Serge Dubois et Daniel Royal ont été retrouvés morts dans une résidence de la rue Crabtree à Windsor. Une femme a également été grièvement blessée.
Serge Dubois et Daniel Royal ont été retrouvés morts dans une résidence de la rue Crabtree à Windsor. Une femme a également été grièvement blessée.

Drame familial: la Ville de Windsor en deuil

WINDSOR — « C’est une personne que j’aimais énormément », lance tristement la mairesse de Windsor, Sylvie Bureau, à la suite du décès de Serge Dubois.

Âgé de 62 ans, M. Dubois était très impliqué au sein de la communauté windsoroise. « Tout le monde le connaissait. C’est une famille très gentille, c’est extrêmement triste », avoue Mme Bureau.

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Drame de Windsor: l’ancien Sags Serge Dubois parmi les victimes

Dans les dernières années, l’homme s’est donné corps et âme pour les sentiers du site historique de la Poudrière de Windsor. « Il a accompli un travail extraordinaire. Il était membre du conseil d’administration. Il mettait plusieurs heures tous les jours. Serge Dubois pouvait arriver à 7 h et repartir à 19 h pour entretenir les sentiers. » La dame ajoute qu’il s’agissait d’une personne dévouée.

Sylvie Bureau mentionne qu’il était également un grand sportif. « Il a joué pour les Saguenéens de Chicoutimi et il a entraîné les Papetiers de Windsor. Lui et sa femme ont même traversé la Corse en marchant. »

Serge Dubois avait plusieurs projets en tête pour le site historique de la Poudrière. « C’est vraiment un homme qui n’arrêtait jamais. Il devait toujours avoir quelque chose à faire. Il avait des idées plein la tête », conclut Mme Bureau. 

Sylvie Bureau

Un choc

Ce choc se faisait également sentir dans la communauté. L’homme reconnu pour son bénévolat était bien connu dans la municipalité. 

Arrivé à vélo près des rubans délimitant le périmètre de sécurité, l’ancien commerçant Roger Godbout peinait à croire que son ami était l’une des victimes de ce tragique événement. « C’est un bon gars comme ça ne se peut pas. Je n’y crois pas. Il y a deux semaines, on a jasé un bon bout de temps », se rappelle-t-il, ému, se souvenant d’un service que Serge Dubois avait accompli pour un membre de sa famille.

« Je suis à l’envers, répète-t-il, confiant qu’il devra mettre beaucoup de temps pour s’en remettre. Il faisait du bénévolat à temps plein. Il faisait de 45 à 50 h par semaine. [...] Ça ne se peut pas que ça arrive à lui. Il avait encore des projets pour quatre ans dans les sentiers. Il se mêlait de ses affaires, s’occupait de son chalet, n’a jamais dit de mal de personne. Il a donné beaucoup de temps à la Poudrière. »

Selon ses dires, Roger Godbout aurait passé le flambeau du bénévolat à M. Dubois. « J’ai fondé le club Copains des neiges dans les années 1970 et Serge est venu me voir pour me dire que j’avais assez travaillé, qu’il voulait prendre ma place », raconte-t-il.

« Il travaillait bien et en équipe. Il sera très difficile à remplacer. On en avait encore besoin », résume Roger Godbout.

«Un homme aimé de tous» dit André Rousseau

 La mort de Serge Dubois fut un véritable choc pour toute la communauté sportive de Windsor. Le journaliste André Rousseau, qui l’a côtoyé pendant des années, confirme qu’il était apprécié de tous.

Serge Dubois a joué quatre ans dans la LHJMQ avec les Saguenéens de Chicoutimi, amassant 156 points en 236 matchs, de 1973-74 à 1977-1978.

Il s’est par la suite dirigé vers le job d’entraîneur; il a entre autres dirité les Papetiers de Windsor, dans l’ancienne Ligue semi-pro du Québec, devenu par la suite le Lacroix et enfin le Saint-François de Sherbrooke, de même que le Dubé d’Asbestos et même le Momo sports Excellence/ Sport Wellington en junior AA.

Avec les équipes seniors de Windsor, il a pu compter sur l’appui de son beau-frère Gaétan Pélissier.

Serge Dubois a notamment été l'entraîneur des Papetiers de Windsor et du Saint-François de Sherbrooke dans la Ligue de hockey semi-pro.

Au-delà de sa carrière sportive, Serge Dubois avait La Poudrière de Windsor très à coeur, dit M. Rousseau.

«C’était un petit joueur, de 5’9 et 140 livres, mais un joueur très travaillant. Un gars qui ne lâche jamais. Comme un Bob Gainey en plus petit. Il a travaillé longtemps à la Domtar et il a pris sa retraite il n’y a pas si longtemps. Il était très dévoué pour La Poudrière. Il s’était donné comme mission, à la retraite, de s’occuper des sentiers et des ponts sur le site. Il y a travaillé très fort, avec Jacques Dubois entre autres, et des associés, pour retaper ça et remettre ça dans de bonnes conditions. Ce sera l’un de ses plus beaux legs», a mentionné M. Rousseau.

«Je ne lui connaissais aucun ennemi. Je n’ai jamais entendu quelqu’un parler en mal de Serge. Un peu comme son père Raymond, qui a tant fait pour le sport mineur à Windsor, dans le temps. C’est une famille de sportifs. C’est une nouvelle épouvantable.»

Serge Dubois a participé à plusieurs matchs caritatifs de hockey, au fil des ans, notamment contre les anciens joueurs des Nordiques, en 2012.