Valérie Thibault et son avocate Me Julie Beauchemin

Deux ans de prison pour la fraudeuse récidiviste Valérie Thibault

La récidiviste Valérie Thibault d’East Angus passera deux ans en prison pour avoir fraudé un troisième employeur.

La femme de 37 ans avait reconnu une fraude qui a été établie à 145 000 $ envers son employeur, l’entreprise Lekla, entre octobre 2013 et juin 2016.

À lire aussi: Elle fraude un deuxième employeur

Employeur floué pour 145 000 $: la fraudeuse Valérie Thibault ira en prison

Entourée de ses proches, Valérie Thibault était inconsolable dans l’attente puis lors de l’imposition de sa peine, lundi, par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

« Beaucoup de choses ont été dites et écrites dans le dossier. Je suis consciente que votre parcours de vie n’a pas été facile. Vous avez eu plusieurs chances de vous prendre en main, mais vous avez récidivé. Il s’agit d’une fraude importante. Pour une petite et moyenne entreprise, ça aurait pu avoir des conséquences importantes. Au-delà des conséquences financières, vous avez côtoyé des gens qui s’étaient attachés à vous. Vous avez trahi la confiance mise en vous », a signalé la juge Desgens en imposant une peine marquée par l’émotivité de l’accusée.

Valérie Thibault a écrit une lettre à l’intention des victimes qu’elle a lue en sanglots.

« Je veux présenter mes plus sincères excuses à tous ceux à qui j’ai causé du tort. Je regrette mon parcours pour les gestes que j’ai posés. Je ne cherche pas à faire pitié et à me disculper. Je suis la seule responsable. J’ai blessé des gens qui me faisaient confiance. J’espère que les gens vont me pardonner. J’ai fait une prise de conscience. J’ai fini de me mettre la tête dans le sable. La peine va me servir de leçon pour me dissuader de récidiver », a mentionné l’accusée.

Valérie Thibault avait plaidé coupable en août 2018 à une fraude de plus de 5000 $ à l’endroit de son ancien employeur, de fabrication de faux et de bris de probation.

Elle occupait les fonctions de secrétaire administrative.

Valérie Thibault avait accès aux cartes de crédit de l’entreprise, mais elle les a utilisées pour ses dépenses personnelles.

Elle faisait du bricolage avec les relevés de carte de crédit en changeant le nom des commerces où elle utilisait la carte par celui de fournisseurs.

En effectuant des vérifications avec leur institution financière, les dirigeants de l’entreprise ont découvert le pot aux roses.

C’est en demandant les relevés directement à la caisse populaire que les propriétaires ont découvert cette fraude d’envergure.

« Dans un environnement de travail où des vols se passent, ce ne sont pas seulement les conséquences financières le problème, ça crée aussi un sentiment difficile. Ça eu des impacts financiers et émotionnels » soutient la procureure aux poursuites criminelles, Me Véronique Gingras-Gauthier.

Cette dernière signale que le risque de récidive de Valérie Thibault ne peut être écarté. Elle souligne la perte nette de l’entreprise Lekla à 45 000 $ en tenant compte du remboursement par les assurances.

Valérie Thibault possède des antécédents judiciaires en matière de fraude envers son employeur. Elle a été condamnée en 2016 à 240 heures de travaux communautaires à la suite d’une fraude d’un autre employeur, Compresseur Paramec de Sherbrooke, qu’elle a dû rembourser.

« On ne met pas en doute la honte qui vous habite, mais on ne peut faire fi de votre parcours. Vous n’en êtes pas à la première fraude. Malgré la sympathie de vos proches, mon rôle est de prendre en compte le reste de la société et des victimes. Avec les récidives, vous ne laissez pas d’autre choix au tribunal que d’aller dans le sens d’une peine de détention », signale la juge Desgens.

L’avocate de la défense Me Julie Beauchemin a expliqué au tribunal que Valérie Thibault a dévoilé les gestes en cause à son entourage.

« Elle a été chercher du soutien auprès d’une travailleuse sociale. On parle d’une peine de pénitencier. Elle présente des regrets et des remords sincères. Maintenant, elle va se mobiliser. Elle reconnaît amplement sa participation. Elle n’essaie plus de s’excuser. Elle prend conscience de ses gestes », assure Me Beauchemin.

Une probation de trois ans a été imposée à l’accusée.

Elle ne pourra notamment pas exercer d’emploi ou de fonction bénévole où elle exerce un contrôle sur les biens d’autrui.

Valérie Thibault ne pourra pas entrer en contact avec les propriétaires de l’entreprise Lekla.

« Les crimes ne définissent pas une personne. Vous avez la possibilité de vous réhabiliter », a conclu la juge Desgens avant que Valérie Thibault prenne le chemin des cellules.