«C’est ce qu’on demandait», a réagi Me Claude Robitaille, de la poursuite. Il s’est dit «absolument» satisfait de la décision rendue lundi par le tribunal.

Drame à Granby: liberté refusée pour le père de la fillette

Le tribunal a refusé, lundi, de remettre en liberté provisoire le père de la fillette de sept ans morte dans des circonstances tragiques, en avril.

Le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, a motivé sa décision en mentionnant plusieurs critères, dont l’impact que la remise en liberté de l’accusé de 30 ans aurait eu sur le public.

Cela aurait pu donner l’impression que le système a failli à sa tâche, a-t-il déclaré en substance. Les détails de sa décision, tout comme la preuve présentée jusqu’ici, sont frappés d’une ordonnance de non-publication afin de ne pas compromettre un éventuel procès.

Le père fait présentement face à des accusations de séquestration, d’abandon d’enfant et d’avoir omis de lui fournir les choses nécessaires à la vie. D’autres charges pourraient être déposées contre lui. 

Bref, il encourt une longue peine d’emprisonnement, a dit le juge, et la preuve déposée à ce stade-ci est « accablante ». De plus, l’accusé a des antécédents criminels et offrait de maigres garanties quant à sa capacité à respecter des conditions de remise en liberté. La question de la protection d’éventuels témoins au procès a aussi été évoquée.

Le juge a également rappelé les circonstances épouvantables ayant mené à la mort de la fillette à son domicile de Granby, tout en rappelant que la preuve présentée à l’enquête sur remise en liberté était incomplète. Des rapports policiers et d’autopsie sont toujours attendus.

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Satisfait

Procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Claude Robitaille s’est dit « absolument » satisfait de la décision rendue. « C’est ce qu’on demandait », a-t-il indiqué à sa sortie de la salle d’audience. La défense, représentée lundi par Me Marylie Côté, ne s’est pas adressée aux médias.

Vêtu d’un chandail vert blanc, le père n’a pas affiché de réaction à l’annonce de la décision. Il a repris le chemin des cellules jusqu’à au moins sa prochaine comparution, prévue vendredi. Son dossier et celui de sa conjointe, elle aussi accusée, doit revenir devant la cour afin de préciser la suite des choses.

La femme de 35 ans, qui pour sa part se défend d’accusations de séquestration et de voies de fait graves, a elle aussi demandé une enquête sur remise en liberté. La date n’a pas encore été précisée. 

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« J’aurais été renversé »

Présent à l’audience, l’oncle de la jeune victime s’est réjoui de la décision du tribunal. « J’aurais été renversé s’il avait été remis en liberté, a-t-il dit à La Voix de l’Est. Qui dit qu’il ne recommencera pas avec ses autres enfants ? »

« C’est une histoire qui a touché le Québec au complet, a mentionné un ami de la famille. Ça n’aurait pas bien été s’il avait été libéré. »     

La mort de la fillette de sept ans, le 30 avril, a effectivement causé une onde de choc à travers le Québec et braqué les projecteurs sur le fonctionnement de la Direction de la protection de la jeunesse. 

Une Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse a ensuite été ordonnée par le gouvernement du Québec.