La Cour Suprême du Canada
La Cour Suprême du Canada

Écoles en Colombie-Britannique: les francophones célèbrent d'un océan à l'autre

«C’est une grande victoire. Tous les francophones en milieu minoritaire célèbrent aujourd’hui», soutient le président de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF), Louis Arseneault, après une décision attendue de la Cour suprême sur le financement des écoles francophones en Colombie-Britannique.

Pour M. Arsenault, il s’agit d’une victoire sur toute la ligne puisque la Cour suprême du Canada reconnaît non seulement que les provinces ne peuvent invoquer d’arguments budgétaires pour repousser des investissements dans les écoles francophones, mais aussi le droit des francophones à une éducation équivalente.

C’est donc dire qu’une école pour 75 élèves francophones doit avoir des installations équivalentes à celles d’un établissement pour 400 élèves anglophones, comme un gymnase et une cour extérieure.

À LIRE AUSSI: Victoire pour des parents franco-colombiens devant la Cour suprême

«Nous serons toujours minoritaires. […] On n’atteindra jamais les mêmes chiffres que les écoles anglophones, alors il faut une équivalence», indique le président de la FNCSF, soulignant que certaines écoles francophones en milieu minoritaire, au fil des années, étaient ni plus ni moins des roulottes.

«C’est une victoire sur toute la ligne, renchérit le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin. Le jugement fait en sorte que si jamais, dans le futur, un gouvernement est tenté de couper au sein de l’éducation francophone, il irait à l’encontre de la Charte.»


« Nous serons toujours minoritaires. »
Louis Arsenault

La francophonie ontarienne célèbre

M. Jolin souligne le travail des 10 dernières années du Conseil scolaire francophone — en Colombie-Britannique — et de la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique qui a permis aux francophones d’un océan à l’autre d’obtenir cette «assurance».

Le président de l’AFO soutient que les Franco-Ontariens comptent sur un réseau d’écoles francophones solide. La décision de la Cour suprême ne devrait donc pas apporter beaucoup de changements à court terme, mais il protège les francophones contre une potentielle dérive d’un futur gouvernement provincial.

«Nos gouvernements, c’est tout à leur honneur, se sont assurés qu’on ait toujours eu des infrastructures de qualité pour nos élèves», affirme Carol Jolin.

«Je suis incroyablement soulagée de voir que ce pas vers une éducation juste et équitable pour les jeunes francophones en Colombie-Britannique et ailleurs au Canada a été pris», lance de son côté la présidente sortante de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, Karelle Sikapi.

«L’éducation est la pierre angulaire pour préserver notre langue et notre culture. […] Une éducation de qualité doit donc être accessible dans tous les coins de notre pays. La décision rendue par la Cour suprême du Canada crée un précédent important, non seulement pour la Colombie-Britannique, mais pour toutes les provinces du Canada», affirment de leur côté les députées libérales provinciales Lucille Collard, Amanda Simard et Kathleen Wynne.

De son côté, la ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, a commenté via les médias sociaux vendredi matin, pour signifier son appui aux communautés francophones en milieu minoritaire.

«Des générations de Canadiens auront accès à l’éducation dans leur langue grâce au combat des parents franco-colombiens. Aujourd’hui, la francophonie canadienne est plus forte grâce à vous», a écrit Mme Joly.

«L'accès à l'éducation en français est un droit pour tous les Canadiens et Canadiennes», a pour sa part réagit la ministre Caroline Mulroney.