 125 personnes, demeureront aussi au Québec.

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Novembre:

Bombardier n’a pas fait que céder le contrôle de la C Series à Airbus en 2018.

La cure minceur s’est poursuivie en novembre à la suite d’autre restructuration qui se traduit par l’élimination de 5000 postes, dont 2500 au Québec, ainsi qu’une vente d’actifs.

L’entreprise vend le programme d’avions turbopropulsé Q400 à Viking Air pour environ 300 millions $ US ainsi que ses activités de formation de techniciens et de pilotes pour ses avions d’affaires à CAE pour près de 645 millions $ US.

C’est toutefois la troisième vague de licenciements d’envergure effectuée par Bombardier depuis 2015 qui sème la grogne dans la population, principalement en raison des importants coups de pouce financiers octroyés par les gouvernements à la société.

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Après une offre initiale en juillet, Air Canada finalise une entente, le 26 novembre, pour acquérir le programme de fidélisation Aéroplan, propriété d’Aimia, pour 450 millions $.

Les quelque cinq millions de membres ayant accumulé des points au fil des années suivaient ce dossier de près étant donné que le transporteur aérien compte déployer son propre programme de fidélisation à compter de 2020.

Avant d’acheter Aéroplan, Air Canada avait annoncé, en mai 2017, son intention de rompre ses liens avec le programme de fidélisation afin de déployer sa propre plateforme.

La transaction devra obtenir le feu vert des actionnaires d’Aimia le 8 janvier. À l’origine, Aéroplan était le programme de fidélisation maison d’Air Canada. Il a été essaimé en tant qu’entreprise indépendante en 2005.

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Il n’y a pas que les transactions annoncées qui retiennent l’attention, étant donné que certaines compagnies ont pris des décisions ou signalé des intentions qui pourraient mener à des transactions dès 2019.

Voici quelques compagnies à surveiller:

Uni-Sélect:

Le distributeur de pièces automobiles a remanié sa haute direction en septembre dernier, mais a également formé un comité pour étudier ses options stratégiques - ce qui ouvre la porte à une vente de la compagnie.

Si l’entreprise n’a fourni aucun échéancier quant au moment où une décision pourrait être prise, certains analystes ont évoqué le scénario d’une vente de la totalité de l’entreprise, de certaines parties, comme FinishMaster, ou une importante restructuration.

Uni-Sélect a été fondée en 1968 par 12 hommes d’affaires québécois.

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Bombardier:

Après la C Series et le Q400, il y a lieu de se demander si Bombardier demeurera présente dans le secteur de l’avion commercial.

L’entreprise évalue désormais les options stratégiques des CRJ, ces jets régionaux pouvant transporter jusqu’à 90 passagers et qui sont assemblés par près de 1000 travailleurs à Mirabel, dans les Laurentides.

Selon le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, les compagnies aériennes apprécient ces appareils, mais l’entreprise veut réduire les dépenses entourant ce programme, entre autres grâce à des négociations avec les fournisseurs.

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SNC-Lavalin:

Plusieurs s’attendaient à ce que la loi adoptée par Ottawa permettant la conclusion d’accords de réparation allait permettre à SNC-Lavalin de tourner la page sur les accusations criminelles qui pèsent sur elle depuis 2015.

Or, les procureurs fédéraux ont causé la surprise en refusant, pour le moment, de négocier avec SNC-Lavalin, qui doit maintenant se résigner à tenter de prouver son innocence devant les tribunaux. Les accords de réparation prévoient généralement le paiement d’une amende et une série de conditions à respecter en échange d’un abandon des procédures judiciaires.

La Gendarmerie royale du Canada a déposé des accusations de fraude et de corruption à l’endroit de SNC-Lavalin et certaines de ses filiales pour des gestes qui auraient été posés en Libye. La multinationale, qui dit n’avoir rien à se reprocher, a plaidé non coupable, mais une longue bataille judiciaire semble se profiler devant les tribunaux.

Certains analystes ont depuis évoqué plusieurs scénarios, comme une vente d’actifs, comme l’unité de construction et d’ingénierie, une fermeture du capital de l’entreprise et même un retrait complet du marché canadien.

Environnement

Urgence climatique : les dirigeants sermonnés par Greta Thunberg à l'ONU

NATIONS UNIES — «Comment osez-vous !» a lancé lundi la jeune militante du climat Greta Thunberg aux dirigeants mondiaux réunis à l’ONU pour revigorer l’accord de Paris sur le climat, et appelés à abandonner les énergies fossiles pour accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Répondant à l’appel du secrétaire général des Nations unies, 66 Etats ont désormais souscrit au principe d’une neutralité carbone d’ici 2050, a annoncé l’ONU lundi matin en préambule de ce sommet inédit. Jusqu’à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L’Union européenne espère arriver à un consensus entre États membres en 2020.

Le sommet précède l’Assemblée générale annuelle des Nations unies et une soixantaine de chefs d’États et de gouvernements doivent prendre la parole pour annoncer des engagements renforcés.

Le ton a été donné à l’ouverture par un discours percutant de la jeune Suédoise Greta Thunberg, qui a blâmé sans détour les dirigeants pour leur inaction.

«Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan», a lancé la lycéenne en année sabbatique, la voix tremblante de colère. «Comment osez-vous? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses».

«Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle? Comment osez-vous!»

Surprise, le président américain Donald Trump, présent à l’ONU pour d’autres événements, est venu s’asseoir quelques minutes dans la salle, alors que les États-Unis avaient décliné de participer. Il a écouté, puis applaudi, le premier ministre indien, Narendra Modi, avant de filer vers un autre événement.

Volonté de ne pas être complètement absent du principal événement du jour ? Goût de la provocation de la part de celui qui a annoncé le retrait avec fracas des États-Unis de l’accord de Paris ? La brève visite du milliardaire républicain a suscité la perplexité.

Manifestations «sympathiques»

Outre les États-Unis, le Brésil et l’Australie ne participent pas au sommet, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis, s’exprimera par la voix de son chef de la diplomatie, Wang Yi.

L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon, a décrit la croissance effrénée des énergies renouvelables dans son pays.

Sans nommer Greta Thunberg, Emmanuel Macron s’est dit frappé par les discours des jeunes l’ayant précédé. «Aucun responsable ne peut rester sourd à cette exigence de justice entre les générations», a-t-il dit. «On a besoin de cette jeunesse pour nous aider à changer les choses […] et mettre plus de pression sur ceux qui ne veulent pas bouger».

Excédant le temps de parole prévu de trois minutes par leader, il a fait applaudir la Russie, qui a ratifié lundi l’accord de Paris, et répété que les dernières centrales au charbon françaises seraient fermées en 2022. Quant à l’Europe, il a appelé à ce que toutes les importations soient «zéro carbone et zéro déforestation».

Dans l’avion vers New York, le président avait jugé «sympathiques» les grandes manifestations de jeunes les vendredis, mais jugé qu’il serait plus utile de faire pression sur «ceux qu’on n’arrive pas à faire bouger»... visant par exemple la Pologne.

Zéro carbone

La neutralité carbone signifie que les pays s’engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l’accord de Paris, mais il est en train de s’imposer, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’oeil.

«Il faut espérer que ce groupe de pays et d’acteurs et d’autorités locales progressistes préparent la seconde vague, pour démontrer où se trouve la modernité, où se trouve le progrès», dit à l’AFP Laurence Tubiana, l’une des architectes de l’accord de Paris.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU. La Terre est en moyenne plus chaude d’1°C qu’au XIXe siècle, et finira à au moins +3°C en 2100 dans l’état actuel des engagements.

Les promesses de lundi n’ont pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un «tremplin» vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l’ONU des engagements climatiques révisés à la hausse.

À ce jour, seuls 59 des 195 signataires de l’accord de Paris ont annoncé leur intention de le faire. Les États-Unis n’en font pas partie.

Sherbrooke

Avis d'ébullition: c'était une fausse alerte

C’était une fausse alerte : l’eau potable de la Ville de Sherbrooke n’a jamais été contaminée à l’E. Coli. Les Sherbrookois ont quand même dû faire bouillir leur eau pendant un peu plus de 48 heures. Qu’est-ce qui s’est passé à la Station de traitement de l’eau potable J.-M.-Jeanson pour qu’on en arrive avec ce résultat lourd de conséquences?

Les fonctionnaires de la Ville de Sherbrooke ont commencé dès lundi matin leur enquête afin de comprendre comment un échantillon d’eau prélevé lors d’un contrôle quotidien à la station de traitement de l’eau potable J.-M.-Jeanson est ressorti contaminé à la bactérie E. coli alors que les contrôles de jours précédents et des jours suivants n’ont prouvé la présente d’aucune bactérie.

À LIRE AUSSI: Sherbrooke lève l'avis d’ébullition d’eau

Rappelons que réception d’un échantillon contaminé a forcé la Ville de Sherbrooke, vendredi à 16 h 15, a émettre un avis d’ébullition de l’eau potable pour l’ensemble du territoire sherbrookois, touchant ainsi 150 000 résidents.

« Les sources de contamination de l’échantillon peuvent être nombreuses. D’abord, l’eau aurait pu être contaminée, c’est pourquoi nous avons lancé l’avis d’ébullition par principe de précaution. Maintenant, il semble que ce n’était pas le cas. Les autres sources possibles sont des bouteilles d’échantillons contaminées, une erreur de manipulation, des instruments qui auraient être contaminés... Nous sommes à réduire les hypothèses en ce moment pour comprendre ce qui a pu se passer. Ce sera difficile d’avoir la réponse juste et exacte, mais nous sommes en mesure de réduire les hypothèses pour ensuite pouvoir, sûrement, revalider nos procédures actuelles », a expliqué lundi matin en point de presse Jean-Pierre Fortier, chef de la division de la gestion des eaux et de la construction à la Ville de Sherbrooke.

