Le motocycliste Yvon Lemire, 51 ans, avait perdu la vie dans un accident sur le rang Saint-Joseph à Sainte-Perpétue, en août 2017. Le coroner Yvon Garneau croit que l’installation d’un éthylomètre dans le véhicule de Mathieu Champagne-Houle, un récidiviste de l’alcool au volant, aurait empêché ce décès.

Des éthylomètres dans tous les véhicules, réclame le coroner Garneau

Trois-Rivières — Le décès d’un motocycliste survenu en août 2017 à Sainte-Perpétue incite le coroner Yvon Garneau à recommander l’installation d’éthylomètres sur tous les véhicules neufs vendus au Canada. Cette mesure, dont il faisait déjà la recommandation dans un autre rapport en 2011, aurait pu éviter la mort de Yvon Lemire lors de cet accident, croit le coroner.

Rappelons que le motocycliste est décédé après que sa moto eut percuté un autre véhicule sur le rang Saint-Joseph, à Sainte-Perpétue, le soir du 19 août 2017. Le motocycliste, qui circulait avec sa conjointe sur cette route plane et droite, a croisé le véhicule de Mathieu Champagne-Houle. Ce dernier s’est immobilisé dans sa voie, et a tenté une manoeuvre en marche arrière afin d’entrer dans la cour de sa résidence privée, coupant ainsi la voie au motocycliste qui a tout fait pour éviter la collision, en vain.

Les deux motocyclistes avaient été éjectés. La passagère avait été grièvement blessée. Yvon Lemire, quant à lui, était décédé sur le coup. Il fut établi que Mathieu Champagne-Houle était en état d’ébriété lors de l’accident, lui qui a d’ailleurs plaidé coupable, en février 2018, à des accusations de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort et des lésions. Récidiviste de l’alcool au volant — il avait été condamné en 2005 et en 2007 pour conduite avec les facultés affaiblies — il a écopé de 6 ans et demi de prison.

Pour Yvon Garneau, il ne fait aucun doute que Transport Canada doit considérer de rendre obligatoires les antidémarreurs éthylométriques sur tous les véhicules neufs vendus au Canada dans la mesure où les études faites sur ces dispositifs jusqu’ici en permettent la réalisation. Il rappelle notamment qu’un avis en ce sens de l’Institut national de santé publique du Québec a récemment été publié. Une mesure qu’il recommandait déjà dans un autre rapport rendu public en 2011.

«Cependant, il y a 6 ou 7 ans, on mentionnait que la technologie n’était pas à point pour penser à une telle réalisation. C’est dire qu’on ne l’a pas rejetée. Cette fois, Transports Canada est en mesure, à tout le moins, de fournir sa mise à jour sur la question. Qui plus est, le temps avance et on apprend des statistiques de la Société de l’Assurance automobile du Québec (SAAQ) des chiffres éloquents. Juste au chapitre de l’alcool au volant entre 2010 et 2014, c’est 140 décès survenus sur nos routes en plus de 340 blessés graves», rappelle Yvon Garneau.

D’ici à ce que Transport Canada tranche la question, Yvon Garneau est également d’avis que les nouvelles dispositions du Code de la sécurité routière soient mises en vigueur, ce qui impliquerait d’obliger un conducteur à sa première récidive en matière d’alcool au volant, de se voir imposer un antidémarreur éthylométrique pour une période de 10 ans.

«Ainsi, dans un avenir rapproché, si un conducteur doit s’autoévaluer avant de prendre la route, un accident fatal comme est arrivé à M. Yves Lemire, le 19 août 2017, avec les conséquences familiales extrêmes qu’on connaît, ne se reproduira peut-être jamais», ajoute Yvon Garneau.