Le directeur général de Monchénou, David Caron, aide Jérôme Beaulieu et Cédric Sévigny à mettre la table.

Du bon dans l’affaire Walmart

Quelques jours après que Walmart ait mis fin à son programme d’embauche pour les gens ayant des déficiences intellectuelles et soulevant un tollé dans la population, le directeur général de Monchénou, David Caron, voit du positif dans cette affaire. Enfin les personnes handicapées sont défendues et considérées dans l’opinion publique, analyse-t-il.

David Caron est satisfait de constater l’appui qui est donné aux gens handicapés. « Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle dans la situation de Walmart, affirme-t-il. La mauvaise, c’est que ces personnes-là se retrouvent avec rien. La bonne, c’est qu’il y a 30 ans, cette décision serait passée sous le radar.

Lire aussi: Walmart: la société doit réfléchir, dit la Commission des droits de la personne

« Ce que je trouve très positif, c’est qu’on s’intéresse à l’impact sur ces gens-là, poursuit M. Caron. Il y a une réussite de société, mais un échec au niveau du leadership de Walmart dans son programme. »

David Caron, qui dirige aussi l’entreprise Probex, applaudit les entreprises qui favorisent l’intégration des gens ayant des déficiences. « Ça met en valeur l’avancée et les efforts qu’on fait pour l’intégration sociale. Toutes les autres entreprises qui accueillent les personnes handicapées peuvent se féliciter. Il ne s’agit pas d’être contre Walmart, il s’agit d’être pour l’intégration sociale. Je pense que Walmart ne mérite pas ces gens-là », cogite-t-il, ajoutant que tous les résidents de Monchénou travaillent ou s’occupent de différentes façons.

Un plus pour une entreprise

Paul Mackenzie, le patron d’Arkel, une entreprise d’une vingtaine d’employés, accueille entre cinq et dix personnes handicapées. Selon lui, travailler avec ces gens-là est très agréable.

« Ils font partie intégrante de nos opérations, assure-t-il. Ils font du vrai bon travail. C’est certain qu’ils sont moins vite qu’un employé régulier, mais chacun a sa spécialité et chacun y trouve son compte. C’est une situation gagnante-gagnante pour l’individu et pour l’entreprise », poursuit M. Mackenzie.

Les patrons doivent être prêts à changer certaines méthodes de travail pour engager un employé avec un handicap. « À tout moment, ils peuvent venir dans le bureau pour nous demander une accolade, sourit le parton d’Arkel. Il faut être prêt pour ce genre d’intervention. Je dirais que ça donne une culture très humaine au travail. On aime ces gens-là et ils nous rendent l’appareil », renchérit-il.

Les petites entreprises qui embauchent des personnes handicapées ne le regrettent pas, pense M. Mackenzie. « C’est vraiment un succès chez nous. On en tire un bénéfice économique et un bénéfice au niveau de la culture de l’entreprise. Je suis surpris que Walmart n’ait pas réalisé le contexte global de l’embauche de ces gens-là. Pour une entreprise de petite taille comme la nôtre, c’est vraiment favorable », résume-t-il.