Plusieurs dizaines d’analyses par mois

L’eau potable de la station J.M.-Jeanson est analysée une fois par jour, ce qui est au-delà des normes du ministère de l’Environnement et des changements climatiques (MECC). « Ça fait partie de nos procédures internes, mais ce n’est pas une obligation légale de le faire tous les jours », ajoute M. Fortier.

Les analyses sont effectuées dans un laboratoire accrédité appartenant à la Ville de Sherbrooke. « Notre laboratoire est accrédité pour faire ces analyses qui sont reconnues par le ministère de l’Environnement, ce qui nous permet d’avoir des résultats beaucoup plus rapidement que si les analyses étaient faites par un laboratoire à l’externe », précise-t-il.

« Mensuellement, il y a des dizaines et des dizaines d’analyses qui sont faites pour s’assurer de la qualité de notre eau sur l’ensemble de notre réseau », ajoute le chef de la division de la gestion des eaux et de la construction.

Samedi soir, les résultats rassurants laissaient croire à erreur lors du test reçu vendredi soir. L’avis d’ébullition aurait-il pu être levé à ce moment-là?

Non, affirme Jean-Pierre Fortier.

« Les conséquences de l’avis d’ébullition étaient grandes pour les citoyens et les institutions, nous le savons. Mais un doute n’est pas une assurance. Nous devions appliquer le principe de précaution. S’il y avait eu une réelle contamination, on aurait pu mettre la population en danger en n’avisant pas tout de suite et en ne maintenant pas l’avis d’ébullition suffisamment longtemps. Ça peut paraître facile de penser que nous aurions pu lever l’avis d’ébullition plus tôt en étant pas mal sûrs que c’était un problème externe, mais nous avons des procédures strictes. Ça nous prend la permission de la Santé publique et du ministère de l’Environnement pour faire les fins d’avis », ajoute-t-il.

Le chef de service salue le travail qui a été fait dans la gestion de ce dossier qui a impliqué beaucoup de gens. « Nous avons reçu nos derniers résultats dimanche autour de 22 h 30. Il fallait ensuite entrer en communication avec le ministère pour qu’il nous permette de lever l’avis d’ébullition. Je remercie d’ailleurs le ministère de l’Environnement, la Santé publique et la contremaître en qualité d’eau de réseau Karine Vigneux qui ont fait un travail digne de mention. Tout le monde a répondu présent », conclut Jean-Pierre Fortier.

Actualités

Jean Boulet lance son plan d’action pour la main-d’oeuvre: «On a tous un rôle à jouer»

Trois-Rivières — Alors que le nombre de postes vacants au deuxième trimestre de 2019 a atteint un niveau record de plus de 140 000, soit un bond de 21 % en un an, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a lancé officiellement lundi son plan d’action pour faire face au phénomène de la rareté de la main-d’oeuvre ainsi que deux nouvelles initiatives qui s’y retrouvent: le Chantier des compétences et Objectif productivité.

Il a aussi profité de cette conférence de presse tenue à Trois-Rivières en présence de nombreux intervenants pour annoncer une nouvelle mesure de près de sept millions de dollars destinée aux travailleurs expérimentés ainsi que la réaffectation de 22 ressources à des postes de conseillers aux entreprises dans les bureaux de Services Québec.

Justice et faits divers

Un mort à la Course de l’Armée d'Ottawa

Un coureur est mort après avoir franchi la ligne d’arrivée, dimanche, lors de la Course de l’Armée du Canada à Ottawa.

Le décès survenu vers 11h25.

Le Service paramédic d’Ottawa a dressé le dur bilan de la journée de courses, lundi.

«Un homme dans la vingtaine s’est effondré en arrêt cardiaque après la ligne d’arrivée, a précisé le porte-parole du service d’urgence, Marc-Antoine Deschamps. Des paramédics et nos partenaires ont débuté des manœuvres de réanimation agressives. Malgré les efforts des paramédics, le patient ne put être réanimé sur le terrain et il a été transporté à l’hôpital en condition critique.»

La journée a été très difficile.

Quinze personnes ont souffert de problèmes de déshydratation, d’épuisement, et de problèmes cardiaques, un peu partout sur le parcours.

Dix d’entre eux ont été transportés à l’hôpital.

De ce nombre, trois reposaient dans une condition sérieuse.

Le Service paramédic d’Ottawa a travaillé de concert avec l’Ambulance Saint-Jean et des bénévoles.

Environnement

L'ONU déclare l'urgence climatique, les dirigeants mondiaux sous pression

NATIONS UNIES — Une soixantaine de dirigeants mondiaux sont à l’ONU lundi pour un sommet sur «l’urgence climatique» censé revigorer l’accord de Paris, pressés par une jeunesse mondiale qui réclame la fin des énergies fossiles et la réduction accélérée des émissions de gaz à effet de serre.

«L’urgence climatique est une course que nous sommes en train de perdre, mais nous pouvons la gagner», a dit le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a aussi invité à la tribune la Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, symbole de la jeunesse mondiale révoltée contre l’inaction des gouvernements. Elle parlera dès le début du sommet.

Le sommet a lieu à la veille de l’ouverture des débats de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU et entre deux vendredis de grandes grèves de l’école coordonnées mondialement. Antonio Guterres a demandé aux dirigeants d’annoncer des révisions à la hausse de leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Selon un prébilan de l’ONU lundi matin, 66 États ont souscrit à l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050. Jusqu’à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L’Union européenne espère arriver à un consensus entre États membres en 2020.

Emmanuel Macron a convié avec ses homologues chilien et colombien une réunion sur l’Amazonie peu avant l’ouverture du sommet, dans laquelle de nouveaux programmes ont été annoncés pour les forêts tropicales, avec un financement d’environ 500 millions $.

Dans l’avion vers New York, le président français a jugé «sympathiques» les grandes manifestations de jeunes les vendredis, mais jugé qu’il serait plus utile de faire pression sur «ceux qu’on n’arrive pas à faire bouger»... visant par exemple la Pologne. «Moi, je bouge», a-t-il dit.

Zéro carbone

Moins de la moitié des 136 chefs d’États et de gouvernements qui viennent cette semaine à New York pour l’Assemblée générale participent au sommet climat.

À la tribune, les États-Unis seront les grands absents; Donald Trump sera dans les murs, mais s’exprimera à un événement sur la liberté de religion.

«Je ne snobe rien du tout», a-t-il dit lundi matin. «Je suis très occupé».

Le Brésil et l’Australie, dont le premier ministre conservateur était à la Maison-Blanche la semaine dernière, ne seront pas là non plus, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis, s’exprimera par la voix de son chef diplomatie, Wang Yi.

Chaque dirigeant aura trois minutes. L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon, mais qui installe des quantités industrielles de panneaux solaires, commencera la journée avec Angela Merkel et les dirigeantes de Nouvelle-Zélande et des Îles Marshall, dans le Pacifique.

La neutralité carbone signifie que les pays s’engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l’accord de Paris, mais il est en train de s’imposer, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’oeil.

«Il faut espérer que ce groupe de pays et d’acteurs et d’autorités locales progressistes préparent la seconde vague, pour démontrer où se trouve la modernité, où se trouve le progrès», dit à l’AFP Laurence Tubiana, l’une des architectes de l’accord de Paris.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU. La Terre est en moyenne plus chaude d’1°C qu’au XIXe siècle, et le rythme va s’accélérer.

Mais les promesses de lundi n’auront pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un «tremplin» vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l’ONU des engagements révisés à la hausse de lutte contre le changement climatique.

À ce jour, seuls 59 des 195 signataires de l’accord de Paris ont annoncé leur intention de le faire. Les États-Unis n’en font pas partie.

Justice et faits divers

Accident de travail mortel chez ArcelorMittal près de Fermont

BAIE-COMEAU — Un travailleur d’ArcelorMittal, âgé dans la trentaine, est décédé dimanche soir dans un accident de travail aux installations de la minière à Mont-Wright, tout près de Fermont, sur la Côte-Nord.

Selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui dispose d’informations sommaires pour l’instant, le travailleur décédé se trouvait avec un collègue au sous-sol du département des épaississeurs, aux installations de la mine du Mont-Wright, lorsqu’ils ont été emportés par un soudain coup d’eau.

L’un des deux hommes n’a pas survécu alors que l’autre a subi des blessures dont on ignore la nature pour l’instant. La CNESST confirme toutefois que le second travailleur se trouve hors de danger.

La CNESST Côte-Nord a dépêché deux inspecteurs sur place, afin tout d’abord de sécuriser les lieux de l’accident mortel et ensuite déterminer les causes de ce drame. Plus de détails seront disponibles quand les inspecteurs auront commencé leur enquête à Fermont, qui se trouve à près de 600 kilomètres au nord de Baie-Comeau.

Les policiers de la Sûreté du Québec ont été appelés sur les lieux en premier, vers 21 h 20 dimanche soir. Ils n’ont pu que constater le décès de l’homme dans la trentaine.

