Des émetteurs installés sur les martinets ramoneurs permettent de suivre leurs déplacements.

Des nids de martinets ramoneurs font le buzz

Découverte importante pour la préservation du martinet ramoneur. Deux nids en milieu naturel ont été découverts par le Zoo de Granby et ses partenaires, dans le cadre d’un projet de protection des habitats de nidification de cette espèce menacée. Une première au Québec depuis 15 ans, selon le Zoo.

Depuis 55 ans, seuls quatre nids de cette espèce, qui niche habituellement dans les cheminées des bâtiments, ont été répertoriés au creux d’arbres en milieu forestier dans la province, a souligné mercredi la coordonnatrice à la conservation au Zoo, Isabelle Devost.

Cette découverte a récemment été partagée à l’occasion du congrès de la Société des ornithologistes du Canada, qui avait lieu à Québec. Cela a fait le « buzz », dit-elle.

« C’est très rare de découvrir ça. Les gens ont trouvé ça exceptionnel. Certains se demandaient même si ça existait encore des martinets qui nichent en milieu naturel », ajoute Mme Devost.

Selon elle, la population des martinets ramoneurs a fondu de plus de 90 % au Canada depuis les années 1970. Alors que les cheminées des bâtiments sont souvent détruites ou fermées, pour différentes raisons, les biologistes estiment que la survie de l’espèce devra passer par un retour à la nidification en milieu naturel, fait valoir Isabelle Devost.

D’où l’importance de la récente découverte du Zoo.

C’est en Haute-Mauricie, dans la région du lac Édouard, que le projet de protection est déployé, entre autres avec la participation du Service canadien de la faune et la Direction générale des sciences et de la technologie d’Environnement et Changement climatique Canada.

Précieux émetteurs

Le projet qui vise à caractériser les habitats de nidification en milieu naturel du martinet ramoneur a été lancé l’an dernier et il se poursuivra l’an prochain. C’est notamment grâce aux émetteurs de radio-télémétrie qui sont fixés sur le dos des oiseaux que les biologistes ont pu localiser les nids, relève la coordonnatrice à la conservation au Zoo.

Ils ont pu suivre leurs déplacements avec les cinq antennes disséminées sur le territoire. Des observations terrain ont aussi été réalisées en véhicule, en bateau et à pied à travers la forêt boréale, explique Isabelle Devost.

La découverte des nids a ainsi permis aux biologistes de faire le plein d’informations, notamment sur l’environnement et le type de peuplement forestier privilégiés.

« Connaître leur utilisation du milieu forestier, voir ce que ça leur prend pour utiliser la forêt et ce qu’il faut protéger, ça [donne] des informations très pertinentes et significatives pour la survie de l’espèce », dit-elle.

L’exercice sera répété l’an prochain. Des émetteurs seront posés sur les martinets ramoneurs en mai et leurs déplacements seront observés en juin et en juillet prochain. Des actions ont aussi été entreprises — et elles se poursuivront — avec les propriétaires locaux.

Il est ainsi souhaité de préserver d’éventuelles coupes forestières les zones où les nids ont été découverts dans une ZEC, souligne Isabelle Devost.

Il est aussi éventuellement prévu de développer un autre volet du projet, réalisé grâce à l’appui financier du programme d’intendance de l’habitat d’Environnement et Changement climatique Canada et de l’organisme Protection des oiseaux du Québec, en étudiant les habitudes de migration du martinet ramoneur qui se rend jusqu’en Amérique du Sud l’hiver venu.