Deux séismes en trois jours près de Québec

Les deux séismes enregistrés près de Beaupré, mardi et jeudi, sont fort probablement liés, ce qui est plutôt commun considérant qu’une première secousse est généralement suivie de répliques. Ce qui l’est moins, c’est que le second tremblement de terre était plus puissant que le premier.

Séismes Canada a répertorié un premier séisme de magnitude de 3,0 sur l’échelle de Richter le 2 janvier à 21h23, dans le Saint-Laurent, à 10 kilomètres de profondeur, à peu près vis-à-vis la ville de Beaupré. Le second, d’une magnitude de 3,5, est survenu jeudi à 10h42, cette fois à 18 kilomètres sous la surface.

«Normalement, s’il y a un deuxième tremblement, il est plus faible», a expliqué Allison Bent, sismologue chez Séismes Canada. Cette dernière a confirmé que les deux incidents, à deux jours d’intervalle, ne sont pas étrangers l’un et l’autre. «Quand on a deux tremblements ou plus pendant quelques jours, normalement c’est une série d’évènements, ce n’est pas complètement isolé.»

Selon les explications de Mme Bent, le premier tremblement de terre cause un «stress qui fait bouger la terre». Les secousses qui suivent sont une série «d’ajustements» jusqu’à ce que ledit stress se stabilise. La série peut durer quelques jours et les secousses vont, règle générale, être de moins en moins puissantes. 

Des causes anciennes

Selon Richard Fortier, professeur au Département de géologie et de génie géologique de l’Université Laval, l’activité séismique dans la vallée du Saint-Laurent s’explique par trois grands événements. D’abord, le «Bouclier canadien est affecté de failles qui se sont formées lors de l’ouverture de l’océan Iapétus de 500 à 340 millions d’années», a-t-il expliqué dans un échange de courriels avec Le Soleil. C’est autour de ces failles anciennes que se produisent les secousses, causées par ce que les sismologues appellent des «contraintes», soit l’énergie accumulée sur les roches. 

Ces contraintes, qui causent des déplacements soudains des blocs rocheux à plusieurs kilomètres de profondeur, auraient deux sources, selon M. Fortier. La première est ce fameux météorite qui s’est écrasé dans la région de Charlevoix, «centré sur le mont des Éboulements», il y a environ 400 millions d’années. «Le relâchement des contraintes suite à cet impact météoritique n’est pas encore complété», a expliqué M. Fortier. 

Puis, il y a l’influence de la dernière glaciation. Le Québec, y compris le Bouclier canadien, était comprimé sous un énorme glacier, nommé l’Inlandsis Laurentidien.

«Suite à la dernière déglaciation il y a environ 8000 à 12 000 années en fonction de la localisation, la croûte terrestre se soulève actuellement de quelques millimètres par année. Ce soulèvement génère des contraintes le long» des failles, a conclu l’expert.