Hockey

Pool LNH : la liste des listes 2019

Une lutte à deux au sommet ? Selon les quatre principaux magazines pour poolers disponibles en kiosque, Nikita Kucherov devra combattre Connor McDavid, s’il veut remporter un deuxième championnat des marqueurs consécutifs dans la Ligue nationale de hockey.

Une bonne dizaine de joueurs pourraient jouer du coude pour terminer sur la troisième marche du podium.

Encore une fois, cette année, les quotidiens de Groupe Capitales Médias vous proposent
la Liste des listes.

Bon repêchage !

Pour La liste des listes en format .pdf, cliquer ici.

Actualités

À cheval au service à l'auto du McDo [PHOTO]

Le photographe Patrice Laroche revenait tranquillement au bureau après une assignation à Stoneham.

Quelle n’a pas été sa surprise lorsqu’il a vu un cheval dans la file d’attente du service au volant au restaurant McDonald du coin! Il a pu rapidement capturer le moment, avant que le cowboy ne reparte avec son dîner. Il faut s’éloigner du centre-ville de Québec pour assister à des moments comme celui-là. Patrice se trouvait au bon moment, au bon endroit.  

Données techniques: Nikon D4; zoom 70-200mm; ISO 400; 1/500e s; f.14

Affaires

La faillite de Thomas Cook ou la chronique d'un désastre annoncé

LONDRES — Il aura fallu un week-end pour sceller le sort de Thomas Cook. Mais cette chute précipitée par l’intransigeance de certaines banques s’explique à la fois par des années de gestion hasardeuse, une féroce concurrence d’internet et le Brexit.

Le vénérable voyagiste britannique a mis brutalement un terme lundi matin à 178 ans d’histoire, depuis que son fondateur, Thomas Cook, avait inventé en 1841 le tourisme moderne au début de l’ère victorienne.

Sa faillite brutale n’est pas une surprise compte tenu de l’état de santé du groupe qui n’en finissait pas de se dégrader depuis dix ans, avec une dette gigantesque de plus d’un milliard de livres.

«La dette n’a été que le symptôme d’un mal profond. Thomas Cook a échoué parce qu’il n’a pas su évoluer avec son temps», explique Neil Wilson, analyste chez Markets.com.

De son côté, le gouvernement britannique, qui a ouvert une enquête, a estimé qu’il «y avait plusieurs raisons compliquées derrière la faillite», selon une porte-parole de Downing Street.

Le tournant peut être daté de 2007 quand le groupe se lance dans le rachat de MyTravel, un spécialiste britannique du voyage organisé traditionnel.

Cette acquisition au prix fort sera difficile à digérer, au moment même où le modèle du groupe est remis en question par l’essor des vacances achetées sur internet.

Au début des années 2000, il avait déjà acheté les agences Havas, puis le réseau du voyagiste Jet Tours, deux groupes français qui ont connu leur heure de gloire dans les années 80 et 90.

Quelques années plus tard, en 2011, le groupe traverse une sévère zone de turbulences en raison du printemps arabe en Tunisie et en Égypte, qui refroidit de nombreux touristes européens.

Le marché sans pitié

Il frôle alors la faillite une première fois et ne doit son salut qu’à une nouvelle injection d’argent de ses créanciers, ce qui alourdit son endettement et va le contraindre à dépenser des centaines de millions de livres en intérêts.

Ainsi fragilisé, il affrontait depuis deux ans une nouvelle tempête entre les incertitudes du Brexit, qui a encouragé beaucoup de touristes à repousser leurs vacances, la chute de la livre, qui pèse sur ses comptes, et une vague de chaleur qui a incité beaucoup d’Européens à passer leurs vacances près de chez eux plutôt qu’à rechercher le soleil lointain.

Le groupe a multiplié les avertissements sur résultats et creusé ses pertes, l’action s’est effondrée: elle ne valait plus que 3,45 pence, soit 0,0345 livre, vendredi soir, contre 1,2 livre début 2018.

Cela n’a pas empêché les dirigeants d’empocher quelque 20 millions de livres au cours des cinq dernières années malgré leur incapacité à remettre Thomas Cook sur les rails, a noté la presse britannique.

Coup de grâce

L’annonce au printemps d’une prise de contrôle de l’activité de voyagiste par le chinois Fosun, déjà propriétaire de Club Med, a redonné un peu d’espoir. Les créanciers devaient, dans le cadre de cet accord, reprendre la compagnie aérienne pour près d’un milliard de livres.

Mais cela n’a pas suffi aux yeux de certains bailleurs de fonds, en particulier les banques RBS et Lloyds, qui ont exigé en fin de semaine dernière que le groupe trouve 200 millions de livres de plus pour assurer sa survie jusqu’à novembre 2020.

«Les banques lui ont coupé l’herbe sous le pied», selon M. Wilson.

De source proche du dossier, au-delà des banques, c’est le montage même prévu avec Fosun qui suscitait des doutes, certains jugeant qu’il y avait beaucoup à perdre tant la situation de Thomas Cook était devenue précaire.

Résultat, malgré des réunions de la dernière chance tenues à Londres au cours du week-end, personne n’a voulu mettre plus d’argent, et surtout pas le gouvernement conservateur, qui a pour principe de ne pas intervenir en cas de faillite d’une entreprise privée.

Un soutien du gouvernement à Thomas Cook, nationalisé entre 1948 et 1972, «ne l’aurait maintenu à flot que pour très peu de temps», se justifiait sur la BBC lundi le ministre des Transports, Grant Shapps.

Selon lui, «le groupe avait des difficultés profondes à évoluer dans le secteur du voyage qui s’est éloigné des agences de centre-ville pour se tourner vers les réservations en ligne». Les 22 000 employés du groupe, dont 9000 Britanniques, pourraient en payer le prix.

Actualités

Attaquée par trois chiens, Dominique Alain recommence à courir

Six mois après avoir été violemment attaquée par trois chiens à Potton, Dominique Alain a fait un pas de plus vers sa réadaptation en participant samedi au relais Desjardins du lac Memphrémagog.

Celle qui avait presque été dévorée vivante le 29 mars dernier et à qui on prédisait les jours les plus sombres en raison de la gravité de ses blessures avait été invitée par Gilles Bélanger, député caquiste de la circonscription d’Orford, à joindre à l’équipe de l’Assemblée nationale pour les deux derniers kilomètres.

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Attaque de chiens à Potton: la victime salue l’arrestation du propriétaire

La fille du député Gilles Bélanger attaquée par un chien

Affaires

Une coalition exige une réforme de l'assurance-emploi

Des représentants du Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses (CNECC) réclament une réforme en profondeur du programme d’assurance-emploi.

Mécontent de l’absence de ce sujet dans l’actuelle campagne électorale fédérale, le CNECC s’est inscrit comme «tiers» auprès du directeur général des élections du Canada afin de déployer une campagne de publicité au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Éducation

Commissions scolaires: sur un pied de guerre, la Fédération recherche l’appui des femmes

La survie des commissions scolaires telles qu’on les connaît passera-t-elle par les femmes?

C’est ce qu’espère la vice-présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Louise Lortie. En entrevue à La Presse canadienne, elle demande aux femmes de mettre tout leur poids dans la balance lorsque viendra le temps de débattre du projet de loi caquiste visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de service.

Elle craint que la réforme promise par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’entraîne des pertes d’emplois et que les femmes soient particulièrement affectées. Par ailleurs, elle considère que le pouvoir citoyen doit rester à l’ensemble de la population; les femmes doivent continuer de pouvoir voter aux élections scolaires.

«Je vois ça comme un mouvement d’appui des femmes du Québec aux femmes en politique scolaire, aux femmes qui ont atteint la parité et qui se dévouent dans ce travail-là d’être représentantes des citoyens», a déclaré Mme Lortie, qui est également présidente de la Commission scolaire de Laval.

Selon la FCSQ, la démocratie scolaire est le seul palier électif à avoir atteint la parité entre les hommes et les femmes. À l’heure actuelle au Québec, il y a 309 commissaires et 23 présidentes femmes sur 656 élus scolaires, ce qui représente une majorité de 50,61 %.

Offensive multi-volets

La fédération a lancé une véritable offensive multi-volets en vue du dépôt du projet de loi, prévu cet automne. Elle demande entre autres aux élues de l’Assemblée nationale, tous partis confondus, de l’appuyer en apposant leurs signatures au bas d’une déclaration sur l’importance de préserver la démocratie scolaire.

Déjà, une dizaine d’anciennes élues, telles que Marie Malavoy, Suzanne Tremblay, Élizabeth Larouche, Colette Roy Laroche et Josée Bouchard, ont signé cette déclaration, dont certains extraits se lisent ainsi : «Aucun recul des femmes en politique n’est acceptable. [...] Très souvent, les femmes hésitent à s’engager en politique. Les progrès réalisés à ce chapitre et l’atteinte de la parité seront grandement compromis par l’abolition de la démocratie scolaire.»

Les élus masculins préoccupés par la place des femmes en politique sont également invités à manifester leur appui. «Je vous dis, s’il le faut, je vais les appeler tous, et puis mes collègues commissaires à travers le Québec sont prêts à m’aider à mobiliser l’ensemble de la population, assure Mme Lortie. Je pense que ce mouvement-là va partir et il ne s’arrêtera pas.»

La FCSQ mise sur le fait que les Québécois en général sont désormais beaucoup plus sensibles à l’importance de la parité hommes-femmes dans les lieux de pouvoir, notamment. «La parité fait plus de sens dans la tête de tous les citoyens québécois», insiste sa vice-présidente.

