Des ingénieurs et des professionnels mis en lock-out au COREM

MONTRÉAL - Des ingénieurs et des professionnels de haut niveau, membres de deux syndicats distincts, ont été mis en lock-out, mercredi, par la direction du COREM, le Consortium de recherche minérale. Et jeudi matin, ils manifestaient devant le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles.

Le COREM est une organisation vouée à la recherche et au développement, à laquelle siègent de grandes compagnies minières et qui est subventionnée par le gouvernement du Québec. Elle offre divers services aux entreprises minières.

Au cours d’une entrevue, jeudi, le président-directeur général du COREM, Francis Fournier, a confirmé que 35 «experts de très haut niveau» avaient été mis en lock-out. Quelque 110 employés - des techniciens en laboratoire, des technologues et des employés d’usine - sont toujours au travail.

Le COREM a décrété un lock-out à la suite d’une journée de grève, lundi dernier.

«On ne voulait pas se retrouver dans une situation où on a une journée de grève ici et là. (On l’a fait) dans le but de préserver nos opérations. C’est la raison pour laquelle on a décrété un lock-out: dans le but d’assurer un cadre favorable et prévisible pour les travaux en cours», a expliqué M. Fournier.

Les besoins de «flexibilité» de l’organisation sont au coeur du litige.

M. Fournier explique que comme l’industrie minière est «très cyclique», «on doit être en mesure d’avoir une convention qui nous permet de s’assurer d’avoir toujours le bon expert pour livrer le bon projet». Donc, «il arrive par moment que nous aussi, on doit passer par certaines restructurations».

Les deux syndicats concernés, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) et l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), répliquent qu’ils «refusent les mises à pied arbitraires que préconise l’employeur».

Ils disent avoir proposé «un processus de mise à pied équitable et transparent» et que c’est l’employeur qui l’a refusé.

La question de la conciliation travail-famille est également au coeur du litige, selon le SPGQ.

Au cours d’une entrevue, le président du SPGQ, Richard Perron, a admis que ses membres ont été étonnés du lock-out. «On a été un peu surpris, après avoir fait une journée de grève, pour manifester l’insatisfaction de nos membres par rapport aux demandes de l’employeur de mettre en péril la sécurité d’emploi, de pouvoir mettre nos membres à la porte aussi facilement qu’un claquement de doigts», a-t-il commenté.

La manifestation de jeudi visait à faire pression sur le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles pour que cesse le lock-out. Le ministère finance en partie le COREM.

«On espère que tout va se régler le plus rapidement possible, qu’on va pouvoir s’asseoir et en venir à une meilleure position», a ajouté M. Perron.