Des sommes dans le budget pour le TGF

Trois-Rivières — Avec à sa tête la présidente du conseil d’administration, Françoise Bertrand, les dirigeants de Via Rail ont sensibilisé mardi le ministre des Transports du Québec, André Fortin, au projet d’un train à grande fréquence entre Québec-Montréal-Ottawa-Toronto. Accompagnée du député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, la ministre régionale Julie Boulet s’est dite encouragée par la rencontre tenue à Montréal.

«Ils ont expliqué le projet au ministre. Leur lecture, c’est que le fédéral irait de l’avant dès le prochain budget et annoncerait des montants d’argent pour renouveler leur flotte de voitures. Ils ont rencontré M. Garneau et il avait l’air d’être très bien positionné à l’égard de ce projet-là», a-t-elle confié en entrevue. 

On se rappellera que son chef avait créé une commotion en évoquant l’idée d’un monorail pour assurer un lien rapide entre Montréal et Québec. Cette proposition avait été accueillie comme une douche froide dans la région, qui se mobilise depuis plusieurs années pour le passage du TGF.

Depuis ce temps, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a plus d’une fois déclaré que si le projet de TGF devait voir le jour, ce serait tant mieux, ce qui ne l’empêche pas de rêver au développement de nouvelles technologies dans le domaine du transport.

Il avait même tenu à rassurer le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, à l’effet qu’il donnera son appui au projet de TGF si Ottawa donne aussi son aval.

«Ça nous soulage, surtout venant du premier ministre, de savoir qu’il va soutenir le projet. C’est une très bonne nouvelle et la balle est maintenant dans le camp du fédéral, qui doit débloquer les fonds dans le cadre du budget 2018», avait commenté le premier magistrat tout en se disant confiant de voir circuler des trains aussi tôt que 2020 si le projet obtient cette année l’aval d’Ottawa.

De son côté, le député Jean-Denis Girard avait justement exprimé sa volonté de rencontrer rapidement les gens de Via Rail pour voir où en est le dossier.

«Le projet de TGF est peut-être plus réaliste et réalisable à court et moyen terme alors que l’autre, les coûts et les impacts en termes d’aménagement d’infrastructures sont beaucoup plus importants, le corridor étant déjà tracé dans le cas de Via Rail», a indiqué la députée de Laviolette.

Selon les chiffres qu’elle a obtenus, le TGF Québec-Montréal-Ottawa-Toronto coûterait 5,2 milliards de dollars pour 900 kilomètres tandis que le monorail entraînerait des investissements de 21 milliards de dollars pour seulement 370 kilomètres. «C’est 57 millions de dollars par kilomètre pour l’un et 5,7 millions de dollars par kilomètre pour l’autre», fait-elle remarquer.

Dans la présentation de Via Rail, dont Le Nouvelliste a obtenu copie, on rappelle que le projet de voies dédiées serait déployé sur quatre ans. Le temps de parcours entre Québec et Montréal serait de deux heures et quart tandis que la fréquence serait de 12 sur la rive nord et de huit sur la rive sud. Pour ce tronçon incluant Trois-Rivières, on parle d’un projet évalué à plus de deux milliards de dollars pour un achalandage de 1,87 million de passagers.

Les émissions de carbone évitées sont estimées à plus de trois millions de tonnes de CO2 équivalent d’ici 2050. Via Rail prévoit 16 216 années-personnes d’emplois dans le secteur de la construction au Québec et 35 921 années-personnes d’emplois permanents au Québec résultant de l’amélioration de la croissance économique au cours du cycle de vie du projet.

Finalement, Via Rail a profité de l’occasion pour faire connaître au ministre Fortin l’impact économique de la société ferroviaire au Québec, qui se situe à plus de 231 millions de dollars en 2017 auprès d’un millier de fournisseurs.