Par ailleurs, l’élimination d’un droit démocratique n’a jamais fait progresser une société, fait valoir Mme Lortie, qui suggère plutôt au gouvernement de François Legault de concentrer ses efforts à améliorer la participation citoyenne lors des élections scolaires en mettant en œuvre des propositions déjà convenues, telles que le vote électronique.

Le Québec compte 72 commissions scolaires. Les élections scolaires sont en général boudées par les citoyens, le taux de participation n’atteignant même pas 5 %.

Environnement

2015-2019 devrait être la période la plus chaude enregistrée depuis 1850

NATIONS UNIES — Les cinq années 2015 à 2019 devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, après le caniculaire été dernier, a rapporté dimanche l’ONU, à la veille d’un sommet climat en présence d’une soixantaine de dirigeants mondiaux à New York.

La température moyenne pour la période 2015-2019 devrait être plus élevée de 1,1°C par rapport à la période 1850-1900, indique ce rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et qui fournit l’état des lieux le plus actuel sur le climat de la Terre.

Les dernières données confirment la tendance des quatre années précédentes, qui étaient déjà les plus chaudes jamais enregistrées, c’est-à-dire depuis 1850. On savait aussi que juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, avait battu le record absolu de température.

Mais ce degré de différence est une moyenne qui cache des disparités régionales. Les pôles se réchauffent plus vite, et les zones côtières sont plus rapidement menacées.

«Les effets du changement climatique ne sont pas ressentis de façon égale», a commenté le scientifique en chef du bureau météorologique britannique, Stephen Belcher. «Certains pays ressentent certains effets, comme des canicules plus intenses ou des inondations plus graves, plus tôt que d’autres».

Le rapport, publié deux jours après la gigantesque grève de l’école mondiale de vendredi et alors que les dirigeants de la planète convergent sur New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, dresse un bilan sévère de l’inaction des États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Et encore, les scientifiques ont tendance à être «conservateurs», a prévenu l’une des responsables du rapport, Leena Srivastava. En réalité, les décideurs publics «doivent agir avec beaucoup plus d’urgence», a-t-elle dit en présentant le rapport dimanche.

Pas de recul des émissions

La liste de mauvaises nouvelles sur l’état de la planète est longue et minutieusement détaillée par le rapport de l’OMM.

Ainsi, la montée du niveau des océans s’accélère. Dans la dernière décennie, le rythme est passé à 4 millimètres par an, au lieu de trois par an, à cause de la fonte accélérée des calottes glaciaires aux pôles Nord et Sud, confirmée par de multiples études et observations satellitaires.

Les émissions dues au charbon, au pétrole et au gaz ont poursuivi leur croissance en 2018 et continueront ainsi jusqu’à 2030 au moins, estiment les scientifiques.

Pour 2019, elles seront «au moins aussi élevées» qu’en 2018, prévoient les scientifiques qui ont planché sur ce rapport pour l’ONU en prévision du sommet de lundi.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère devrait atteindre un nouveau pic à la fin de l’année 2019, selon des données préliminaires, soit 410 parties par million.

C’est pour le professeur Dave Reay, de l’université d’Edimbourg, la pire nouvelle du rapport.

«On dirait un relevé de carte bleue après cinq ans de dépenses sans compter», a-t-il écrit. Poursuivant la métaphore bancaire, il ajoute: «Notre plafond global de crédit de carbone est atteint. Si les émissions ne commencent pas à chuter, le prix sera infernal».

Dans l’état actuel des engagements des pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète sera plus chaude de 2,9 à 3,4°C d’ici 2100.

Il en ressort que les efforts anti-carbone des pays doivent être multipliés par cinq pour contenir le réchauffement à +1,5°C, comme le prévoit l’accord de Paris de 2015, un objectif que beaucoup d’experts semblent désormais considérer comme illusoire. Ou au minimum par trois pour s’en tenir à +2°C, la limite maximale stipulée par le texte.

En réalité, le réchauffement réel pourrait être encore plus élevé, selon des modélisations climatiques plus récentes, mais qui ne sont pas encore validées par l’ONU, comme celle d’une équipe française qui prévoit +7°C dans un scénario du pire.

«Le fossé n’a jamais été aussi grand» entre ce que le monde veut accomplir et la réalité des plans climatiques des pays, prévient le rapport.

C’est ce fossé que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, veut commencer à combler en accueillant une soixantaine de dirigeants lundi.

Beaucoup de leaders devraient promettre d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, selon lui. À charge pour eux de concrétiser ensuite ces engagements très ambitieux.

Justice et faits divers

Le pied sectionné par un train en se sauvant des policiers

Un jeune homme de 16 ans de Sherbrooke a eu le pied droit complètement sectionné samedi matin lorsqu’il a été frappé par un train. L’accident est survenu alors que le jeune homme tentait de fuir les policiers.

L’adolescent a tout d’abord tenté de forcer une moustiquaire d’un logement sur la rue Adélard-Colette vers 5h30. Une poursuite à pied a démarré lorsque les policiers sont arrivés sur place.

Le jeune homme a alors décidé de traverser la voie ferrée située non loin pour échapper aux policiers, mais le train, qui passait au même moment, lui a sectionné le pied droit.

Les policiers ont immédiatement donné les premiers soins en faisant un tourniquet sur la jambe. Le jeune a été transporté d’urgence à l’hôpital. Sa vie ne serait pas en danger.

Il pourrait être accusé d’introduction par effraction et d’entrave au travail des policiers.

Insolite

Un combat entre grizzlys capté sur vidéo en Colombie-Britannique [VIDÉO]

Une Canadienne qui circulait sur l’autoroute Stewart-Cassiar entre Stewart et Meziadin Junction, en Colombie-Britannique, a été témoin d’un spectacle rare, un combat entre deux grizzlys.

Cari McGillivray a partagé vendredi sur Facebook la vidéo d’un duel entre les deux animaux. On peut voir les deux grizzlys se faire face et grogner. Ils ont échangé des coups, passant de la route au fossé pour revenir sur l’asphalte. 

«C'était de loin l'une de mes rencontres préférées avec la faune», a écrit Cari McGillivray dans les commentaires.

À la fin de la vidéo, le plus petit des grizzlys abandonne le combat, poursuivi par l’autre animal. Également, au loin sur la route, on peut apercevoir un loup s’arrêter pour observer la scène.

La vidéo a été visionnée plus d’un demi-million de fois depuis vendredi. Elle a été partagée par plus de 21 000 personnes et a reçu de nombreux commentaires et j’aime.

Actualités

La projection du «Bat-Signal» à Montréal annulée par les policiers

Montréal n'aura eu des airs de Gotham City que pendant quelques minutes samedi soir. La projection du «Bat-Signal» au centre-ville, qui devait avoir lieu à compter de 20h pour souligner le 80e anniversaire du héros Batman de l'univers de DC Comics, a été annulée à la demande des policiers.

Le «Bat-Signal», ce symbole utilisé par les policiers pour convoquer le ténébreux justicier, devait illuminer la Place Dupuis de 20h à minuit. Il n'a finalement été projeté que pendant une très courte période.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé à La Presse canadienne avoir demandé aux organisateurs — ce ne sont pas eux, ont-ils précisé — de reporter, voire d'annuler, la projection afin de ne pas nuire à une opération dans un parc à proximité de l'édifice.

Un homme souffrant de problèmes de santé mentale se trouvait depuis 17h35 «dans une structure» située dans le parc Émilie-Gamelin, qui est adjacent au lieu de la projection.

Il est finalement descendu à 21h50 au terme de négociations avec les policiers et a été arrêté pour méfait public, a précisé l'agent Jean-Pierre Brabant, un porte-parole du SPVM. Le parc a été entièrement fermé durant l'opération.

Montréal est le seul endroit au Canada qui devait prendre part à l'événement, qui réunit 12 autres villes à travers le monde.

Symbole international

Le troisième samedi du mois de septembre marque l'anniversaire du personnage, créé par le dessinateur Bob Kane et le scénariste Bill Finger en 1939.

Le symbole de chauve-souris a d'abord brillé sur le Fed Square de Melbourne, en Australie et, selon le site Web de DC Comics, il devait également faire son apparition à Tokyo, à Berlin, à Barcelone et à Londres.

Le «Bat-Signal» a également éclairé le ciel new-yorkais, avant d'être projeté une dernière fois sur l'hôtel de ville de Los Angeles.

«Le ''Bat-Signal'' est l'une des images les plus facilement identifiables dans toute l'iconographie des superhéros et il sera remarquable de le voir transcender les frontières, les langues et les cultures pour nous unir à travers une seule expérience», a déclaré Pam Lifford, du studio Warner Bros, dans un communiqué plus tôt cette semaine.

Canadien

Le Canadien blanchit les Sénateurs et reste invaincu en pré-saison

OTTAWA — Phillip Danault et Jeff Petry ont amassé un but et une aide chacun et le Canadien de Montréal a blanchi les Séanteurs d'Ottawa 4-0, samedi soir.

Le Tricolore a profité d'une belle performance de son avantage numérique, qui a été parfait en trois occasions, pour rester invaincu en quatre matchs préparatoires. Les hommes de Claude Julien ont également écoulé cinq pénalités.

Petry, Danault et Tomas Tatar ont touché la cible alors que leur équipe jouait avec un homme en plus. Jake Evans a quant à lui inscrit son deuxième but en pré-saison pour le Canadien.

