Mamadou Saliou Diallo (notre photo) et Madina Barry ont reconnu avoir aidé au moins huit personnes à traverser illégalement au Canada.

Deux passeurs de migrants plaident coupables au palais de justice de Granby

Deux Montréalais accusés d’avoir aidé des migrants à entrer frauduleusement au Canada ont reconnu leurs torts, mardi.

Madina Barry et Mamadou Saliou Diallo ont plaidé coupables en tout à cinq accusations déposées en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Entre décembre 2016 et février 2018, ils ont aidé au moins huit personnes à traverser illégalement au Canada.

Leur stratagème était le suivant : M. Diallo conduisait la voiture qui entrait au pays et dans laquelle voyageait une personne qui, chaque fois, utilisait le passeport de M. Barry.

Madina Barry (notre photo) et Mamadou Saliou Diallo et ont reconnu avoir aidé au moins huit personnes à traverser illégalement au Canada.

Le pot aux roses a été découvert en février 2018 alors qu’un agent du poste frontalier de Saint-Armand a remarqué que le passager de M. Diallo ne ressemblait pas exactement à la photo de son passeport.

L’homme, qui disait venir de New York, a ensuite échoué à donner la date de naissance correspondant au document. Il a ensuite admis avoir payé 500 $ pour ce service.

Il a demandé l’asile par la suite, mais sa requête a été jugée inadmissible, a expliqué Me Brooke St-Cyr, procureure à la Couronne fédérale dans son exposé des faits livré au palais de justice de Granby.

Des recherches subséquentes ont démontré que le passeport de M. Barry avait été utilisé huit fois pour entrer au Canada, toujours en présence de M. Diallo, mais jamais pour en sortir. Les deux hommes ont aussi échangé plusieurs communications téléphoniques.

Contre du lait et de la nourriture

M. Barry a déclaré son passeport volé en avril 2018, mais l’enquête a démontré qu’il savait à quoi le document avait servi. Pour l’avoir ainsi prêté, il a reçu de M. Diallo 200 $ ainsi que du lait et de la nourriture. M. Barry n’avait jamais personnellement utilisé son passeport.

Il a plaidé coupable aux accusations d’avoir fait commerce d’un tel document et d’avoir encouragé d’autres personnes à l’utiliser.

Pour sa part, M. Diallo a reconnu avoir encouragé des gens à faire des présentations erronées aux douanes, avoir fait le commerce d’un passeport et d’avoir utilisé un passeport volé. Tout comme son coaccusé, il s’expose à une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison.

Les parties reviendront devant la cour en décembre pour les observations sur la peine. M. Barry est défendu par Me Élise Henderson et M. Diallo, par Me Salif Sangaré.

L’utilisation frauduleuse d’un document d’identité canadien est une « infraction grave », souligne l’Agence des services frontaliers du Canada.