Suzanne Garneau et Olivier Tremblay

Deux grands bâtisseurs nous quittent

COMMENTAIRE / Le milieu sportif de Magog a été cruellement touché par le décès en quelques heures d’intervalles de deux grands bâtisseurs, Suzanne Garneau et Olivier Tremblay.

Suzanne Garneau a été une figure de proue du patinage artistique durant une quarantaine d’années, non seulement à Magog, mais également en Estrie. Quant à Olivier Tremblay, les amateurs de hockey se souviennent de lui comme l’ancien président des Cantonniers de Magog durant 10 saisons à partir de la campagne 1999-2000.

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Olivier Tremblay est décédé des suites d’un cancer foudroyant qui avait pris tout le monde par surprise il y a à peine un mois. Quant à Suzanne Garneau, elle a été une source d’inspiration pour un nombre incalculable de personnes, elle qui a combattu avec énergie et sans réserve trois cancers (intestins, rein et peau) depuis 2004. En 2016, une vilaine chute d’un deuxième étage l’a obligée à réapprendre à marcher, parler et avaler à la suite d’un grave traumatisme crânien. Une soif de vivre malgré autant d’épreuves sournoises qui en ont fait un modèle de résilience. La médaille d’or du courage lui revenait d’emblée.

Jusqu’à cet incident malheureux, Suzanne Garneau continuait d’agir comme juge de patinage artistique, une fonction qu’elle occupait depuis de nombreuses années. Or, il faut également se rappeler de Suzanne Garneau comme l’ancienne présidente du club de patinage artistique les Libellules de Magog et d’administratrice au sein de l’exécutif régional de la discipline. D’ailleurs, on lui doit la soirée des lauréats en Estrie.

Le journaliste que je suis revoit encore la maman qui accompagnait continuellement sa petite Line à ses débuts comme patineuse artistique. Cette dernière me confiait encore que sa mère était sa plus grande complice et amie à ses débuts. Le contraire m’aurait étonné, car Suzanne Garneau débordait d’amour. Pas surprenant qu’il ne se soit pas passé une seule journée dans les trois ou quatre derniers mois de sa vie sans qu’elle reçoive de la visite.

Élégante, souriante, Suzanne Garneau l’a été jusqu’à son dernier soupir, elle qui avait choisi l’aide médicale à mourir. Ses enfants Line et Roger et tout le reste de la famille ne pourront jamais effacer de leur mémoire ce sourire radieux qu’elle leur a réservé avant de fermer les yeux une dernière fois.

Boute-en-train

Quant à Olivier Tremblay, son départ soudain n’aura pas permis à tous ceux et celles qui le chérissaient de lui dire une dernière fois tout le bien qu’il avait semé autour de lui. Passionné de ses Cantonniers, passionné de sa ville, je suis de ceux qui croient que ses accomplissements à la tête de l’équipe midget AAA sont trop souvent passés sous silence.

Le gars était un boute-en-train, toujours d’humeur égale. Je ne connais pas une seule personne qui n’a pas aimé travailler en sa compagnie. Un brin taquin, il aimait rappeler que c’est sous son règne que les Cantonniers ont gagné leur seul titre canadien. C’était fait de bon cœur et jamais avec arrogance. C’était Olivier.

L’amour de sa vie, Carole, était à ses côtés quand il est décédé. Olivier avait attendu la journée d’anniversaire de son amoureuse pour quitter ce bas monde. Quand je vous disais qu’il faisait les choses différemment.

Suzanne Garneau et Olivier Tremblay ont marqué le sport à Magog et en région. S’il y a encore des jeunes qui s’épanouissent dans la pratique de leur sport préféré en 2018, c’est qu’il y a eu des bénévoles de leur trempe pour tracer le chemin.

Deux bénévoles qui doivent être immortalisés. La question ne se pose même pas.