«Ça s'en vient sur l'avantage numérique, a assuré Julien. Nous n'avons pas tous les éléments qui seront à notre disposition en saison, mais la chose la plus importante est que nos joueurs font exactement ce qu'on leur demande. Nous avons beaucoup plus de temps dans la zone offensive et nous avons plus d'occasions de marquer. Nous en avons profité ce soir.»

L'espoir du Bleu-blanc-rouge Nick Suzuki était employé à l'aile sur le même trio que Danault et Tatar et il a une fois de plus démontré son talent. Ancien choix de première ronde en 2017, Suzuki a obtenu une mention d'assistance et il a été impliqué dans plusieurs occasions de marquer.

«Nick continue à bien jouer. Il s'adapte bien et nous savons qu'il peut jouer au centre ou à l'aile. Son jeu n'est pas surprenant», a observé Julien.

Keith Kinkaid a disputé la totalité de la rencontre, repoussant 27 rondelles devant le filet du Canadien. Il a été déjoué une fois, en deuxième période, mais les arbitres ont refusé le but des Sénateurs parce qu'il avait perdu son masque.

«Peu importe qui nous mettons dans la formation, nous jouons du bon hockey en groupe et individuellement. Nous avons de bons matchs et encore ce soir, il y a eu beaucoup de positif, a affirmé Julien. C'est quand même encourageant de voir l'équipe se comporter de cette façon.»

Craig Anderson a amorcé la partie pour les Sénateurs et il a cédé deux fois en 29 lancers. Au terme de la deuxième période, Anderson a laissé son filet à Joey Daccord, qui a réalisé trois arrêts en cinq tirs.

La formation montréalaise poursuivra son calendrier préparatoire en accueillant les Maple Leafs de Toronto, lundi soir au Centre Bell.

Les deux équipes ont connu une première période en dents de scie, mais ce sont les Sénateurs qui ont eu les meilleures occasions de se faire valoir, grâce à trois pénalités consécutives du Tricolore. L'unité défensive du Canadien a toutefois bien travaillé pour protéger son gardien.

Lorsque le Bleu-blanc-rouge a eu droit à son premier avantage numérique du match, il n'a pas fait comme ses adversaires et il a fait bouger les cordages. Dès la 11e seconde à cinq contre quatre, Petry a sauté sur une rondelle libre pour marquer le premier but du Canadien avec un joueur en plus depuis le début des matchs préparatoires.

Quelques minutes après avoir frustré Suzuki grâce à un beau déplacement à sa droite, en fin de deuxième période, Anderson a fait un cadeau aux visiteurs en cafouillant derrière le filet. Riley Barber s'est emparé du disque et il l'a refilé à Evans, qui a battu de vitesse le gardien Sénateurs.

Suzuki a une fois de plus fait sentir sa présence, au troisième vingt, en se positionnant devant le filet lors d'un avantage numérique. Son travail pour voiler la vue à Daccord a mené au but de Tatar, qui venait d'accepter une passe de Mike Reilly.

Seulement 39 secondes plus tard, encore avec un joueur en plus, Danault a gagné la mise en jeu et il s'est dirigé vers adverse. Petry a décoché un tir des poignets qui a touché le joueur de centre avant de battre Daccord, qui a vu la rondelle changer de direction.

Télévision

Prix Emmy: coup de projecteur, et de chapeau, pour les LGBTQ

LOS ANGELES — La 71e édition des Prix Emmy mettra dimanche un coup de projecteur sur des talents et séries portant le flambeau de la communauté LGBTQ, en lice cette année dans de nombreuses catégories, qui reflètent les efforts de Hollywood pour mieux représenter la diversité des États-Unis.

Série la plus emblématique du phénomène, Pose explore la culture des «bals» homosexuels dans le New York des années 1980 et a été sélectionnée à six reprises. Elle sera notamment représentée par Billy Porter, premier homme noir ouvertement homosexuel à concourir aux Prix Emmy dans la catégorie du meilleur acteur pour une série dramatique.

Pose, qui aligne aussi un grand nombre de comédiens transgenres, est également en compétition pour la meilleure série dramatique.

Les acteurs gays Ben Whishaw (A Very English Scandal) et Fiona Shaw (Killing Eve, Fleabag) ont décroché des nominations, de même que l'actrice transgenre Laverne Cox pour son rôle dans Orange Is the New Black.

De nombreux autres artistes se réclamant de la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle, transgenre et queer, déconstruisant les normes de genre et de sexualité, dont la comique et présentatrice Ellen DeGeneres, représenteront durant la soirée les couleurs du drapeau arc-en-ciel.

Cette présence reflète une influence croissante à Hollywood et les gros progrès réalisés ces dernières années par l'industrie du divertissement pour mieux prendre en compte les sujets liés à l'identité sexuelle.

Elle illustre enfin la capacité de géants du streaming comme Netflix, Hulu et Amazon, à se saisir de ces sujets de société pour en faire des succès commerciaux, sinon toujours grand public.

«Les choses commencent à changer»

«Le nombre de nominations de LGBTQ cette année aux Emmy Awards est le signe que les choses commencent à changer à Hollywood», affirme à l'AFP Sara Kate Ellis, présidente du GLAAD, une organisation qui promeut la meilleure intégration des LGBTQ dans les médias.

«Avec des nominations pour des séries comme Pose et Special, et des performances comme celles de Hannah Gadsby, Laverne Cox, Billy Porter et bien d'autres, on voit la diversité des gens LGBTQ non seulement représentée dans les grands médias mais aussi célébrée», estime-t-elle.

Ces séries «trouvent un public partout et c'est quelque chose que l'industrie du divertissement ne peut plus ignorer».

D'après le rapport 2018 du GLAAD, le nombre de rôles LGBTQ sur le petit écran a atteint un record : 8,8 % des 857 personnages qui sont apparus à une heure de grande écoute dans des séries télévisées étaient identifiés comme appartenant à cette communauté.

Hollywood ne doit cependant pas s'endormir sur ses lauriers car il y a encore beaucoup de progrès à faire, soulignent les défenseurs de la cause LGBTQ.

«Même si le public réclame un changement, l'histoire des efforts d'Hollywood pour plus de diversité suggère que le problème ne va pas se corriger tout seul», estime un rapport annuel sur le sujet publié par l'Université de Californie UCLA, qui demande que les «intentions» manifestées par la profession se traduisent plus souvent en actes.

Nico Tortorella, qui figure dans la série Younger qui se définit comme «non binaire», ne se reconnaissant pas dans le genre féminin ou masculin, relève que si les thèmes LGBTQ sont plus fréquemment abordés à la télévision, cela ne reflète pas forcément une évolution de la société.

«Il y a une grosse différence entre la société dans son ensemble et ce qui se passe sur les réseaux sociaux», a observé Tortorella, qui va jouer dans une série dérivée de Walking Dead, dans un numéro spécial récemment publié sur la question par le magazine Variety.

«L'époque est troublante, c'est certain. En termes de représentation à Hollywood, oui, ça s'améliore», poursuit l'artiste, «mais beaucoup des personnages écrits pour des gens non hétérosexuels sont encore caractérisés par la violence qu'ils subissent».

Cinéma

Eva Green confie son attirance pour les personnages complexes

SAINT-SÉBASTIEN — L'actrice française Eva Green a confié samedi à l'AFP son attirance pour les personnages complexes, à l'image de l'astronaute qui doit se séparer de sa fille pour vivre son rêve qu'elle incarne dans «Proxima», en compétition au festival de Saint-Sébastien (nord de l'Espagne).

«J'ai vraiment aimé l'idée de cette femme astronaute déchirée entre poursuivre son rêve et devoir abandonner sa fille. C'est toujours intéressant pour un acteur d'incarner un personnage en proie à un conflit», a expliqué Eva Green.

Proxima est réalisé par la Française Alice Winocour. «Elle est très exigeante, elle vous pousse en dehors de votre zone de confort, ce que j'apprécie, parce que j'aime la difficulté, j'aime devoir dépasser mes limites», a ajouté l'actrice, notamment remarquée comme James Bond girl en 2006 dans Casino Royale, ainsi que dans la série d'horreur victorienne Penny Dreadful.

De fait, Eva Green s'est soumise à un entraînement physique rigoureux pour entrer dans la peau de Sarah, une spationaute française qui s'entraîne à l'Agence spatiale européenne, à Cologne.

«J'ai dû faire de la musculation parce que les femmes astronautes doivent avoir un dos solide pour pouvoir porter les combinaisons spatiales, qui sont très très lourdes», a-t-elle expliqué.

«Les films qui se passent dans l'espace en donnent parfois une idée glamour, mais en fait, aller dans l'espace, c'est très dur pour le corps. Il faut être un peu fou pour le faire, ce sont des superhéros!»

Dans le film, qui a été tourné dans de vrais centres d'entraînement d'astronautes, Sarah est sélectionnée pour rejoindre l'équipage de la mission «Proxima», qui doit passer un an sur la Station spatiale internationale, en vue d'un voyage vers Mars.

Une relation mère-fille qui se brise

Mais cela signifie se séparer de sa petite fille de sept ans, qui va devoir vivre avec son père. Alors qu'elle subit les épreuves les plus exigeantes, Sarah doit se faire à l'idée qu'elle doit abandonner Stella si elle veut vraiment réaliser son rêve d'aller dans l'espace.

Le film tourne davantage autour des relations humaines que des effets spéciaux, montrant comment se brise la relation entre une mère et sa fille — interprétée par Zélie Boulant, «une actrice d'une profondeur surprenante pour son âge, très spontanée et avec beaucoup de grâce», selon Eva Green.

