Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Jason St-Amour, demande au gouvernement de faire partie des comités de travail sur la nouvelle plateforme virtuelle.

eCampus: les étudiants inquiets

Les étudiants des cégeps et des universités se réjouissent que le gouvernement bouge et crée un eCampus Québec, mais ils s’inquiètent de l’échéancier serré et de la qualité des cours qui y seront offerts.

Jason St-Amour, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), et Simon Telles, président de l’Union étudiante du Québec (UEQ), ont appris dans Le Soleil lundi que le ministère de l’Enseignement supérieur souhaite présenter d’ici l’été prochain un modèle de plateforme virtuelle où tous les cégeps et universités du Québec pourront offrir des cours en ligne aux étudiants.

«On nous avait dit que ça serait pas fait en vase clos, mais pour l’instant, on n’est pas informés», lance M. Telles, déçu. Les deux associations étudiantes, qui représentent les cégépiens et les universitaires, demandent à la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David de faire partie des comités de travail qui sont en train d’être créés.

«Il faut se mettre au diapason des autres provinces. On pense que c’est un outil qui va permettre d’attirer des étudiants plus âgés et d’atteindre la conciliation travail-études-famille», indique M. St-Amour.

Par contre, il s’inquiète de la nature du projet. «On a beaucoup de retard, c’est vrai. Mais là, s’entendre vite sur un modèle, à quelques mois des élections, ça peut être difficile. Quand on vient révolutionner le réseau comme ça, c’est des travaux de longue haleine», dit-il.

M. St-Amour souhaite que les étudiants qui choisissent de suivre des cours en ligne aient accès aux mêmes services (orientation, aide pédagogique, etc.) que ceux qui suivent des cours en classe. La FECQ et l’UEQ soulignent également que les étudiants qui vivent dans les milieux autochtones ou en région éloignée n’ont pas tous accès à une connexion Internet haute vitesse, si bien qu’ils ne peuvent suivre ce type de cours. 

Selon eux, il est primordial que le gouvernement investisse plusieurs millions de dollars dans un futur eCampus Québec, afin de ne pas dégarnir les subventions actuelles aux cégeps et aux universités et de trouver un équilibre au Québec entre les cours en ligne et les cours en classe. «Il ne faut pas que le eCampus Québec, ça devienne une façon de diminuer les coûts du système universitaire. On est très ouverts aux cours en ligne, mais pas au détriment de la qualité des cours et du contact humain, qui est souvent nécessaire», indique M. Telles.

Hélène David rassurante

La ministre Hélène David s’est voulue rassurante mardi et dit vouloir recueillir l’avis des étudiants, qui seront en quelque sorte «les clients» de cette nouvelle plateforme commune. «On va s’arranger pour que les étudiants se retrouvent là-dedans, qu’ils soient consultés», indique-t-elle en entrevue téléphonique. La ministre souhaite également consulter les professeurs au cours des prochains mois.

«Je rêverais qu’en 2019, on puisse vraiment être fonctionnels», lance-t-elle, enthousiaste. À l’heure actuelle, 92 000 étudiants suivent des cours en ligne auprès des différentes institutions québécoises. «Ce n’est que le début. C’est vraiment un incontournable.»


« On est très ouverts aux cours en ligne, mais pas au détriment de la qualité des cours et du contact humain, qui est souvent nécessaire »
Simon Telles, président de l’Union étudiante du Québec

Mme David explique que la plateforme eCampus Québec sera une sorte de catalogue de tous les cours offerts par les universités et les cégeps, un catalogue qui pourrait faire rayonner la formation québécoise à l’échelle internationale.

La ministre assure que «l’autonomie des institutions» sera respectée et qu’il «n’y aura aucun compromis sur la qualité des cours». Mme David précise qu’il y a de l’argent pour soutenir le développement du eCampus Québec, qui fait partie de la Stratégie numérique de son gouvernement.