En pleine psychose toxique, Antony Bernard a agressé une kayakiste sur la rivière Chaudière en Beauce.

Deux ans moins un jour pour l’agression d’une kayakiste

En pleine psychose toxique, Antony Bernard a agressé une kayakiste sur la rivière Chaudière en Beauce. Cette attaque lui vaut une peine de prison de deux ans moins un jour.

Antony Bernard, 19 ans, est un fumeur de pot et un consommateur occasionnel de méthamphétamines. Au début juillet 2017, il se rend au festival Woodstock en Beauce où il prend un comprimé de la drogue dure.

De retour à la maison, ses parents sont si inquiets par son état qu’ils l’amènent à l’hôpital de Saint-Georges. Un médecin diagnostique une psychose toxique.

Médicaments antipsychotiques en poche, les parents vont reconduire Antony dans une maison de thérapie. 

Le jeune homme quitte le centre dès le lendemain, en volant un sac à dos au passage. En se promenant dans les rues de Saint-Georges, Antony aperçoit la rivière Chaudière. Il décide d’y plonger pour aller rejoindre une amie, qui vit à Beauceville… à 20 km de là.

Au même moment, une kayakiste fait sa première sortie de l’été. Elle voit avec surprise un jeune homme nager vers elle, dans une eau à la propreté douteuse. Inquiète pour le nageur, la dame l’interpelle. Antony répond sans agressivité, continuant à nager sous l’eau et à la surface.

Soudain, la dame voit le jeune homme surgir à côté de son embarcation. Antony s’agrippe au kayak. «Je vais te faire chavirer», lance-t-il. 

La dame se retrouve à l’eau. Le jeune homme tente de lui enlever sa veste de flottaison. Il essaie d’enfoncer la dame sous l’eau en clamant qu’il veut la noyer. 

La kayakiste se débat et réussit à s’éloigner. Antony prend alors une pagaie et tente de frapper la dame. Il va essayer à nouveau de la faire couler et de lui enlever sa veste de flottaison.

La dame réussit finalement à reprendre son kayak et à regagner la berge. Antony la laisse partir.

À l’arrivée des policiers, la kayakiste est sur la berge, avec le jeune homme qui la suit. Les policiers interpellent Antony. «Je vais me rapporter plus tard!» assure Antony en plongeant à nouveau dans la rivière. Il sera arrêté rapidement.

Le jeune homme sans antécédent judiciaire a plaidé coupable à des accusations de voies de fait graves, voies de fait armées et menaces de mort.

La victime de l’attaque a témoigné des lourdes séquelles physiques et psychologiques. Elle a notamment eu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique. «J’aimerais retrouver la personne que j’étais», a confié la malheureuse victime à la cour.

Après son arrestation, Antony a dû être hospitalisé durant quelques semaines pour traiter sa psychose liée principalement à l’abus de cannabis et, de façon moindre, de méthamphétamines.

Il est suivi par un psychiatre et continue de prendre une médication antipsychotique. Antony n’a plus de symptômes depuis août 2017.

Responsable de sa consommation

Alors que la Couronne réclamait une peine de trois ans de pénitencier, la défense a plaidé que le jeune homme ne consomme plus et a complété une thérapie. Il est de plus repentant et a l’appui de sa famille. La défense espérait obtenir un sursis de peine avec une probation de trois ans.

Le juge Hubert Couture de la Cour du Québec estime que l’objectif de dissuasion général doit prédominer dans ce cas. «Les gestes commis comportent une gravité subjective importante et ils doivent être dénoncés», affirme le juge Couture.

La condition mentale altérée de l’accusé au moment de l’agression ne constitue pas une raison d’alléger la peine.

«L’accusé a décidé de consommer des stupéfiants et il doit en assumer la responsabilité, rappelle le juge Couture. Ce n’est pas parce que la consommation de cannabis a été légalisée au moment du prononcé de cette peine que le Tribunal ne doit pas considérer les conséquences de cette consommation, tout comme s’il avait été intoxiqué par l’alcool.»