Le fait que la réalisatrice et l'actrice principale soient des femmes montre que l'industrie du cinéma évolue, d'après elle.

«C'est un film formidable parce qu'il prend un point de vue féministe, c'est très stimulant de voir une femme astronaute, qui rivalise dans un environnement masculin, dans lequel elle doit bien sûr travailler et s'entraîner plus dur simplement pour être considérée comme une égale», a commenté Eva Green.

Quoi qu'il en soit, il y a encore du pain sur la planche, estime-t-elle. «Les femmes devraient recevoir le même salaire que les hommes, que ce soit au cinéma, dans les entreprises ou dans n'importe quel domaine où elles font le même travail qu'eux. Là, il n'y a pas encore eu beaucoup de progrès...»

Proxima, filmé en anglais, français, allemand et russe, dont la distribution compte également l'Américain Matt Dillon et l'Allemand Lars Eidinger, est en compétition avec 15 autres films pour recevoir la Concha de Oro (Coquille d'or), qui sera décernée samedi prochain.

Musique

La liste des reprises qui sont meilleures que les originales

Where Did You Sleep Last Night (1994), Nirvana

Issue du répertoire folklorique américain, cette pièce est tombée dans l’oreille des fans de grunge quand Nirvana l’a incluse dans son concert acoustique immortalisé par MTV. Une prestation intense culminant avec la voix de Kurt Cobain qui casse sous l’émotion... Et une sortie posthume, sept mois après le décès du chanteur. De quoi en faire un nouveau classique. Geneviève Bouchard

Football

Les Alouettes comblent un retard de 20 points et l'emportent

MONTRÉAL — Les Alouettes de Montréal ont comblé un retard de 20 points au quatrième quart et ravi les 19 070 spectateurs au stade Percival-Molson - leur plus importante foule de la saison - avec un gain in extremis de 38-37 aux dépens des Blue Bombers de Winnipeg.

C'est une passe de touché de 15 verges de Vernon Adams fils à Jake Wieneke — sa quatrième du match — qui a permis de créer l'égalité à 37 partout.

«C'est un jeu que je cours souvent. Je longe les traits hachurés. Vernon me dit depuis le début de l'année de le courir exactement d'une façon et il m'a trouvé quand c'était le temps. La passe est passée à quelques millimètres du poteau des buts, jusque dans mes mains. C'était un jeu parfait.»

Boris Bede a concrétisé cette victoire en réussissant le converti.

Les Alouettes ont franchi 95 verges sur cette dernière poussée, alors qu'il ne restait que 62 secondes à écouler. Une spectaculaire passe de 60 verges à Quan Bray a mis la table à celle pour Wieneke. La troupe de Khari Jones a eu le dessus 21-0 au pointage dans la dernière période.

«C'est probablement ma victoire la plus excitante en saison, même si j'ai déjà été impliqué dans plusieurs d'entre elles, y compris cette année, a noté l'entraîneur-chef, Khari Jones. Les gars se sont battus. Peu importe le négatif qui a pu arriver, les gars n'ont jamais abandonné et Vernon a été exceptionnel. Il a fait une erreur et s'est immédiatement repris. La défense a fait le boulot quand ç'a compté: ils n'ont accordé que trois points en deuxième demie.»

Chris Matthews a inscrit deux majeurs contre son ancienne formation. DeVier Posey et Adams ont inscrit les autres.

Adams a connu le meilleur match de sa carrière, avec 488 verges de gains aériens. Il a complété 27 de ses 43 passes et n'a commis qu'une interception. Il a ajouté 38 verges au sol en six courses.

Il s'agit d'un retour historique pour les Alouettes (7-5), qui perdaient 34-10 à un certain moment. C'est la première fois de leur histoire qu'ils comblent un retard de 24 points. L'ancien record était un écart de 20 points comblés, le 10 juillet 1981, face aux Argonauts de Toronto. Vince Ferragamo pilotait alors l'attaque des Oiseaux.

La réplique des Blue Bombers (10-4) est venue des trois touchés du quart Chris Streveler (19 en 22, 180 verges, un touché une interception), un autre de Dervin Adams et un dernier par Kyrie Wilson en défense.

Actualités

S’élever au-dessus de la maladie... en hydravion!

Hugo Desrochers a combattu une leucémie en 2010. En rémission, il souhaitait s’impliquer auprès d’autres personnes atteintes d’une maladie. Puis il a décidé d’unir ses deux passions, l’aviation et le désir d’aider les enfants, pour créer la fondation Vol d’un survivant à l’autre.

Hugo et son équipe offrent la chance aux enfants malades et à leur famille de faire un tour d’hydravion au-dessus du Lac Saint-Augustin, tout à fait gratuitement. Cette année marque la huitième édition de l’événement.

«C’est comme un petit Rêves d’enfants. La première édition, il y a eu un vol. Après on a grandi, et grandi. L’année passée, il y en a eu 13 et cette année, on est rendu à 34, avec quatre avions pour réaliser les vols.»

En plus de tenir une journée d’activités, où les enfants et leurs familles s’amusent pour ensuite sauter dans un hydravion pour voler au-dessus de la ville, la fondation de M. Desrochers amasse des sous. La somme entière est remise à la Fondation Charles-Bruneau, qui partager leurs valeurs et objectifs.

«Je suis fier de dire que cette journée, c’est notre équipe qui crée l’activité, avec tout plein de bénévoles et de commanditaires. Ça prend quelqu’un du milieu, sinon ce genre d’activité n’existerait pas. La Fondation Charles-Bruneau nous offre un soutien et une notoriété.»

Un cadeau

Samedi en début d’après-midi, M. Desrochers revenait tout juste de compléter un vol avec une famille. Le petit garçon débarquait de l’avion tout heureux, les yeux brillants.

«Les parents disaient qu’il était en traitement de chimiothérapie toute la semaine. Il pensait à son tour d’avion et ça a été sa motivation. Entendre ça, c’est ma paie pour l’année. C’est trippant de voir l’émotion des gens quand on les entre dans l’avion, quand on revient. On sort de l’avion et on est émerveillés.»

L’objectif de cette journée de vol est d’offrir un moment de répit aux familles, de les aider à passer au travers de moments difficiles. Après huit ans, le fondateur et pilote réalise moins de vols qu’avant, il est bien occupé avec l’organisation de la journée, les jeux gonflables ou l’alimentation.

«Au début, je faisais tous les vols, je me suis distancé pour organiser la journée, mais c’est important pour moi de continuer à faire quelques vols pour rester connecté avec ce que j’ai bâti. C’est le plus important.»

Vol d’un survivant à l’autre aura amassé plus de 20 000 $ en dons cette année.

Actualités

Près de 500 employés de la Sépaq en grève, perturbant les activités de chasse

MONTRÉAL — Près de 500 employés de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) sont en grève depuis minuit samedi, perturbant ainsi les activités de chasse.

Toutes les 13 réserves fauniques et l'Auberge Port-Menier sont touchées par ce débrayage. Ces endroits demeurent ouverts au public, mais certains services pourraient être affectés. Par exemple, les chasseurs ont accès au territoire et à leur zone de chasse, mais ils pourraient être affectés dans les services de restauration, de ménage ou de guide. Dans ces cas, des remboursements ont été prévus, a expliqué le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin.

Mais avant même d'amorcer le débrayage, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui représente les employés de la Sépaq en grève, a toutefois accusé l'employeur d'avoir planifié le recours à des «briseurs de grève potentiels». Une mise en demeure a donc été envoyée à la Sépaq, vendredi à midi, a indiqué le président général du SFPQ, Christian Daigle, en entrevue à La Presse canadienne samedi matin. Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a été mis en copie sur le document.

«On a des informations comme quoi des gens auraient été embauchés comme guides de chasse, qui n'ont pas l'accréditation et qui ne sont pas du personnel d'encadrement, raconte M. Daigle. On sait qu'il y a des gens qui sont arrivés de l'île d'Anticosti, qui ne sont pas des gens de la Sépaq [...] pour accomplir les tâches de nos membres. Il y a également des agents de conservation de la faune qui se sont fait demander de patrouiller sur le territoire de la Sépaq alors que ce n'est pas leur mandat principal.»

Du côté de l'employeur, on conteste la perception du syndicat. Joint au téléphone samedi, le porte-parole de la Sépaq, Simon Boivin, a assuré qu'aucun briseur de grève ne se trouve aux endroits touchés par la grève.

«Il n'y a que des employés-cadres, reconnus comme tels au sens du Code du travail, qui font du travail d'employés syndiqués qui sont en grève présentement», a affirmé M. Boivin.

«Le plan de contingence qui a été mis en place par la Sépaq pour s'assurer de garder l'accès au territoire respecte le Code du travail», selon le porte-parole de la Sépaq, ce que met en doute le syndicat.

«Présentement, tout cadre à la Sépaq ne peut pas accomplir les tâches dans les réserves fauniques parce que ça prend quelqu'un qui a les accréditations, qui fait déjà partie de l'équipe de la réserve faunique, rétorque M. Daigle. Un cadre dans un parc national n'a pas le droit d'aller dans une réserve faunique pour faire le travail, tout comme un cadre embauché après le 1er janvier 2019, donc après le début des négociations.»

Le débrayage amorcé par les syndiqués des réserves fauniques va se poursuivre jusqu'à jeudi matin, à moins d'une entente. D'autres moyens de pression ne sont pas exclus non plus de la part des 2000 autres employés syndiqués de la Sépaq, selon M. Daigle.

