Seulement 300 000 membres de Desjardins ont réussi à s’inscrire au service de surveillance assuré par Equifax.

Desjardins: 11 % des membres inscrits au service de surveillance

MONTRÉAL — Trois semaines après que le Mouvement Desjardins eut levé le voile sur un vol massif de données personnelles, à peine 11 % des membres particuliers touchés — environ 300 000 — ont réussi à s’inscrire au service de surveillance assuré par Equifax.

En faisant le point, vendredi en fin d’après-midi, le groupe coopératif financier a aussi indiqué que 93 % des lettres avaient été expédiées aux membres touchés.

«D’ici la fin de la semaine prochaine, on peut s’attendre à ce que tout le monde ait reçu sa lettre», a indiqué un porte-parole de Desjardins, Jean-Benoit Turcotti, au cours d’un entretien téléphonique, ajoutant que les inscriptions devraient s’accélérer.

Le 20 juin, Desjardins avait annoncé que les informations personnelles de 2,7 millions de membres particuliers et 137 000 entreprises avaient été dérobées par un employé — qui a depuis été congédié.

À la suite de nombreuses plaintes, des mesures complémentaires avaient été mises en place afin de faciliter l’activation du service de surveillance.

L’implantation de ces mesures est terminée, selon la coopérative, qui a rappelé qu’il était possible de s’inscrire par l’entremise du site web d’Equifax. Les membres peuvent également s’inscrire en appelant Desjardins, en se rendant sur AccesD et activer eux-mêmes les mesures de protection ou dans le réseau des caisses.

Interrogé à savoir s’il devrait y avoir plus de membres inscrits, M. Turcotti a répondu qu’il était possible d’activer le service de surveillance jusqu’au 31 décembre.

«Tout le monde n’a pas encore reçu sa lettre, a-t-il dit. C’est la période des vacances aussi. Donc peut-être que les gens attendent. On avait annoncé que [l’inscription] allait être disponible sur Accès D cette semaine. Peut-être que des gens attendent cette possibilité aussi.»

Desjardins a également réitéré ne pas avoir «constaté de hausse récente de la fraude» au cours des dernières semaines.

Entre-temps, selon le Journal de Montréal, l’ex-employé de la coopérative soupçonné d’avoir volé les données en aurait vendu une partie à des groupes criminels de pays étrangers (voir autre texte).

Audience à Ottawa

Lundi, l’affaire se transportera à Ottawa, où le Comité permanent de la sécurité publique et nationale tiendra une audience à la Chambre des communes. Cela s’ajoute aux enquêtes de la Commission d’accès à l’information du Québec et du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada qui se penchent sur Desjardins.

Il pourrait aussi y avoir des conséquences légales pour la coopérative. Deux requêtes en autorisation pour des actions collectives allèguent que la coopérative a violé les droits de ses membres en matière de vie privée ou fait preuve de négligence dans la protection de leurs informations personnelles et financières.

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RENSEIGNEMENTS VENDUS À L'ÉTRANGER

MONTRÉAL — L’ancien employé du Mouvement Desjardins qui est soupçonné d’avoir volé les renseignements personnels de 2,9 millions de clients en aurait vendu une partie à des groupes criminels de pays étrangers, selon ce qu’a rapporté vendredi le Journal de Montréal. L’ex-employé, qui a été congédié après que ses patrons aient pris connaissance de ses malversations, aurait eu des communications avec une douzaine d’individus liés de près ou de loin à différents groupes criminels tels des gangs de rue et la pègre étrangère.

Des enquêteurs de police ont confié au journal que dans les circonstances, ils craignaient pour la sécurité de juges, de procureurs de la Couronne et de policiers en raison de la possibilité que leurs renseignements personnels soient désormais entre les mains de malfaiteurs. Les enquêteurs croient que l’ex-employé de Desjardins aurait utilisé l’Internet clandestin, communément appelé le dark web, pour communiquer avec des malfaiteurs intéressés à acheter les renseignements volés. La Presse canadienne