La maison de René Kègle sur la rue Benoît à Saint-Maurice a été la cible de graffitis dans la nuit du 2 au 3 novembre.

Des graffitis sur la maison de René Kègle

TROIS-RIVIÈRES — Aucune nouvelle accusation n’a été déposée contre René Kègle et Francis Martel lors de leur retour devant le tribunal vendredi.

En effet, l’enquête policière sur les meurtres d’Ophélie Martin-Cyr, Steve Lamy et Jean-Christophe Gilbert est loin d’être terminée et risque encore de durer des semaines, voire des mois. Malgré le temps qui passe, la violence des crimes n’en finit pas de choquer la population. La résidence de René Kègle sur la rue Benoit à Saint-Maurice a en effet été la cible de graffitis. Clairement, on l’accuse d’être un violeur. Le mot «rapist» est inscrit en grosses lettres noires sur sa porte de garage. Ce sont des voisins qui ont informé la police que ce méfait avait été commis dans la nuit du 2 au 3 novembre dernier. Aucune plainte n’a officiellement été portée par René Kègle depuis la prison où il est incarcéré. 

On sait que cette maison a déjà été considérée comme une scène de crime par les policiers mais les fouilles y sont désormais terminées. Toutefois, les revêtements  d’aluminium qui avaient été installés lors des expertises au luminol masquent toujours l’intérieur des fenêtres.

Le travail des enquêteurs se poursuit à un autre niveau. Même si on aurait pu s’attendre au dépôt de nouvelles accusations contre Kègle tout particulièrement en lien avec les meurtres de Steve Lamy et Jean-Christophe Gilbert, le procureur de la Couronne, Me Benoît Larouche, ne dispose pas encore de tous les éléments pour entamer des poursuites criminelles.  «Ce que je peux vous dire, c’est qu’à un moment donné ou à un autre, j’aurai des éléments en main pour me pencher sur l’opportunité ou pas de déposer des accusations. À ce moment-là, dans quelques semaines ou quelques mois, on pourra faire la lumière, au niveau de la poursuite, sur le dossier de l’automobile brûlée», a-t-il déclaré.

La cause de René Kègle et Francis Martel a été reportée au 21 janvier.

Le retour en cour des deux hommes a par ailleurs été plutôt bref vendredi matin. Contrairement à leur comparution en octobre dernier, peu de gens s’étaient déplacés pour voir les deux hommes, mis à part une copine de René Kègle. Leur passage en cour a surtout permis à la Couronne de transmettre de la preuve aux avocats de la défense. La divulgation va se poursuivre au cours des prochaines semaines. 

Une ordonnance de non-communication entre les deux suspects a aussi été demandée par la Couronne. À sa sortie de la salle d’audience, Me Larouche a rappelé que les deux hommes sont accusés séparément. «On estime que dans ce type de dossier là, la justice serait mieux servie si deux accusés de meurtre n’ont pas à entrer en contact entre eux» a-t-il précisé. 

René Kègle et Francis Martel sont tous les deux accusés du meurtre prémédité d’Ophélie Martin-Cyr, cette jeune femme de 19 ans retrouvée morte dans un champ de Yamachiche le 10 octobre. Kègle doit aussi faire face à une accusation de tentative de meurtre contre la jeune femme qui accompagnait Ophélie. Martel est pour sa part accusé de complicité après le fait. Leur retour en cour pour la forme est prévu le 21 janvier.

Dans la nuit du 9 au 10 octobre, Kègle et Martel auraient tenté de soutirer de l’information à Ophélie Martin-Cyr ainsi qu’à une de ses amies au sujet d’un vol survenu un peu plus tôt. Kègle aurait ensuite tué Ophélie avec une arme à feu dans un champ de Yamachiche. L’amie de cette dernière, une jeune femme de 21 ans, a réussi à s’échapper par la fenêtre du véhicule en mouvement.

Quant à Steve Lamy et Jean-Christophe Gilbert, leurs corps calcinés avaient été retrouvés dans une voiture incendiée sur la route Bradley, à Trois-Rivières, le 10 octobre. Kègle est considéré comme le suspect principal.  

Dans un autre ordre d’idées, notons par ailleurs que le gouvernement du Québec s’apprête à saisir les biens de Kègle, plus précisément ses véhicules, en raison des 41 595 $ qu’il doit à l’Agence de revenu du Québec.