Les négociations entourant le renouvellement de la convention collective des employés de la Sépaq sont interrompues depuis mercredi soir, les positions des parties semblant irréconciliables.

Des demandes jugées «déraisonnables»

Plus tôt cet été, les deux parties semblaient pourtant près de s'entendre. En fait, une entente de principe avait même été conclue dans les heures précédant les vacances de la construction, mais celle-ci a été rejetée par les syndiqués qui estiment que leurs conditions salariales ne reflètent pas le coût de la vie. L'entente de principe rejetée prévoyait des augmentations d'un peu plus de 5 % sur cinq ans.

«Les nouvelles demandes viennent augmenter de 50 % le coût de ce qui avait été convenu à l'entente de principe qui était intervenue en juillet, déplore M. Boivin. Ces demandes ont été jugées irréalistes et déraisonnables par la partie patronale.»

C'est ce qui explique, selon lui, que les négociations soient rompues et qu'il n'y ait pas de date de retour prévue à la table de négociation présentement, même si un conciliateur est toujours impliqué dans le dossier.

Du côté syndical, Christian Daigle reconnaît que c'est le volet salarial qui est au coeur du litige. Il ne comprend pas que l'employeur n'a pas modifié son offre depuis le rejet de l'entente de principe, d'autant plus qu'il estime que cela va à l'encontre de ce que souhaite le premier ministre François Legault, lui-même.

«C'est pourtant ce que le premier ministre Legault disait lorsqu'il a dit que les syndiqués devraient s'attendre à avoir le coût de la vie et pas nécessairement plus», en référence à la prochaine ronde de négociations dans le secteur public.

«Si M. Legault offre le coût de la vie pour les employés de l'État, et bien nos membres en font partie», martèle le président du SFPQ qui souligne que la moyenne salariale se situe entre 16$ et 17$ de l'heure pour les employés de la Sépaq.

«Eux qualifient ça de déraisonnable! À travers les dernières conventions collectives, les membres se sont appauvris parce qu'il y a eu l'austérité libérale, la crise économique. Aujourd'hui, le gouvernement du Québec nage dans les surplus budgétaires», ajoute-t-il.

Il a justement été question des surplus budgétaires dans les couloirs de l'Assemblée nationale, jeudi, mais le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, répétait qu'il souhaitait toujours une entente qui respecte la capacité à payer des contribuables québécois.

«Il faut faire attention avec les surplus. Vous savez, il y a d'autres négociations qui s'en viennent, soulignait le ministre en mêlée de presse. On a des gens dans les zecs ou dans d'autres milieux qui nous demandent de respecter leur capacité de payer et si on vient déstabiliser tout le système, à un moment donné ça ne marchera plus.»

La Sépaq compte environ 3000 employés, dont quelque 2500 travailleurs syndiqués avec le SFPQ, et plusieurs employés saisonniers. Tous ces travailleurs sont encadrés par neuf conventions collectives qui font l'objet des négociations actuelles.

Élections 2019

Scheer s’engage à ne pas couper l’aide financière promise aux médias

S’il est porté au pouvoir, le chef du Parti conservateur du Canada Andrew Scheer s’engage à ne pas couper l’aide financière de 595 millions $ sur cinq ans promise aux médias lors du dernier budget fédéral.

Dans une entrevue exclusive accordée à La Tribune lors de son passage à Sherbrooke, jeudi, le chef conservateur a expliqué qu’un gouvernement conservateur créerait une régie pour attribuer les montants aux créateurs de contenu journalistique selon des critères déterminés par cette entité indépendante.

« Nous n’allons pas tirer le tapis de ce montant annoncé, mais nous allons changer le système pour attribuer l’argent. Nous voulons assurer l’indépendance des médias en nous assurant que le gouvernement ne puisse pas s’ingérer et que les Canadiens savent qu’il n’y a aucune possibilité d’ingérence (...) J’ai des inquiétudes avec le plan libéral. C’est le gouvernement qui conservait le pouvoir de décider à qui serait versé l’argent. Nous voulons créer une régie qui fonctionne sans l’intervention du gouvernement » , mentionne Andrew Scheer.

Ce dernier explique que cette régie imposera un partage des revenus des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple).

« Nous allons imposer un partage des revenus avec les journalistes (...) Nous connaissons l’impact de la crise que traversent les médias. Mon père a travaillé pour le quotidien Ottawa Citizen. Je crois aux médias. Ils jouent un rôle très important dans notre démocratie », affirme M. Scheer.

Le chef du Parti conservateur du Canada a terminé sa neuvième journée de campagne électorale au cœur de Sherbrooke.

Avec comme décor le lac des Nations et le mont Orford, Andrew Scheer est arrivé sur la terrasse du grand Hôtel Times par la passerelle des Draveurs en compagnie de son épouse Jill et du candidat de la circonscription de Sherbrooke, Dany Sévigny. 

Le lieutenant québécois et candidat dans Richmond-Arthabaska Alain Rayes ainsi que les candidats conservateurs régionaux Jessy McNeil dans Compton-Stanstead, Bruno Côté dans Brome-Missisquoi et Nathalie Clermont dans Shefford ont accueilli le chef conservateur.

« Notre plan est simple, plus pour vous dès maintenant. Nos idées vont rendre la vie plus abordable pour les Canadiens. Nous allons éliminer la TPS sur les factures d’Hydro, nous allons abaisser les impôts personnels. Nous sommes le seul parti avec un plan sur l’environnement. Nous allons mettre fin aux déversements d’eaux usées dans nos fleuves et nos rivières », a lancé Andrew Scheer aux militants qui l’attendaient à Sherbrooke. 

Le Mag

Grandir à la ferme: la garderie dans le champ

Mardi matin, 10h. Sur le boulevard Louis-XIV, au nord de Beauport, les cigales chantent dans un grand champ où mûrissent les citrouilles de la ferme Bédard Blouin. À côté, une vieille maison fraîchement rénovée et additionnée d’une grande annexe moderne. Tout est calme… jusqu’à ce qu’une porte s’ouvre sur le côté et laisse s’échapper une ribambelle d’enfants sautillants. Bienvenue dans une garderie nouveau genre, où la nature est au cœur de la vie quotidienne.

À peine sortis, les petits courent vers le champ. L’un d’eux s’arrête, ramasse une roche et la montre, tout fier, à son éducatrice Mélanie Deslauriers. Au menu aujourd’hui pour ce groupe de l’installation Les Pouces verts du CPE La Courtepointe: cueillette de fleurs sauvages, destinées au pressoir. «Tu vois, c’est celle-ci qu’il ne faut pas cueillir. Oh! Regarde la petite araignée!», lance Jennifer Carpentier, qui suit de près avec son propre groupe. 

Les enfants ont investi la garderie Les Pouces verts depuis quelques semaines seulement. Déjà, les petits et grands explorent le verger et les champs à chaque sortie. À terme, les groupes d’enfants âgés de 4 à 5 ans vont s’aventurer plus loin, dans la forêt qui borde la ferme Bédard Blouin, et y passer des journées complètes, repas et sieste compris. «Ils vont se bâtir des abris», explique Marie-Ève Larouche, directrice adjointe, qui nous fait le tour du propriétaire.

Actualités

Sauvetage inusité de trois chatons

Trois chatons en mauvaise posture et un trio de bénévoles déterminés de la fondation les Chatmoureux : il n’en fallait pas plus pour qu’une opération de sauvetage soit lancée cette semaine, rue Gatien à Granby. Et, cerise sur le sundae, l’histoire connaît une fin heureuse.

« Ça a été un sauvetage intense. Je n’ai jamais creusé autant que ça », raconte l’un des bénévoles qui ont participé à l’opération, Mario Bergeron.

Actualités

Pesticides: «Nous avons failli à la tâche», selon Louis Robert

«Nous avons failli à la tâche.» Le constat que pose le sonneur d’alerte Louis Robert est brutal : si l’agriculture actuelle peine tant à réduire sa dépendance aux pesticides et aux engrais, c’est parce que les mécanismes de surveillance de l’industrie étaient insuffisants ou ont mal fonctionné.

M. Robert est cet agronome du Ministère de l’Agriculture du Québec (MAPAQ) qui a dénoncé dans les médias, en 2018, les ingérences lourdes et répétées du privé dans la recherche scientifique menée au Centre de recherche sur les grains (CÉROM), pourtant principalement financé par le public. Une note ministérielle montrait que le MAPAQ était au courant du problème, mais M. Robert — un agronome de grande réputation — avait tout de même été congédié en janvier dernier. Il a toutefois été réintégré dans ses fonctions cet été, avec des excuses du premier ministre François Legault.

«On a beaucoup d’outils qui [permettraient] de se passer des pesticides», a dit M. Robert, vendredi midi, lors d’une conférence à l’Université Laval. Par exemple, a-t-il illustré, si on faisait du dépistage des insectes ravageurs avant d’appliquer des pesticides, on pourrait se passer de pesticides dans la plupart des cas. Une étude réalisée au CÉROM en 2014 et 2015 dans une cinquantaine de champs de maïs du Québec a trouvé que les ravageurs n’étaient suffisamment abondants pour causer des problèmes que dans 3,8 % des cas. Or jusqu’à tout récemment, 99 % des semences de maïs étaient traitées préventivement avec des néonicotinoïdes (un insecticide). C’est donc dire que la grande majorité de ces pesticides sont utilisées en pure perte, a plaidé M. Robert.

