Martin Gascon et son collègue Denis Dalrymple ont mis sur pied le projet Dernier souhait dans l’Est ontarien.

Des paramédics de Prescott-Russell accordent des voeux aux mourants

Les personnes en fin de vie n’ont pas toujours l’occasion de faire ce qui les rend heureux, l’espace d’un instant, avant de mourir. Des techniciens paramédicaux des Services d’urgence de Prescott-Russell ont décidé d’y remédier en offrant à ces personnes un « Dernier souhait » : un transport pour rendre visite à la famille ou pour assister à un événement spécial.

En 2017, une équipe de techniciens paramédicaux de l’Australie a fait les manchettes à la suite d’un simple détour. Avant de transporter une patiente vers l’unité de soins palliatifs, les techniciens paramédicaux l’ont emmenée à la plage, où elle a pu passer un dernier moment à son endroit préféré.

Cette histoire a profondément touché le technicien paramédical des Services d’urgence de Prescott-Russell, Martin Gascon.

« Tout ce qu’elle voulait, c’était de voir la plage avant de mourir. Ils se sont arrêtés, sorti la patiente avec la civière, et ils l’ont installée pour voir le coucher du soleil sur le bord de la plage une dernière fois. Ça m’a vraiment ému, et c’est quelque chose de tellement banal, de tellement facile à faire. »

Inspirés, Martin Gascon et son collègue, Denis Dalrymple, ont décidé de mettre sur pied un projet communautaire qui permettra de faire vivre à des patients en fin de vie leurs souhaits les plus chers.

Le principe du projet Dernier souhait consiste à transporter ces patients vers leur dernier rêve, dans les limites de ce qui est possible de réaliser. Le transport pourra être effectué à l’intérieur ou à proximité des Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR).

« Un fan de hockey, par exemple, on peut l’emmener voir une dernière partie, ou une dame qui a des chevaux, qui veut aller à l’écurie pour voir ses chevaux avant de mourir. On veut offrir l’aide soit en faisant le transport, avec nos ambulances, nos civières ou avec une petite chaise pour les transports assis. Juste pour leur donner un coup de main, et ça n’a pas besoin de coûter des sous. »

Quant au budget qui devait être alloué pour la concrétisation du projet, c’était au conseil des maires des Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR) de l’accepter ou de le refuser. Avec pratiquement 30 ans d’expérience comme technicien paramédical dans le baluchon, M. Dalrymple a fait la plupart des recherches nécessaires pour leur présenter le plan de Dernier Souhait. Les maires ont rapidement accepté. Il s’agit d’ailleurs d’un projet innovateur dans la région, et selon Martin Gascon, « les maires n’ont pas été durs à convaincre ».

Tout ce qu’il manque pour finalement offrir des derniers souhaits, ce sont les demandes. Les techniciens paramédicaux de Prescott-Russell intéressés à participer au projet peuvent tous le faire s’ils le souhaitent. « Je suis certain qu’on va avoir des demandes, affirme M. Gascon. Ça va peut-être devenir un problème s’il y a trop de demandes. Notre plus gros problème, ça va peut-être de devoir choisir ceux qu’on peut accepter ou pas. »