Cyndie Lemay, Valérie Guimond, France Joyal, professeure au département de philosophie et d’art, et Christine Ouellet à leur arrivée à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Des étudiantes de l'UQTR à Venise: «on voyait l’eau monter à vue d’œil»

Trois-Rivières — Les pieds dans l’eau, trois étudiantes de deuxième cycle en arts visuels et une professeure de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) en voyage d’études à Venise ont été témoins des plus importantes inondations enregistrées dans cette ville de l’Italie depuis 50 ans.

De leur appartement situé près pont du Rialto, elles ont vu la marée monter mardi soir et atteindre un niveau exceptionnel. Même si elles se trouvaient alors dans une des parties les plus élevés de Venise, Cyndie Lemay, Valérie Guimond, Christine Ouellet et la professeure au département de philosophie et des arts, France Joyal, se sont retrouvées entourées d’eau.

«De notre appartement, on voyait l’eau monter à vue d’œil. C’était un peu hallucinant», confie Christine Ouellet, quelques heures après son retour au Québec.

«Je n’imagine même pas ce que c’était dans les parties les plus basses de la ville.»

L’eau avait envahi les rues et les places publiques. Seuls les bâtiments émergeaient de l’eau, rapporte Christine Ouellet. Des débris de toutes sortes étaient emportés par l’eau. «On voyait des chaussures flotter», mentionne-t-elle.

Ces derniers moments passés à Venise l’ont été dans le noir, en raison de pannes d’électricité. Et ironiquement, lorsque ces étudiantes et leur professeure sont parties de la Mauricie, de nombreuses personnes de la région étaient plongées dans le noir en raison de la forte tempête du 1er novembre. «On bouclait la boucle finalement», précise Christine Ouellet avec le sourire.

Les rues de Venise ont été inondées par des marées exceptionnelles.

Ce groupe de l’UQTR se trouvait à Venise dans le cadre d’une visite de la Biennale d’art contemporain ainsi que d’un colloque universitaire en France.

Devant le retour de l’eau avec la marée en matinée mercredi, le petit groupe de l’UQTR n’a eu d’autres choix que d’ajuster leurs plans et de se rendre plus rapidement que prévu à l’aéroport. «On se demandait comment on allait réussir à partir», avoue Christine Ouellet. «Nous sommes parties plus tôt pour ne pas avoir les pieds dans l’eau. Mais nous les avons quand même eus dans l’eau.»

Ne trouvant pas de route au sec leur permettant de se rendre au bateau qui devait les amener à l’aéroport, les étudiantes de l’UQTR et leur professeur ont dû se résigner à lever leurs bagages au-dessus de leur tête et marcher avec de l’eau jusqu’aux genoux. «On a enlevé nos chaussures et nos bas pour rejoindre le bateau. On transportait nos valises à bout de bras avec nos chaussures dans nos mains pour rejoindre le bateau», témoigne Christine Ouellet. «Nous devions avoir des chaussures sèches pour l’avion.»

Ces inondations exceptionnelles ont entraîné l’instauration des mesures d’urgence à Venise. Même les services de transports en commun par bateau étaient gratuits pour aider les nombreux touristes et résidents de Venise à se déplacer.

«C’est particulier, car cette marée était vraiment très haute. C’est historique. C’est la combinaison du vent Sirocco, de beaucoup de pluie et de fortes marées qui ont fait ce phénomène appelé l’acqua alta», précise Mme Ouellet.

Bien que les Vénitiens soient habitués de composer avec les inondations et les marées, l’Acqua Alta entraîne son lot de désagréments.

«On voyait que ce n’était pas normal cette fois-ci. Les gens mettaient des murets devant leur porte et essayaient de calfeutrer ça du mieux qu’il pouvait. De notre appartement, on voyait un commerçant de gelato qui tentait de peine et de misère de surélever ses appareils électriques. Mais l’eau les a quand même atteints», ajoute Christine Ouellet.

«Les résidents se promenaient en bottes de pêcheur. Et nous avons dû acheter des bottes de touristes colorées. Lorsque nous sommes arrivés, il faisait très chaud et on voyait les touristes avec ces bottes. On trouvait ça un peu ringard. Mais finalement, nous aussi avons fini avec ça dans les pieds. On a compris.»