Or jusqu’aux années 90, le dépistage était beaucoup plus utilisé qu’aujourd’hui. Si cet «outil»-là (et d’autres) ne sont pas plus utilisés de nos jours, c’est parce que les autorités publiques n’ont pas joué leur rôle et ont laissé l’industrie prendre presque toute la place, estime l’agronome.

«D’une part, les conseillers de l’industrie sont plus présents sur le terrain que les conseillers qui ne sont pas liés à l’industrie. Et d’autre part, parmi les agronomes, il y a maintenant une majorité qui sont du privé alors qu’avant, c’était le contraire : il y avait plus d’agronomes du public. [... Alors] ça revient toujours à la présence d’agents de transfert technologique, les vulgarisateurs, sur le terrain avec les producteurs. Et même les représentants [des distributeurs de pesticides, NDLR] réclament ça maintenant, ils reconnaissent que ça a été un manque», indique M. Robert.

À son avis, la structure de gestion de groupes de recherche comme le CÉROM — et il en existe d’autres du même genre au Québec, bien qu’ils n’aient pas connu de scandale d’ingérence —, où le financement est largement public, mais la gestion, surtout privée, doit être revue. «Je parlais récemment à une chercheuse de l’Université Cornell [dans l’État de New York, NDLR], et elle n’en revenait pas que des compagnies au Québec siègent sur des comités d’élaboration des recommandations. Et elle m’a dit : tu peux chercher dans les 50 États, tu ne trouveras ça nulle part. Même aux États-Unis, paradis de la libre entreprise, il n’y a pas de compromis sur [la séparation des intérêts public et privé, NDLR]. Les gens du privé font leur affaire, et les gens du public font la leur», dit l’agronome.

Rappelons que M. Robert a été invité à témoigner devant la commission parlementaire sur les pesticides, la santé publique et l’environnement, qui aura lieu la semaine prochaine.

Football

Les Patriots libèrent le receveur Antonio Brown après une autre accusation

FOXBOROUGH, Mass. — Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont décidé de libérer le receveur de passes Antonio Brown après qu’une deuxième victime alléguée l’eut accusé d’inconduite sexuelle.

La formation de Foxborough est la troisième à perdre patience avec le comportement du receveur en sept mois.

Les champions en titre du Super Bowl en ont fait l’annonce en fin de journée, vendredi, dans un communiqué envoyé aux journalistes. Trois minutes plus tôt, Brown avait envoyé un message sur les réseaux sociaux remerciant les Patriots pour l’opportunité.

Brown a été accusé de viol par son ancienne préparatrice physique. Il fait aussi face à des allégations d’inconduite sexuelle d’une deuxième victime. Il se serait dénudé devant l’artiste venue peindre une murale dans sa résidence.

L’entraîneur-chef des Pats, Bill Belichick, et le quart-arrière Tom Brady ont tous deux refusé de commenter la situation de Brown - l’un des plus prolifiques receveurs de la NFL depuis 10 ans - lors de leur disponibilité média de vendredi. Belichick a dit en matinée que l’équipe «étudiait des éléments» avant de couper court sa conférence de presse quand les journalistes ont continué de poser des questions sur Brown.

Questionné à savoir s’il s’attendait à voir Brown jouer contre les Jets de New York, dimanche, Belichick a simplement affirmé qu’il «était dans la formation».

Environ cinq heures plus tard, il ne l’était plus.

Dans le courriel attribué à un «porte-parole» des Patriots, l’équipe a indiqué: «Nous apprécions le travail acharné déployé par plusieurs personnes au cours des 11 derniers jours, mais nous croyons qu’il vaut bien aller dans une direction différente à ce moment-ci».

Selon un article du Sports Illustrated, l’artiste a reçu «un message texte de groupe qui semblait provenir du même numéro de téléphone que Brown lui avait donné en 2017. Le message à la chaîne, qui comprenait quatre autres numéros de téléphone, incluait des photos d’elle et de ses enfants alors que la personne qu’elle croit être Brown encourageait les autres à enquêter sur l’artiste. La personne ayant envoyé le message texte accusait l’artiste d’avoir inventé son récit de l’incident de 2017 afin d’obtenir une somme d’argent».

Les avocats de l’artiste ont mentionné dans un communiqué que la NFL et les Patriots avaient «pris au sérieux les préoccupations de leur cliente».

«Elle voulait que les menaces et l’intimidation cessent et nous espérons que ce soit le cas, ont écrit les avocates Lisa Banks et Debra Katz dans un courriel envoyé aux journalistes. La NFL nous a assuré que peu importe le statut d’Antonio Brown, elle allait continuer son enquête.»

Plus tôt, l’équipementier Nike a rompu ses liens avec le receveur. Par courriel, la compagnie a simplement indiqué que «Antonio Brown n’est plus un athlète Nike».

Nommé quatre fois parmi l’équipe d’étoiles de la NFL, Brown a capté 837 passes en neuf saisons avec les Steelers de Pittsburgh. L’équipe l’a envoyé aux Raiders, qui lui ont consenti un contrat de trois ans d’une valeur de 50 millions $ US.

Brown n’a cependant disputé aucun match avec les Raiders, car ils l’ont libéré avant l’ouverture de la saison. Les Patriots ont embauché le receveur quelques heures plus tard, lui offrant un contrat d’un an d’une valeur de 15 millions $.

Vendredi, les coéquipiers de Brown ont insisté sur le fait qu’ils tentaient de se concentrer sur leur duel contre les Jets et qu’il faisait de même.

Techno

Respect de la vie privée: Facebook suspend des dizaines de milliers d'applications

SAN FRANCISCO — Facebook, soumis à une pression croissante des autorités américaines, a annoncé vendredi avoir suspendu de la plateforme des dizaines de milliers d’applications, qui posent potentiellement un risque en termes de respect de la vie privée de ses utilisateurs, d’après une enquête interne menée sur des millions d’applications.

Le réseau social a lancé cette enquête en réponse au scandale dit de Cambridge Analytica: en 2018, un lanceur d’alerte a révélé que cette entreprise britannique avait mené des campagnes de manipulation massives, via des applications tierces sur Facebook, pour influencer les électeurs américains et britanniques.

«Nous avions promis à l’époque que nous passerions en revue toutes les applis ayant eu accès à des quantités importantes d’informations (sur les utilisateurs, NDLR) avant le changement de notre règlement en 2014», explique dans un communiqué Ime Archibong, vice-président des partenariats chez Facebook.

Pour cette grande enquête, la plateforme a travaillé avec des «centaines de personnes: avocats, enquêteurs externes, analystes de données, ingénieurs (...)», afin de «mieux comprendre les mécanismes abusifs» et pour pouvoir, in fine, «déloger les acteurs néfastes parmi les développeurs».

Les suspensions concernent 400 développeurs, mais «ne signifient pas nécessairement que ces applis représentent une menace pour les gens», a indiqué Ime Archibong.

«Loin d’avoir fini» 

En mars 2018, un ancien employé de la société d’analyse de données britannique Cambridge Analytica (CA) a révélé qu’elle avait récolté à leur insu les données personnelles de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook aux États-Unis.

Des informations qui auraient permis d’élaborer des profils psychologiques pour les cibler ensuite avec des messages politiques, notamment en faveur du Brexit ou de l’élection de Donald Trump à la présidence américaine en 2016.

L’agence de protection des consommateurs américaine a infligé en juillet une amende record de 5 milliards de dollars à Facebook pour avoir «trompé» ses utilisateurs sur le contrôle de leur vie privée, notamment lors de cette fuite massive de données personnelles.

«Nous sommes loin d’avoir fini» relate Ime Archibong à propos de l’investigation interne en cours. «Tous les mois, nous incorporons ce que nous avons appris et nous réexaminons les manières pour les développeurs d’utiliser nos plateformes», comme Instagram, réseau social plus axé sur les photos et vidéos, et la messagerie Messenger.

Il rappelle que la plateforme a restreint les possibilités pour les applications de collecter des données à moins de démontrer qu’elles servent à «améliorer l’expérience de l’utilisateur. (...) Les applis dont l’utilité est limitée, comme les jeux-questionnaires de personnalités, ne sont plus autorisées sur Facebook».

Actions en justice 

Certaines applications ont été suspendues parce qu’elles «n’ont pas répondu à nos requêtes demandant plus d’informations», précise-t-il, et quelques-unes ont été interdites, notamment pour «avoir partagé des données de façon inappropriée» ou «ne pas avoir protégé l’identité d’utilisateurs».

Facebook a aussi entrepris des actions en justice contre des sociétés qui refusent de coopérer ou qui ont créé des applications pour pirater les téléphones d’usagers.

Depuis l’éclatement du scandale de Cambridge Analytica, le réseau aux 2,4 milliards d’utilisateurs est soumis à une attention toute particulière, notamment de la part des gouvernements occidentaux, concernant l’usage et la gestion des données personnelles. Il fait face à plusieurs enquêtes aux États-Unis sur ce sujet ainsi que sur ses pratiques commerciales.

Le patron et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a été reçu jeudi par Donald Trump à la Maison-Blanche, et a rencontré des élus au Congrès américain. Selon le sénateur Josh Hawley, il a rejeté l’idée de vendre Instagram et WhatsApp afin de répondre aux préoccupations sur le poids de son réseau social.

Le modèle économique de Facebook repose sur la collecte de données des utilisateurs, qui sont anonymement agrégées et revendues aux annonceurs pour un ciblage publicitaire à la fois très fin et à très grande échelle.