La mairesse de Saint-Tite, Annie Pronovost.

Des motards interpellent la mairesse de Saint-Tite

SAINT-TITE — La mairesse de Saint-Tite Annie Pronovost a été interpellée par des motards visiblement mécontents de la décision de sa municipalité d’adopter un règlement municipal interdisant de vendre des objets promotionnels à l’effigie de groupes criminels pendant le Festival western.

Selon des informations obtenues par le Bureau d’enquête de TVA Nouvelles, Mme Pronovost aurait reçu au moins deux messages Facebook, dont un qui aurait été écrit par un membre des Devils Ghosts, un club proche des Hells Angels. En ce qui concerne le deuxième, il serait l’œuvre d’un club de motards moins connu.

Le règlement en vigueur depuis 2016 a comme objectif de contrecarrer les plans des commerçants qui voudraient vendre des chandails ou autres items ornés du logo «Support 81», un signe d’appui à l’organisation criminelle, pendant le populaire événement. Rappelons qu’à l’été 2017, la fourgonnette qui vendait ces articles avait dû quitter l’exposition agricole de Saint-Hyacinthe.

Toujours selon le bureau d’enquête de TVA Nouvelles, la Sûreté du Québec est au courant des messages qu’a reçus la mairesse. Par ailleurs, ces communications ne seraient pas des menaces. «C’est certain que les gens qui ont communiqué avec elle seront rencontrés», affirme une source au courant de l’histoire.

Jointe en soirée par Le Nouvelliste, la présidente de Beaudoin relations publiques, Guylaine Beaudoin, a indiqué que la mairesse n’était pas disponible pour des entrevues et que c’était la firme trifluvienne qui s’occupait des communications dans ce dossier. «L’administration municipale de la Ville de Saint-Tite a effectivement été interpellée au sujet de l’application de son règlement lors de la dernière édition du Festival western de Saint-Tite. Pour l’instant, rien de particulier n’est à signaler. Si le dossier devait évoluer, la Sûreté du Québec interviendra dans le dossier», a-t-elle déclaré dans un courriel.

Précisément, le règlement stipule qu’il est interdit de faire «l’utilisation, la vente, l’exposition ou la distribution d’objets identifiant une personne, une organisation ou un groupe dont un ou certains membres ont fait l’objet de condamnation pour des infractions en matière de violence, de stupéfiants ou d’organisation criminelle ou qui font la promotion de tout autre acte de nature à troubler la paix ou la tranquillité publique». Une personne qui porterait les couleurs des Hells Angels, d’un autre groupe de motards criminels ou du mouvement «Support 81» pourrait donc être interpellée par les policiers pour non-respect d’un règlement municipal. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé durant le premier week-end de la plus récente édition du Festival, qui s’est conclu il y a quelques jours à peine.