Après avoir bataillé pendant 3h18 contre Juan Martin del Potro, Novak Djokovic a pu célébrer son 14e titre de Grand Chelem en carrière, à New York.

Djokovic remporte son 14e Grand Chelem en battant Del Potro

NEW YORK — Le Serbe Novak Djokovic (6e) a remporté son quatorzième titre en Grand Chelem aux Internationaux des États-Unis en battant l’Argentin Juan Martin del Potro, no 3 mondial, en trois sets (6-3, 7-6 (7/4), 6-3) en 3h18, dimanche à New York.

Deux mois à peine après son sacre à Wimbledon venu refermer deux ans de vicissitudes, entre coude blessé et moral en berne, l’ex-no 1 mondial confirme son retour au plus haut niveau et va se réinstaller sur le podium mondial lundi, au troisième rang.

Avec quatorze couronnes en Grand Chelem, Djokovic égale l’Américain Pete Sampras et revient à six longueurs de Roger Federer, détenteur du record (20) de trophées majeurs. Il compte désormais trois titres aux Internationaux des États-Unis à son palmarès, après 2011 et 2015.

Pour la deuxième finale en Grand Chelem de sa carrière, neuf ans après son sacre à Flushing Meadows, à vingt ans à peine, Del Potro ne connaît pas la fin dont il rêvait, lui qui était relégué au-delà de la 1000e place mondiale quand il est revenu sur le circuit début 2016 après deux années gâchées par trois opérations au poignet gauche.

D’entrée de match, le Sud-Américain de 29 ans sert et frappe fort, en coup droit notamment, deux clés du match. Mais une série soudaine de fautes lui coûte un break à 4-3, alors qu’il mène tranquillement 40-0 sur son service, puis le premier set dans la foulée. «Delpo» n’avait pourtant perdu jusque-là que deux points sur son service.

Dans un stade très nettement acquis à sa cause - «Ole, ole, ole, ole, Delpo, Delpo!» - sous l’impulsion de son fidèle groupe d’amis d’enfance venus spécialement de Tandil, sa ville natale, pour le soutenir tout au long du tournoi new-yorkais, Del Potro ne parvient plus à déborder le Serbe jusqu’à son rebond alors qu’il est mené 3-1 dans le deuxième set.

Trop tard

De nouveau plus percutant, le grand Argentin (1,98 m) obtient enfin ses premières occasions de break, après 1h20 min. Il recolle à 3-3 et obtient même trois balles de 5-3, tandis que Djokovic est irrité par le bruit du public. Mais le Serbe finit par sauver son jeu de service après plus de vingt minutes de combat.

Au bris d’égalité, Del Potro prend les devants (3-1) mais son coup droit le lâche de nouveau, au plus mauvais moment.

Après une manche de 95 minutes — plus longue qu’un match de foot! — Djokovic prend un avantage décisif, deux sets à zéro.

Logiquement, après avoir perdu cette bataille, Del Potro plie dans la troisième manche, malgré un sursaut de 3-1 à 3-3, et le Serbe peut se laisser tomber de tout son long sur le court après plus de trois heures de match.

+

SERENA VICTIME D'UN DOUBLE STANDARD, ESTIME BILLIE JEAN KING

Serena Williams a été sanctionnée lors de la finale des Internationaux des États-Unis, samedi, lorsqu’elle a qualifié l’arbitre de «menteur» et de «voleur» à la suite d’un désaccord qui a duré un bon moment.

La légendaire Billie Jean King affirme qu’il y a deux poids, deux mesures dans la façon d’appliquer les règlements au tennis envers les femmes versus les hommes.

Serena Williams a été sanctionnée lors de la finale des Internationaux des États-Unis, samedi, lorsqu’elle a qualifié l’arbitre de «menteur» et de «voleur» à la suite d’un désaccord qui a duré un bon moment.

Dimanche, au lendemain de sa défaite face à la Japonaise Naomi Osaka (6-2, 6-4), Williams a écopé d’une amende totale de 17 000 $ US pour trois infractions aux règlements. Le bureau du juge arbitre du tournoi a imposé une amende de 10 000 $ pour un «abus verbal» à l’endroit de l’arbitre de Carlos Ramos, de 4000 $ pour un avertissement pour avoir reçu l’aide de son entraîneur et 3000 $ pour avoir fracassé sa raquette.

Williams a confronté l’arbitre Ramos, lui demandant des excuses pour lui avoir décerné un avertissement pour avoir obtenu l’aide de son entraîneur au deuxième jeu de la deuxième manche, ce qui n’est pas autorisé lors des matchs du Grand Chelem.

King a confié sur son compte Twitter, «quand une femme est émotive, on dit qu’elle est hystérique et elle est pénalisée pour ça.» Elle a aussi ajouté que si un joueur masculin était l’auteur d’une réaction similaire, on dirait qu’il est «franc et direct» et n’en subirait aucune répercussion.

L’Association américaine de tennis a fait savoir que la décision de l’arbitre de pénaliser Williams est définitive et que ces sanctions ne pouvaient être révisées.

Williams a d’abord reçu un avertissement de l’arbitre pour avoir reçu l’aide de son entraîneur. Ramos l’a pénalisé une deuxième fois lorsqu’elle a fracassé sa raquette en la lançant par terre, ce qui lui a fait perdre un point. Elle a ensuite écopé d’un jeu de pénalité pour abus verbal.

La WTA s’en mêle

La WTA a fait savoir qu’elle se penchera sur le différend entre Williams et Ramos.

«Il y a des questions qui doivent être examinées», a reconnu la WTA dans un communiqué.

L’entraîneur de Serena Williams a pour sa part révélé que l’arbitre aurait dû faire preuve d’une meilleure psychologie au lieu de créer le drame, parce que vous «ne voulez pas gâcher une finale du Grand Chelem.»

Patrick Mouratoglou a reconnu avoir coaché Williams pendant le match, ce qui constitue une violation des règlements. 

Mouratoglou a souligné que «dans 99 % des cas, il aurait dit à Serena : “J’ai vu votre entraîneur faire un geste et lui dire d’arrêter, sinon vous allez recevoir un avertissement”. Et je ne comprends pas pourquoi il a n’a pas fait ça, alors que tous les autres arbitres le font tout au long de l’année, y compris lui.

«C’est extrêmement choquant. J’ai l’impression qu’il y a deux poids deux mesures. S’il avait prévenu Serena, il n’y aurait pas eu d’incident inutile. C’est très regrettable.»

+

COUPE DAVIS: FORFAIT POUR NADAL

Le n1 mondial Rafael Nadal, blessé au genou droit, a déclaré forfait pour la demi-finale de Coupe Davis entre la France et l’Espagne (14-16 septembre), a annoncé samedi la Fédération espagnole de tennis (RFET), au lendemain de son abandon en demi-finale des Internationaux des États-Unis.

«Rafael Nadal ne pourra pas jouer la rencontre contre la France à Lille. Sa blessure à un genou subie aux Internationaux des États-Unis l’empêche d’être en mesure de jouer cette demi-finale», a déclaré le capitaine de l’équipe espagnole de Coupe Davis Sergi Bruguera, dans le communiqué de la RFET.

«Nous espérons qu’il se rétablisse rapidement et nous apprécions son soutien à l’équipe espagnole pour cette Coupe Davis», a-t-il poursuivi.

Pour remplacer Nadal, Bruguera a fait appel à Albert Ramos, 52e joueur mondial. «Nous avons pleinement confiance en lui. Il faut se rappeler qu’il a été le héros de la rencontre contre la Grande-Bretagne à Marbella», a-t-il expliqué.