Le blogueur Raif Badawi est emprisonné en Arabie saoudite depuis exactement huit ans : il a célébré ce triste anniversaire mercredi. Sur cette photo, Ensaf Haidar.
 Le blogueur Raif Badawi est emprisonné en Arabie saoudite depuis exactement huit ans : il a célébré ce triste anniversaire mercredi. Sur cette photo, Ensaf Haidar.

Des nouvelles de Raif Badawi

Le blogueur Raif Badawi est emprisonné en Arabie saoudite depuis exactement huit ans : il a célébré ce triste anniversaire mercredi.

En 2012, il avait été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et 290 000 $ d’amende pour avoir créé un forum en ligne faisant la promotion de la liberté d’expression sur plusieurs questions sociales, comme les droits humains et l’égalité.

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Jusqu’à maintenant, le détenu n’a reçu que 50 des 1000 coups de fouet le 9 janvier 2015. La santé fragile du détenu et les vives réactions de la communauté internationale face à cette pratique barbare ont retardé le processus. 

« L’Arabie saoudite a annoncé il y a quelques mois qu’elle n’aurait plus recours à la peine de flagellation pour sanctionner les citoyens. C’est extrêmement encourageant si c’est vrai, car ce serait un pas concret vers le respect des droits de la personne », avance Mireille Elcachar, coordonnatrice de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe pour Amnistie internationale. 

Mohammed ben Salmane, prince héritier à la tête de l’Arabie saoudite depuis bientôt trois ans, prétend dans son discours qu’il va moderniser l’Islam et faire respecter davantage les droits de la personne. Pourtant, Amnistie internationale n’a constaté aucun changement encore. 

« Si cette annonce est vraie et que le pays arrête d’imposer des peines de coups de fouet, ça représenterait une grande avancée. On se demande surtout si la loi serait rétroactive pour savoir si les peines de flagellation qui ont déjà été prononcées seraient annulées. Savoir que Raif Badawi ne recevrait pas les autres coups de fouet nous soulagerait énormément », souligne Mireille Elcachar. 

« On essaie de ne pas crier victoire trop tôt, car c’est arrivé souvent que l’Arabie saoudite nous laisse entendre que des changements seront faits alors que ce n’est pas le cas », avance la coordonnatrice, qui attend d’avoir davantage d’information avant de se réjouir. 

Amélioration de l’état de santé

Rappelons que Raif Badawi, dont la famille demeure à Sherbrooke, et son ancien avocat Waleed Abu al-Khair avaient fait une grève de la faim à la fin de 2019 pour dénoncer leurs conditions d’incarcération. Les deux hommes avaient été transportés à l’hôpital, car leur état de santé s’était gravement dégradé.  

Selon la coordonnatrice, M. Badawi aurait parlé à sa femme dernièrement, annonçant l’amélioration de son état de santé et son retour dans la section « normale » de la prison. 

« Ce n’est clairement pas l’état habituel d’un homme en bonne santé, car après huit ans derrière les barreaux, la santé physique et mentale sont atteintes, c’est certain. Ça va donc un peu mieux, mais c’est tout de même très difficile en général », regrette Mireille Elcachar. 

« L’objectif ultime est qu’il soit libéré. Le fait que Raif Badawi et plusieurs autres soient encore en prison est très grave, mais c’est peut-être en raison des pressions internationales que Badawi n’a pas encore reçu les 1000 coups de fouet, donc on va continuer d’en parler et de mettre de la pression », termine Mme Elcachar, rappelant qu’il est possible de signer la pétition sur le site d’Amnistie internationale pour aider la cause du blogueur.